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LE DESSÈCHEMENT DE L ASIE CENTRALE

J'ai exposé les opinions de deux savants célèbres, qui sont ou étaient partisans du dessèchement continu de l'Asie centrale depuis la dernière période glaciaire. Dans ces dernières années, un membre de deux expéditions archéologiques américaines, M. Huntington, a émis la même hypothèse. Il a bien vu les lieux, mais il a si mal observé, et ses raisonnements sont si peu logiques, qu'on peut s'étonner qu'il ait produit quelque impression. M. Berg, dans un remarquable mémoire \ a montré l'inanité des conclusions de M. Huntington.

Plus on étudie la question des climats pendant l'époque historique, plus on conclut à des oscillations d'une durée plus ou moins longue, mais sans variation continue dans un sens ou un autre. C'est ce qui ressort du travail de M. Berg.

C'est aussi l'impression qui se dégage de la lecture de la grande collection de Mémoires sur la variation des climats, publiée à Stockholm, et citée plus haut.

Rien ne nous autorise à admettre que le Turkestan fasse exception à cette règle, et il faut conclure qu'une dessiccation continue de ce pays depuis la dernière période glaciaire est absolument improbable.

Les générations futures verront probablement des oscillations de l'Aral, dues à une quantité plus ou moins grande de neiges dans les montagnes. Mais

1. Des variations de climat dans les temps historiques. Zemlévedenié (Journal géographique de Moscou, 1911). Une traduction française du mémoire de M. Berg, serait à désirer; il n'est pas long et relate quantité de faits, très bien expliqués.

j'espère qu'elles en verront aussi une diminution, due au développement de l'irrig-ation dans les bassins de ce lac. Je lai écrit il y a longtemps, un grand Aral est un testimonium paupertatis , il montre que l'homme n'a pas su utiliser l'immense quantité d'eau fournie par la fonte des neiges dans les montagnes, et la laisse s'évaporer sans utilité pour lui.

Une économie rationnelle devrait utiliser toute l'eau venue des montagnes, qui s'évaporerait non de la surface des lacs et de celle du sol, mais des plantes utiles à l'homme. Voilà l'idéal, qui ne sera jamais atteint complètement, mais dont on devrait se rapprocher. Combien nous en sommes loin encore !

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