CHANT
Près du fauteuil où la souffrance
Le retenait, Toujours, comme sa Providence,
Il m'appelait.
Il me disait : « Chante, petite,
» En t'écoulant, »
> Je sens que la douleur me quitte, 7> Grâce à ton chant... »
Et je chantais, Je lui disais Ma chansonnette...
Ah! ah! ah! ah!...
Puis, quand cessait, Quand s'éteignait Ma voix discrète, Mon vieil ami Doucement s'était endormi!,,,
2e Couplet.
Un soir d'hiver, j'étais assise A son chevet,
118 LA FANCIIONNETTE,
Prête à calmer l'ardente cri^e
Qu'on redoutait...
— « Chante, dit-il, ohl je t'en prie,
> Et sans retard...
> Que j'entende ta voix amie...
> A mon départi > Et je chantai,
Je répétai
Ma chansonnette.
Ah! ah! ah! ahl
(Avec émotion.)
Mais, ce soir- là...
Quand s'arrêta >
Ma voix discrète...
Mon vieil ami...
Pour toujours s'était endormi!
CANDIDE, attendri.
Assez, assez, Mam'zelle...je l'aime aussi, ce bonvieux...
mais, après lui, vous voilà redevenue seule et pauvre,
comme avant...
Riche, Candide!... Oh! trop riche, au contraire!...
CANDIDE
Que dites-vous?
Le noble vieillard léguait tous ses biens à la petite
chanteuse!...
CANDIDE
Est-il possible!...
Et j'étais bien embarrassée de cette grande richesse-là,