A. — TYPES SARTES
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B. — TCHAÏ-KHA.NE (KESTAdUANT A THÉ). A SAMARCANDI
A. WoEiKOF. - Turkesta)i russe.
Les grandes villes où la population a augmenté principalement, depuis 1897, sont : Andijan, 50 p. 100, et Kokand 30 p. 100; c'est certainement le commerce du coton et les industries de nettoyage du coton qui ont causé ce résultat. Pour les villes plus petites, c'est à Askhabad, 98 p. 100, que l'augmentation a été le plus rapide. Ce n'est pourtant pas une ville très commerçante, ni industrielle ; ce résultat est dû probablement à l'augmentation de la garnison, au transfert de l'administration du chemin de fer, et à d'autres mesures administratives. Ailleurs, l'accroissement de la population a été modéré (13 p. 100 à 32 p. 100) ; non seulement les États-Unis, mais l'Allemagne donnent sous ce rapport des chiffres bien autrement élevés.
Quant au pourcentage des Musulmans, il est dans les villes de 9i5 à 99 p. 100 avec les exceptions suivantes : Tachkent, ville russe, a 20 p. 100 de Musulmans, toute la ville 86 p. 100, Petro-Alexandrovsk 10 p. 100, Samarcande 74 p. 100, Skobelef 35 p. 100, Askhabad 25 p. 100, Krasnovodsk 33 p. 100, Merv 22 p. 100.
Pour la ville russe de Tachkent, la chose se comprend, les indigènes n'y résidant généralement que comme ouvriers et domestiques. Pour Petro-Alexandrosvk il en est de môme ; c'est la ville la plus russe de tout le pays.
Skobelef est une création moderne; la ville se trouve à 11 kilomètres du Vieux Marguilan, où se concentre la population indigène.
Dans le Turkestan proprement dit, la population
urbaine et rurale est de langue et généralement de nationalité homogène. Mais il en est autrement dans la province Transcaspienne. Avant la conquête russe, l'énorme majorité de la population de cette province ne s'occupait presque pas d'agriculture, les gens y étaient nomades et pillards. Depuis, la population a passé à l'agriculture, mais habite de préférence les kibitkas (tentes en feutre). Les villes restent à peu près entièrement étrangères à la masse de la population. On n'y trouve que des Russes (plutôt militaires ou employés que commerçants), des Sartes, des Persans, des Arméniens, des Géorgiens; les Chrétiens y sont en majorité.
J'ai donné, dans le tableau, la population de deux villes russes du khanat de Boukhara; dans ce khanat la statistique n'existe pas : on compte généralement de 80 à 100.000 âmes pour la capitale, et de 60 à 70.000 pour la seconde ville, celle de Karchi ; quant à Khiva, la capitale du khanat de ce nom, on lui accorde généralement une population de 20.000 habitants.
D'après le recensement de 1897, le pourcentage des hommes par rapport à la population totale donnerait les chiffres suivants : 54 pour les provinces de Syr-Daria et de Ferghana, 55 pour celle de Samarcande et 56 pour la province Transcaspienne.
C'est une proportion inverse de celle que l'on trouve en Europe, où les femmes prédominent; elle se retrouve dans les autres pays musulmans. Il est difficile de préciser la cause de ce fait. Peut-être est-ce, que la naissance d'un garçon est un événement heureux pour la
famille, tandis que celle d'une fille est assez indifférente sinon désagréable. Il est probable que les petites filles, manquant de soins, succombent plus facilement que les garçons aux maladies de l'enfance.
La population rurale du pays se partage en sédentaires et en nomades, mais le nomadisme décline de plus en plus. La conquête russe et les chemins de fer ont exercé une influence capitale sous ce rapport. Les nomades sont en majorité dans les deux districts septentrionaux de la province de Syr-Daria, ceux de Kasalinsk et de Perovsk; dans le district de Tchimkent, il n'y en a que 17 p. 100 ; on n'en trouve pas dans celui de Tachkent. Dans les provinces de Samarcande et de Ferghana, ils habitent plutôt les montagnes que les déserts.
Llslam domine dans tout le pays. C'est certainement la religion qui a le plus profondément influé sur toutes les conditions de vie de la population. Le Coran étant un livre assez court, et plusieurs de ses préceptes étant contradictoires, il s'est formé un système de commentaires qui les explique et les adapte à l'existence de la population. Ces commentaires ont été plus tard rassemblés en traités. On les désigne généralement sous le nom de Chariat. C'est la loi écrite qui sert de guide à la population sédentaire.
L'Islam réglemente toute la vie et pénètre à fond la mentalité des populations ; hostile à toute critique, il a tué avec le temps toute curiosité et conduit les esprits à une stagnation profonde. Les Musulmans, quand ils
voient les Européens s'intéresser à des pays étrangers, à la nature de ces pays, à leur histoire, sont profondément étonnés : « Pourquoi, disent-ils, s'intéresser à ces choses-là? Allah ne nous a pas renseignés là-dessus ; que sa volonté soit faite ! »
RACES ET LANGUES (POUR MILLe)