DE LA VARIABILITÉ D’ASPECT DU TUBERCULE DE CARABELLI
Lorsqu'on poursuit la recherche du tubercule de Carabelli, on ne peut manquer de constater son extrême variabilité d’aspect. Il se. présente parfois comme un tubercule en tout semblable aux autres cuspides de la couronne restant en règle très générale cependant un peu moins élevé que le tubercule médio-lingual auquel il est adossé. Diminue-t-il de relief nous le trouvons sous forme d’une écaille de pomme de pin avec un sillon très marqué le sépa- rant du tubercule médio-lingual. À un stade inférieur nous sommes en présence d’une ébauche encore appréciable au toucher et à la vue mais dont la forme paraîl lancéolée, arrondie où même bilobée. Aux derniers stades de cette régression, nous trouvons à l'emplacement du « Carabelli » une saillie plus ou moins visible mais dont la valeur pour nous est d'’égale imporlance au point de vue de la signification.
Il est à noter que dans les formes bien développées il se montre dans une situation symétrique au tubercule disto lingual dont il reste nettement séparé.
DES DIFFICULTÉS QUI SE PRÉSENTENT LORS DE LA RECHERCHE DE TUBERCULE DE CARABELLI -
Nous croyons bon de signaler ici les difficultés qui se présentent lorsqu'on poursuit la recherche du tubercule de Carabelli. Elles proviennent de divers facteurs ; l’éclairage, le tartre, la carie, l'érosion et l'usure. ae
L’Eclairage. — Certaines conditions d'éclairage sont absolument nécessaires lorsqu'on examine les cuspides des molaires. C’est d’ailleurs un fait sur lequel avait insisté Topinard, et pour ce qui est du tubercule de Carabelli il est très fréquent, lorsqu'on observe des formes à l’état d’ébauche, de constater qu'elles peuvent passer inaperçues examinées sous un angle différent.
Le Tartre. — Lorsque la couche de tartre est très légère, elle semble souligner d’un trait noir le contour du tubercule de Carabelli, plus épaisse elle peut le masquer complètement. Nous conservons le sou-
- venir de n'avoir pu examiner cette cuspide chez la
mère d’un enfant qui lui- -même en étail porteur qu'après-avoir pratiqué un nettoyage de la dent.
= La Carie. — On sait que la carie atteint très fré-
quemment dans nos contrées la dent de six ans. Elle
fait ainsi disparaitre la dent de choix pour l'étude du Carabelli. Mémeà son début elle n’est pas sans inconvénient, car son siège peut être alors au niveau du sillon de séparation situé entre le LHBETE US médiolingual et le « Carabelli ».
L'Erosion. — Quant à l'érosion elle transforme l'aspect couronne à un point tei parfois qu'elle rend impossible toute recherche de tubercale et c’est le cas en particulier pour la dent dite en « gâteau de miel ». Il n’est pas sans intérêt de voir cette lésion, que peut produire la syphilis, masquer le tubercule de Carabelli dont la formation a été considérée un moment comme étant due au treponème: pâle.
L'usure. — Les modifications d’aspect résultant de l'usure sont très importantes. Lorsqu'elle a fait disparaître le sillon de séparation du tubercule médio-lingual et du « Carabelli », la présence de ce dernier sur la dent n’est plus alors accusée que par une légère saillie de la face linguale surtout marquée par un sillon antérieur, Durant les périodes préhistoriques l’usure était telle qu'à partir de trente ou trente-cinq ans on ne doit plus trouver trace de tubercule de Carabelli sur les dents « même quand il y a existé dans l'enfance du sujet ».
L'usure même à notre époque peut être très accusée surtout dans les classes pauvres ainsi qu'Houzé l’a signalé, Paul Broca avait déjà mentionné le cas d’un Fellah, homme de irente-cinq à quarante ans d’ après l’état de.ses sutures craniennes, présentant . une usure lout à fait comparable à celle qu’on est
accoutumé de rencontrer chez les vieillards de nos contrées, [l ajoutait que les marques de l'usure qui servent à déterminer l’âge dés animaux ne peuvent être que difficilement utilisées à ce point de vue chez l'homme moderne tellement elles sont variables d’un peuple à l’autre. Il considérait les conditions de préparation des aliments et du pain en particulier comme élant la cause de ces différences. C'était
aussi l'opinion de Magitot qui faisait en outre inter-
venir l’action des tics diurnes et nocturnes.
Le mieux est pour éviter parmi ces difficuliés celles provenant de la carie, du tartre et de l'usure, de poursuivre l'étude du tubercule de Carabelli chez de jeunes sujets.