CONCLUSIONS
I. — Malgré les affirmations de Laënnec, la guérison de la tuberculose pulmonaire évolutive fut niée presque jusqu’à nos jours. Socialement, l'Etat refuse encore souvent de l’admettre. De nombreux faits cliniques plaident cependant en faveur de sa réalité.
II. -— La guérison de la tuberculose pulmonaire évolutive suppose nécessairement la disparition définitive des émissions bacillaires, vérifiée à de nombreuses reprises, à l’aide de toutes les méthodes d'investigation actuellement connues. Cela dit, la guérison ne consiste ni dans une «stérilisation » totale de l’organisme, ni dans un nettoyage radiologique complet. Elle est une notion essentiellement clinique et trouve sa définition dans la résistance générale, définitivement reconquise, du terrain.
III. — Ainsi définie, la guérison de la tuberculose pulmonaire survient dans 30 à 40 % des cas. Une enquête personnelle, menée auprès de sujets régulièrement suivis depuis vingt ans, montre que son caractère définitif est presque toujours constant.
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IV. - Le tuberculeux guéri présente un état général excellent, Suivant que les lésions ont disparu par sclérose ou par résolution, le thorax garde ou non des séquelles qui s'expriment par ces rétractions et des déviations ou par des déplacements viscéraux plus ou moins accentués. Les aspects radiologiques sont également variables, depuis la restitutio ad integrum jusqu’à la persistance des ombres vastes. de scléroses. En aucun cas, le tuberculeux guéri ne souffre de séquelle fonctionneNe digne d’être signalée.
V. — L'anatomie pathologique du poumon guéri est très mal connue, à cause de la rareté des documents publiés. L'absence de toute trace lésionnelle est possible, mais semble rare. Dans la plupart des cas, on note des cicatrices allant de la minuscule empreinte étoilée ou linéaire à la plage dense de sclérose, responsable de rétractions.
VI. — Le secret physiologique de la guérison est d’ordre général, et réside dans les qualités du terrain, plus encore que-dans la résistance spécifique. Des facteurs héréditaires et acquis, ces derniers principalement d’ordre neuro-végétatif et endocrino logique, paraissent constituer ses notes dominantes.
VIL.-— Malgré les conceptions et les lois actuelles, rien ne doit ou ne devrait s’opposer à la récupération totale du tuberculeux guéri par la société. I1 y aurait donc lieu de revoir, à la lumière des notions nouvelles sur la guérison de la tuberculose évolutive, les lois actuelles et les conceptions du jour sur l'admission de ces sujets aux fonctions publiques, sur le caractère trop souvent définitif de certaines pensions, sur le refus d'admettre ces anciens malades dans l’armée -— en somme sur les
qui incitent encore PEtat et l'opinion puà donner aux tuberculeux ‘guéris des re
leur imposer des restrictions que rien ne saurait
Le Président Le Thèse ; M. CHIRAY
. et permis d’ imprimer :
ne Recteur de l’Académie de Paris,