MOIS
MÈTRES CUBES par seconde.
EN P. 100 de la moyenne.
Février
Mars
Avril
Mai
.luin
.Tuillet . . .
Août
Octobre
Novembre
Décembre
Année
Les différences en pour cent de la moyenne sont de 53 et au-dessous dans les mois de basses eaux, d'octobre à mars, et de 90 et plus dans les mois de hautes eaux, d'avril à septembre. Ces différences descendent
aux minima dans les mois de décembre à février, quand les eaux sont le plus basses, et atteignent leurs maxima en juillet, le mois des plus hautes eaux (123 p, 100). En avril, le pour cent est à peu près le même. Le tableau des variations d'année en année pour tous les mois montre que deux années, 1897 et 1892, ont donné des valeurs très supérieures à la moyenne : c'est que, dans ces'années, une fonte prématurée des neiges a coïncidé, en avril, avec de fortes pluies.
Il est très regrettable que l'on n'ait plus de données sur le débit du fleuve à Tchardjouï depuis l'année 1901. Le service hydrographique, installé en 1909, a fait des observations depuis 1911, mais pas à Tchardjouï, en sorte que les nouvelles mesures ne sont pas strictement comparables aux anciennes.
La longueur de l'Amou-Daria depuis le lac Victoria, dans le Pamir, où l'on place généralement sa source, jusqu'au lac d'Aral est de 2.512 kilomètres. De Tchardjouï, où se trouve le grand pont du chemin de fer Transcaspien, jusqu'à l'embouchure du fleuve, il y a une différence de niveau de 140 mètres. A Kerki, le courant est encore si rapide pendant la crue, qu'il déplace des pierres de 16 kilogrammes. A Tchardjouï la différence maxima du niveau pendant les quinze années d'observations a été de 2"", 81. Les fleuves de la Russie ont des différences de niveau bien plus grandes; ainsi pour la Volga à Samara, la différence moyenne de niveau entre la crue et l'étiage est de 9 mètres et la différence maxima de IS'^jS.
LE TUKKESTAN RUSSE
On a fait aussi des observations sur le débit de FAmou à Noukous, où commence son Delta. Les résultats sont les suivants : dans les mois de novembre à mai, nous avons de 958 à 1.385 mètres cubes par seconde; en juin 2.910, en juillet 3.790, en août 3.093, en septembre 1.953, en octobre 1.402. Nous calculons ici d'après le calendrier grégorien (nouveau style), tandis que les chiffres donnés plus haut et relatifs aux observations près du pont de Tchardjouï, se référaient aux mois du vieux style (calendrier julien). La quantité totale d'eau pendant l'année a été de 45.480 millions de mètres cubes ^ L'eau du fleuve est extrêmement trouble pendant les mois de crue. D'après les observations faites à Noukous, la quantité de dépôts dans un mètre cube d'eau a été en février de 192 grammes, et en juillet de 3.395 grammes. Pendant toute Tannée le fleuve a charrié 72.469 millions de kilogrammes de dépôts, dont 56.931 millions de silicates et 13.331 millions de carbonates de chaux.
Si nous admettons, d'après Gloukhovskoï, une perte de 23 p. 100 dans le Delta, oij de nombreux marais et lacs peu profonds évaporent une grande quantité d'eau, l'Aral recevrait en moyenne annuelle 1.250 mètres cubes d'eau de l'Amou par seconde. M. Berg estime qu'il s'évapore actuellement moins d'eau dans le Delta qu'il y a trente ou quarante ans, et, comme le fleuve est aussi plus abondant depuis quelques années, il croit
1. C'est à peu près le sixième des eaux de la Volga inférieure: cl', infra, chap. vu, p. 165-166,
que l'Aral reçoit une moyenne annuelle de 2.100 à 2.150 mètres cubes par seconde.
Le Syr-Daria prend sa source dans les montagnes du Tian-Chan, mais reçoit aussi les eaux du versant nord des chaînes de TAlaï. Bien que les indigènes donnent le nom de Syr-Daria au fleuve depuis le confluent du Naryn et du Kara-Daria, le Naryn est de beaucoup le plus considérable des deux cours d'eau. En tenant compte de ce fait, le fleuve n'aurait qu'un affluent de gauche, le Kara-Daria. En aval coulent des rivières qui n'atteignent pas le fleuve, étant entièrement absorbées par l'irrigation artificielle. Les plus importantes sont risfara et le Sokh, Le fleuve n'a aucun affluent de di'oite jusqu'au méridien de Tachkent. Au delà il en reçoit plusieurs, dont les plus considérables sont l'Angren, le Tchirtchik, et l'Arys. Ces trois rivières et leurs affluents viennent des montagnes de Talas, qui appartiennent au système du Tian-Chan.
La longueur du Syr-Daria est de 2.873 kilomètres depuis la source du Naryn. Depuis le pont de Tchinaz il a une longueur de 1.810 kilomètres, et une différence de niveau de 210 mètres jusqu'à l'Aral. La quantité moyenne annuelle d'eau, près des embouchures, est de 924 mètres cubes et, à Parman-Kourgan, un peu en avaldeKhodjent, d'un peu plus de 640 mètres cubes. Les six années d'observations à cet endroit donnent les quantités suivantes en mètres cubes par seconde, pour les mois du calendrier julien (vieux style) : janvier : 359, février : 36i, mars : 384, avril : 559, mai : 1.151, juin :
1.350, juillet : 1.083, août : 670, septembre : 486, octobre : 452, novembre : 432, décembre : 393. On voit que le Syr a un débit beaucoup moins considérable que l'Amou et que la crue arrive un mois plus tôt, ce qui nuit certainement à l'irrigation des champs et des jardins. La quantité minima d'eau a été observée en janvier 1900 : 204 mètres cubes, et la quantité maxima le 26 mai 1902 : 2.612 mètres cubes. Les quantités moyennes diffèrent aussi d'année en année. L'année la plus abondante fut 1902 : 811 mètres cubes en moyenne, tandis que l'année 1899 n'a donné que 463 mètres cubes. L'eau du fleuve met de trente à quarante jours de Parman jusqu'à Kasalinsk, à 60 kilomètres de l'embouchure. En moyenne 1.000 mètres cubes du Syr donnent 353 kilogrammes de dépôts, contenant 203 kilogrammes de silicates et 55 kilogrammes de carbonate de chaux. L'eau du Syr est donc moins trouble que celle de l'Amou. Comparez les troubles de ces deux fleuves à ceux de quelques autres (en kilogrammes par mille mètres cubes) : Indus 2.500, Gange 1.983, Amou 1.793, Syr 850, Mississipi 659, Danube 125.
Le service hydrométrique a installé une station très bien outillée à Kerki et a mesuré le débit de l'Amou- Daria en quatre stations, en aval de cette ville : à Ak- Rabat, Doul-Doul, Tuiou-Mouioun, près des monts Gheïkh-Djeili et à Kiptchak.
Amou-Daria Syr Daria- .
Ili^ . . . .
Naryn*. . .
Tchirtchik ■'.
Tchou». . .
Kara-Daria ' Talas» . . .