SYR-DARIA
SAMAR- CANUE
FERGHANA
TRANSCAS- PIENNE
Russes i
Tadjiks et Galtchas
Sartes
Uzbegs
Turcomans. . . .
Kirghiz, Kara- Kirghiz et Karakalpaks
* Avec Polonais et autres Slaves.
* Persans dans la province Transcaspicnne.
Avec le temps s'est encore développé un formalisme dont l'influence a été néfaste. En outre, la séquestration des femmes et la polygamie affectent profondément la la vie de famille. Les Musulmans les plus fanatiques sont des sédentaires, Sartes, Tadjiks et Uzbegs, dont la vie est entièrement régie parle Chariat.
Les Tadjiks habitant les villes de la plaine et des basses vallées sont sunnites et plus fanatiques encore que les Sartes. Ils ont une grande quantité de mausolées [masars), qui sont des lieux de pèlerinages. Quant aux
Tadjiks qui habitent les montagnes, ils sont en partie Chiites et Ismaïlié, et ont gardé beaucoup d'anciennes croyances surtout celle aux Devs, c'est-à-dire aux esprits bons ou mauvais. C'est certainement un reste de la religion de Zoroastre. Ces montagnards mènent une vie très misérable, ils possèdent peu de terres et souffrent souvent de la faim, surtout dans la partie supérieure du Pendj . Ils emploient en quantité une farine faite de mûres séchées. Ils passent l'hiver dans des huttes en pierre très étroites, et, comme le combustible manque, ils ont beaucoup à souffrir du froid.
Les meilleures autorités croient qu'il y en a près de 350 à 400 000 dans le khanat de Boukhara; avec ceux qui habitent le territoire russe, cela fait à peu près 750000, soit 9 p. 100 de la population. Les Tadjiks ont une taille plus haute que la moyenne, de 1"',67 à I^^^IO ; ils ont la figure ovale, les cheveux noirs, bruns foncés, quelquefois même châtains ou blonds, les yeux bruns ou noirs, parfois gris ou bleus; beaucoup de barbe. La tête est en général brachycéphale, surtout celle des Tadjiks des montagnes (Galtchas).
Les Tadjiks sont d'excellents agriculteurs, des ouvriers et marchands habiles. C'est le peuple le plus intelligent parmi les indigènes du pays.
Les Sartes sont, sous plusieurs rapports, la population dominante du Turkestan, ils forment la grande masse de la population urbaine et rurale. Ils fréquentent surtout les bazars dont sont pourvues toutes les villes et les villages principaux. Ces bazars sont animés surtout
pendant les nuits du Carême [Rajnadan] , qui s'appelle ici Ouraza. Pendant ce Carême les Musulmans n'ont le droit de manger, de boire ni de fumer depuis le lever jusqu'au coucher du soleil; mais, dès qu'arrive la nuit, les rues se remplissent et l'on se livre à toute espèce de réjouissances. Les tchaï-khane^ (restaurants à thé) sont combles, on écoute des musiciens ambulants, des chanteurs, on regarde des prestidigitateurs ; les cinémas même font de bonnes affaires, ainsi que les phonographes. Beaucoup de chansons sartes et tadjiks sont déjà enregistrées sur des disques phonographiques.
Sans nul doute, ce sont les Tadjiks qui ont construit la plupart des travaux d'irrigation et communiqué leur science aux autres habitants du pays.
Les habitants des villes ont un genre de vie très semblable à celui des Sartes, tandis que les montagnards ont gardé beaucoup d'anciennes coutumes d'avant l'Islam. Ils sont excellents marcheurs, chasseurs émérites et traversent aisément des rivières torrentielles à l'aide de goupsars, c'est-à-dire de peaux de moutons gonflées d'air.
Les Persans émigrés du royaume de Perse sont peu nombreux. Il y en a surtout dans la province Transcaspienne, où ils sont marchands, artisans et hommes de peine. Une partie des Persans habitant le Turkestan sont des descendants d'esclaves, vendus par les Turcomans aux habitants du pays.