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Chacune de ces saillies est conique et en nombre égal aux saillies bulbaires el aux tubercules futurs. Ces saillies et leur chapeau restent quelque temps isolées et distinctes, ce n’est que par les progrès de l'évolution que les chapeaux se réunissent et se confondent par leur base pour constiluer la courenne. Les molaires de volume anormal et présentant une augmentation du nombre des tubercules se sont formées de même que celles de volume ordinaire aux dépens d’un bulbe présentant un nombre équivalent de saillies et de chapeaux de dentine. La multiplication du nombre des tubercules a done été précédée d'un accroissement lu nombre des saillies bulbaires. »
Dans un travail sur les perles d’émail paru en 1908 dans la Revue de Stomatologie MM. Malassez et Galippe disent à propos des tubercules supplémentaires situés sur la face trituvante de la couronne ou sur une face quelconque de celle-ci qu’ il y a tout lieu de supposer qu'ils résultent d'un processus analogue à la formation des tubercules normaux «€ or qu’observons-nous pour ceux-ci ? Nous constatons qu'avant toute apparition de la dentine la forme des tubercules normaux est arrêtée par la ligne de séparation existant entre la couche interne de l’organe de l’émail et la pulpe dentaire. La. forme du tubercule normal correspond donc à une disposition fixée avant l'apparition de la dentine. »
Rien ne distingue donc la formation des tubercules normaux de celle des tubercules anormaux.
Pour ces derniers les auteurs considèrent qu’elle résulte d’un trouble de l’odontogénèse. Nous ne croyons pas que ce soit le cas pour le tubercule de Carabelli que sa fréquence et son apparition toujours à la même place nous font considérer comme normal (1). Rs * È * È
D'ailleurs sur une coupe de la dent le tubercule de Carabelli se présente identique aux tubercules voisins,.
Grâce à l’obligeance de M. le professeur Sebileau, nous avons pu extraire quelques molaires sur des sujets de l’Amphithéâire d’Anatomie des Hôpitaux. Sur l’une d'elles présentant un tubercule de Carabelli bien développé, nous avons pratiqué une section oblique s'étendant de l'angle disto-vestibulaire à l'angle médio-lingual. Nous avons ainsi sectionné du même coup les lubercules disto-vestibulaire, médio-lingual et de Carabelli.
Cette coupe nous a permis de constater la pré-
1. M. Siffre ayant pris la parole lors de la communication de M. Jeanselme à la Société d’Anthropologie, nous sommes allé lui démander son appréciation sur le tubereule de Carabelli. Il considère que les cuspides apparaissent en nombre proportionnel à la longueur de la lamé épithéliale. Lorsqu'elle est plus longue que de coutume nous avons un « Carabelli » c’est-à-dire 5 tubercules au lieu de 4 aux molaires supérieures. La forme elle-même de la molaire résulte d'une plicature de cette lame épithéliale dont on peut suivre les sinuosités en se reportant à notre figure 6. Le premier tubercule, étant le tubercule médio-vestibulaire auquel succèdent les tubercules médio-lingual, disto-vestibulaire, disto-lingual et de Carabelli. ; €
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sence d’un prolongement pulpaire dans celte cinquième cuspide, ou plus exactement de voir une cavité pulpaire présentant un nombre de saillies égal à celui des tubercules précités.
En outre, nous àvons pu voir, entourant la cavité pulpaire, une couche de dentine et d’é mail paraissant tout à fait semblable au niveau du tubercule de Carabelli et des lubercules voisins.
FrG. 7. — Coupe d’une première grosse molaire supérieure humaine avec « Carabelli » bien développé.
I. Tubercule médio-limgual. — 2. tubercule disto-vestibulaire., — 3. Tubercule de Carabelli. — a) Cavité pulpaire : point au milieu d'une partie sombre indiquant le prolongement dans le tubercule disto-lingual ; b) ivoire ; c) Email très usé au niveau du tubercule: médio-lingual.
