‹ Le Turkestan RusseChapitre 11 sur 87 · Région du Mourgbab · texte numérisé non relu

Région du Mourgbab

Dans la vallée de Ferghana, à moins de 510 mètres :

Namangan 182

Skobelef 166

Andijan 242

Au sud de la vallée de Ferghana :

Och (à l'altitude de 1 005 mètres) 334

Bien que la quantité des pluies varie d'année en année et que, dans la plupart des stations, les observations ne s'étendent que sur quelques années, on peut estimer que, nulle part dans la plaine, loin des montagnes, la quantité annuelle ne s'élève au-dessus de 165 millimètres. Dans le voisinage des montagnes et à plus de 300 mètres d'altitude, elle est plus considérable. Les montagnes situées à l'est de la plaine exercent plus d'action que celles du sud (que l'on compare, par exemple, Tachkent et Samarcande à Kouchka).

La vallée de Ferghana se trouve dans une position particulière. Malgré la hauteur des stations, supérieure à celle de Tachkent, malgré le voisinage des montagnes, la quantité de pluies est faible dans la partie moyenne de la grande vallée (Namangan, Skobelef) ; elle est un peu plus forte à l'est, à Andijan, à cause de la proximité des montagnes. Même Och, à plus de 1.000 mètres, n'a pas plus de pluie que Samarcande et Tachkent.

Pourquoi l'influence des montagnes situées à l'est de la plaine est-elle plus grande que celle des montagnes du sud ?

Septembre et Octoôre

û'AuT/7 à Août

De Novembre à Mans

FiR. 4. — Quantité moyenne de pluie par mois dans trois stations du Turkestan et quelques stations d'Europe et d'Amérique prises comme termes de comparaison.

J'ai montré que, dans la plaine, les vents est et nord dominent. Mais ce n'est que dans la région inférieure de l'atmosphère. A 1 500 ou 2000 mètres, il en est déjà autrement.

Ainsi, à Tachkent, les vents Est et Nord dominent encore, mais sont généralement si faibles qu'il est difficile d'y faire monter des cerfs-volants. Si l'on y réussit cependant, on les voit entrer bientôt dans une zone de vents d'ouest, souvent si forts qu'ils les arrachent et les emportent.

L'existence des vents d'ouest à une faible hauteur se prouve aussi par la direction des nuages.

Ce fait est d'une grande importance pour déterminer la source des vapeurs d'eau qui se résolvent en neige dans les montagnes, et alimentent les rivières servant à l'irrigation des oasis.

On pourrait songer à l'évaporation des cultures dans les oasis, ou dans l'Aral. Mais cette évaporation atteint son maximum dans la période la plus chaude de l'été, quand il ne tombe presque ni pluie ni neige dans les montagnes. C'est en réalité l'évaporation de la Caspienne, de la mer Noire, de la Méditerranée et même des latitudes moyennes de l'Atlantique Nord qui produit la plus grande partie des neiges des montagnes du Turkestan, neiges qui fondent en été et causent la crue des rivières \

1. J'ai montré qu'une grande partie de Teau qui s'évapore de la surface de l'Atlantique Nord n'y retourne plus sous forme de rivières, car elle alimente des bassins sans issue : ceux de la Caspienne, de l'Aral, du

L'évaporation de l'Aral et des oasis contribue aux pluies et neiges du printemps, saison oii les feuilles sont tendres, et évaporent plus d'eau que les feuilles plus sèches de l'été.

L'eau évaporée de la surface des mers des latitudes moyennes et de la Caspienne ne leur retourne pas après avoir engendré les neiges et les glaciers des montagnes du Turkestan. Car les rivières du Turkestan se jettent dans l'Aral et une grande partie de leurs eaux, avant d'atteindre ce lac, est évaporée par la surface des cultures dans les oasis.

Une partie considérable des eaux évaporées par l'Aral et les oasis du Turkestan se déverse en pluies et en neiges sur les versants nord et nord-ouest du Tian-Ghan, oii les précipitations sont fréquentes et abondantes, même au cœur de l'été. Plus la latitude oii l'eau s'évapore est élevée, plus il y a de chances pour que la vapeur d'eau atteigne le versant nord du Tian-Chan.

Si les vents, dans les hauteurs moyennes de l'air, sont ouest sud-ouest, au lieu de souffler de l'ouest, la vapeur d'eau atteindra même l'Altaï, oii les pluies et neiges sont particulièrement abondantes en été.

Le tableau suivant montre la distribution des pluies par mois et par saisons. Je donne les chiffres mensuels pour les stations où les observations ont été assez longues ; pour les autres stations les moyennes saisonnales seulement.

Sahara, de l'Iran. Telle est la cause de la salinité de l'Atlantique nord, supérieure à celle des autres océans. Cf. Prof. A. Woeikof : Der Salzgehalt der Meere und seine Ursachen (Peterm. M/f., 58» Jahrgang, 1912, pp. 5-8, 73-76).

Page 1