‹ Le trouvère = Il trovatoreChapitre 169 sur 213 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ISABELLE, HAMELTNE, RISPAH.

HAMELINE, entrant suivie par Rispah.

C'est une indignité ! un manque d'égards sans exemple.'

ISABELLE

A qui en avez- vous, ma tante?

HAMELINE

Cest une jolie cour, que celle di« roi de France, et on y exerce dignement rhospitalitéî* Après nous avoir tenues cachées dans une espèce de grange sous des noms plébéiens, comme des marchandises prohibées, voilà qu'on nous donne une prison pour résidence!

Plus bas, ma tante, de grâce !

HAMELINE

Pas une seule dame pour composer notre suite, pas un serviteur, pas même un page qui se tienne à nos ordres I

RISPAH.

En me plaçant à votre service , messire Tristan m'a bien recommandé de ne rien négliger pour vous satisfaire et mériter votre confiance.

HAMELINE, avec dignité.

C'est bien !

ISABELLE

Ma bonne tante, nous avons trouvé ici ce que nous cherchions avant tout, une retraite honorable et sûre. Un jour de plus à la cour de Bourgogne, et je serais maintenant, sans aucun doute, réponse de Carapo-Basso, le plus méprisable et le plus vil de tous les hommes !

RlSPAH.

Le ciel préserve d'un pareil malheur une si belle personne!

HAMELINE

Ah ! par mon âme, les choses se fussent passées autrement si notre parent, le noble et généreux Crèvecœur, n'avait été retenu en guerre à l'autre bout des Flandres! 11 eut provoqué Campo-Basso, il lui eût fait mordre la poussière !

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