Nous devons rapprocher de ce fait la constatation faite par M. Baudoin sur des dents de l’Epoque Néolithique, dents qui étaient encore incluses et non pourvues de racines, sur lesquelles il a pu voir la présence d’une très petite cupulette située exacte-. ment en dedans de la plus grande des quatre autres cupulettes qui correspond à la cuspide antéro-interne,
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Si les théories concernant l’histogenèse dentaire
sont très différentes, les avis concernant le passage de l'homodontie à l’hétérodontie et l'acquisition du type bunodonte sont très partagés. Certains auteurs prétendent même que les dents simples dérivent de dents complexes (1). $ | ‘ Trois théories principales sont en effet en présence : Celle de la polybunie primitive ; - Celle de la concrescence, l’ancienne théorie de Gervais reprise par Rœse, Kükenthal et P. Adloff. Celle de la différenciation (Protocone puis para: cone et métacone, stade trituberculaire, enfin apparilion de l’hypocone, stade quadrituberculaire), théorie de Cope, Osborn, Gregory qui s'appuie sur des faits observés en Anatomie comparée et en Paléontologie, | Se rattachant à la théorie de la concrescence, Batu- -jeff voit dans le tubercule de Carabelli ladjonction d’un cône primitif. C’est aussi l'avis d’Adloff. Cet ‘auteur estime que la dent molaire est primilivement
1.M.d'Esternod (de Genève): « Les dents humaines sont toutes des bicuspides », considère que les dents incisives et canines ont: été formées par la diminution progressive du tubercule interne des - bicuspides (telle est l’origine du tuberculum dentale, du cingulum dentale à leur face linguale), et que les molaires résultent de la fusion de bicuspides (prémolaires).
M. Baudoin- : estime que les dents simples primitives et idéales sont à trois germes dentaires, que la molaire humaine répond à une molaire idéale d’origine résultant de la fusion de deux dents, simples. Ces molaires auraient eu six germes dentaires, trois internes, trois externes (antérieur, moyen et postérieur). Le germe postéro-externe serait perdu depuis longtemps, puis serait survenue la perte du germe antéro-interne qui, au Néolithique, réapparaîtrait sous forme d’anomalie reversive : ce dernier germe serait le tubercule de Carabelli.
formée par la fusion de dents provenant de dentitions successsives (prélactéale, première dentition) puisqu'elles peuvent, par un processus de rétrogression se diviser en leurs composants primitifs, l’'apparition de tubercule de Carabelli en étant un exemple. | + A la théorie de la différenciation peuvent être rattachés ceux qui voient dans le tubercule de Carabelli une excroissance. du tubercule médio-lingual. L'expression «protostyle » d'Osborn (1) montre bien qu'il s’agit pour lui d’une acquisition secondaire, mais ne peut nous donner d'indication précise sur le processus d’acquisilion, le mot « style » ayant dans sa nomenclature un sens variablé à ce point de vue (Métastyle par dédoublement du Métacone, ou « aa» de Rutimayer). M. Jeanselme rappelant que Cope et Osborn font intervenir le cingulum dans la formation de l’hypocône pense que le « Carabelli » pourrait être une excroissance du cingulum (bourrelet primitif). Hellmann, dans une publication toute récente, se montre d’ane opinion à peu près sem- blable. i | | | Mais que ie cingulum soit nécessairement primitif, c’est là un point discuté. D'un autre côté si certains auteurs font intervenir le cingulum dans Ja formation de l’hypocone, d’autres avec Stehlin font intervenir le protocone dans sa production lorsqu'il est indépendant de ce cingulum (pseudo-cingulo-
1. € À special cusp is developped, to which we have given the name protostyle from its proximity to the protocone ».
hypocone). Un exemple de ce dernier cas nous est fourni par Votharctus descendant direct du Pelicodus primate de l'Eocène.
Ayant observé le tubercule de Carabelli indépendant du cingulum sur des molaires d'espèces diverses nous nous demandons s’il ne peut être regardé de préférence comme étant chez l’'hommeune formation indépendante de ce dernier. Car nous avons pu sur une molaire humaine présentant un tubercule de Carabelli bien développé, voir à la base de celui-ci, la présence d’un très léger cingulum en continuité avec le bourrelet entourant là base de la couronne et formant un relief plus appréciable sur la face vestibulaire de cette couronne que sur les autres faces. C’est d’ailleurs une simple remarque que nous faisons avec réserves au cours de l'exposé de ces différentes théories très controversées (r).
Cependant nous en pouvons déduire qu’en somme le procédé d’acquisition du tuhercule de Carabelli n’est pas jugé par ces duteurs différents de celui d’autres tubereules normaux des molaires. C’est sur le processus d'acquisition des dents multicuspidées
en général que leurs opinions sont variables.
- I. Parmi les points en opposition nous citerons l’ordre d’apparition des cuspides.
Pour Rœse (Embryologie). Le premier tubercule serait le tuber- ‘cule médio-vestibulaire puis viendraient le médio-lingual, le disto-vestibulaire et le disto-lingual.
Pour Osborn (Paléontologie). Le premier sérait le médio-lingual, le deuxième le médio-vestibulaire, le troisième le distovestibulaire et le quatrième le disto-lingual.
L'Epoque d'acquisition du tubercule de Carabelli est encore un point sur lequel l'accord est loin de régner. Batujeff considère qu’il est actuellement en voie d’acquisition parce qu’il serait d’après lui plus fréquent chez les races élevées que chez les races inférieures. Or on trouve sa présence sur les crânes de l’Epoque néolithique etmême chez les hommes fossiles.
Vram pense que les molaires ont tendance à augmenter de volume sous l'influence des pressions subies durant la mastication. Il estime que cette pression étant plus marquée au niveau de la pre- . mière grosse molaire, c'est la raison de l'apparition sur celte dent du tubercule de Carabelli qu'il considère comme étant une compensation des cuspides perdues par les dernières grosses molaires. Cela n’explique pas sa présence sur chacune de ces dents. Avec Cope, MM. Jeanselme et Marcel Baudoin nous pensons que son acquisition remonte à une époque. très reculée. Nous le pensons parce que les molaires ayant un tubercule de Carabelli bien développé presentent de pelites saillies secondaires situées sur la face trilurante entre les tubercules principaux, et que c'est là un caractère primitif que l’on retrouve chez l'Homme de Krapina et l'Homme de Menton. Nous croyons que son acquisition s’est faite en position symétrique à l'hypocone parce qu’il semble y avoir eu primilivement à ce niveau àäu point fonctionnel particulièrement intensif d’après les marques
d'usure très prononcées qu’on y peut observer sur les molaires du Phenacodus (x).
Nous pensons que ce processus s’est effectué sur toutes les molaires comme en témoigne l'apparition du tubercule de Carabelli sur chacune de ces dents à l'époque actuelle, rarement il est vrai dans nos régions, mais plus fréquemment chez les Egyptiens et chez certaines races nègres. Puis dans un temps postérieur à cette acquisition est survenu le processus de régression des maxillaires qui a produit conséculivement une diminution de volume des molaires et même un changement dans leur forme par suite de la disparition partielle de leurs cuspides.
Certains denticules, le denticule postérieur des molaires inférieures, le denticule p de Gaudry, et le denticule postero-interne des molaires supérieures sont incontestablement en voie de régression. Pour ce qui est du tubercule de Carabelli, les dents ayant Je moins souffert dela diminution des .maxillaires, la deuxième molaire de lait d’ abord, la dent de six ans ensuite le présentent très fréquemment, les deuxièmes et troisièmes molaires par'contre qui en ont élé très affectées le présentent rarément où même exceptionnellement. |
Cope considérant le tubercule de Carabelli comme une caractéristique des lemuriens, dit qu’il peut-être regardé comme une survivance où Comme un caractère qui a persisté depuis le «Protanthropos » qui luimême descendait directement d'ancêtres lemuriens