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CHAPITRE XIII

LA PROVINCE TRANSCASPIENNE

Prédominance des déserts. Krasnovodsk. — Le sud de la province, Geok- Tepe, Askhabad,Firusa et ses villas. Ruines dAnaou. — Oasis d'Aklial- Tekke et d"Atek. Le Tedjen et ses irrigations. Les cultures. Élévations deau et culture du coton. — Merv. Chemin de fer de Kouchka. Les oasis du Mourghab, digues et irrigations, les ruines du vieux Merv. — Le domaine impérial du Mourghab; réservoirs, canaux, cultures, usines. — Insuffisance des eaux dans la province Transcaspienne. Projets d'irrigation par les eaux de l'Amou-Daria.

C'est la plus grande et la moins peuplée des provinces du Turkestan, car les déserts y dominent. Seul le sudest est suffisamment arrosé par le Mourghab et le Tedjen ; le reste du pays n'a que l'eau des sources, des puits et des kèriz.

Aussi la province est-elle un pays de prédilection pour les savants qui désirent étudier le désert sous toutes ses faces : des déserts rocheux, caillouteux, sablonneux, argileux, salants.

Si Ton arrive dans le pays par la Caspienne, dès le port de débarquement, Krasnovodsk, on a l'impression complèle du désert. Deux misérables jardinets dans la ville ; tout autour, des rochers sur lesquels poussent çà et là quelques lichens. Sur un parcours de plus

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de 300 kilomètres en chemin de fer, c'est à peu près le même spectacle ; en approchant du Kopet-Dag-h seulement on aperçoit quelques oasis, encore sont-elles rares et bien petites. Beaucoup de stations n'ont même pas d'eau pour les locomotives, et on voit des trains à wagons plats chargés de baquets d'eau, pour approvisionner les stations. A Krasnovodsk, on boit de l'eau de la Caspienne distillée.

Cette ville, malgré son mouvement de marchandises considérable, n'est peuplée que de 7,000 habitants. Elle ne produit rien ; il ne s'y fait pas d'afl'aires ; tout le mouvement de marchandises se fait pour le compte de marchands qui ne résident pas dans la ville.

L'île voisine de Tcheleken est très riche en pétrole et en ozokérite. J'ai mentionné les autres richesses minérales de la province dans le chapitre ii.

Les monts Grands Balkhans se trouvent au nord, et les Petits Balkhans au sud du chemin de fer Transcaspien. Les premiers ont des sources assez abondantes ; l'eau en est conduite à la station de Djebel (138 kilomètres de Krasnovodsk). Près de là se trouve l'Ousboï (ancien lit supposé de l'Amou). Un embranchement de 5 kilomètres conduit à MoUa-Kara, oià se trouve un lac salé et une station thermale, avec des boues sulfureuses. A S20 kilomètres de Krasnovodsk se trouve Vaoul (village) tekké de Geok-Tepe, célèbre par les faits de guerre des années 1879-1881. Les Turcomans opposèrent une résistance héroïque à l'armée russe, et il fallut envoyer des troupes plus nombreuses, commandées

par le général Skobelef, qui prit les fortifications d'assaut (12/24 janvier 1881). Près de la station du chemin de fer, on a élevé un monument commémoratif et un musée.

La ville d'Askhabad, chef-lieu de la province, est le centre d'un commerce important avec la province persane de Khorassan. Des sources captées servent à irriguer les jardins de la ville et les champs environnants. Aux confins de la ville se trouve un champ d'expériences pour la culture du coton, et une école de jardinage qui porte le nom de son fondateur, le général Kouropatkine.

Ce dernier, qui a été un ministre de la Guerre fort médiocre et un général en chef impossible, a laissé au contraire un excellent souvenir dans la province Transcaspienne, dont il fut gouverneur pendant plusieurs années.

Les chaleurs de l'été sont très fortes à Askhabad et ceux qui en ont les moyens passent l'été à Firusa, colonie de villas à 40 kilomètres de la ville, près de la frontière persane, à 600 mètres au-dessus de l'Océan. On y accède par un bon chemin, qui passe par une vallée étroite et sinueuse. Les hauteurs environnantes, composées de calcaire gris, sont presque dénuées de végétation.

Avant d'arriver à Firusa, on trouve une petite forêt plantée. A Firusa même il y a une belle végétation irriguée. Un platane immense, dans le jardin du gouverneur, estForgueildulieu. Du temps du général Kouropatkine, des officiers et employés obtinrent des concessions

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de terrains pour villas et jardins. La plupart des propriétaires primitifs n'habitent plus Askhabad et ont vendu villas et jardins à des marchands persans et arméniens.

Au-dessus de Firusa, on voit une forêt, ou du moins ce qu'on nomme ainsi. Elle appartient à l'État. Elle est dans un état misérable, car on ne peut la défendre contre les déprédations des Persans.

A 10 kilomètres d'Askhabad, se trouvent des ruines importantes : ce sont celles de la ville d'Anaou. On remarque surtout une grande citadelle, dans laquelle s'élève une belle mosquée ornée de briques encaustiquées. Elle fut construite par Baber, descendant de Tamerlan. Les fouilles de l'expédition américaine de Pumpelly faites dans les kourganes (tumulus) d'Anaou ont mis à jour les restes de quatre époques préhistoriques, dont les trois premières appartiennent aux âges de cuivre et de bronze et la dernière à Vk^Q du fer. Plus bas on a découvert des ossements de l'âge de pierre; les habitants ne connaissaient alors que des animaux sauvages; plus tard ils domestiquèrent le mouton et le bœuf, dont les races se sont perpétuées, tandis que le chameau n'apparut qu'à l'âge du cuivre.

Le district d'Askhabad possède sur le versant nord du Kopet-Dagh une ligne d'oasis de près de 260 kilomètres de long et de 10 à 22 kilomètres de large. Il n'y a pas une rivière, rien que des sources, entièrement employées à l'irrigation. On compte à peine 10 000 hectares de terres irriguées dans le district. Sur les flancs

plus élevés du Kopet-Dagh, on commence à semer des céréales sans irrigation.

Le district de Tedjen, beaucoup plus petit que celui d'Askliabad, a trois oasis principales. Celle d'Atek, le long des pentes nord du Kopet-Dagh fait suite à l'oasis d'Akhal-Tekke, et offre le même caractère ; l'irrigation se fait aussi à l'aide de sources et de kériz. Les deux autres oasis, celles de Sarakhs, à la frontière afghane, et de Tedjen, un peu au nord, sont irriguées à l'aide de canaux dérivés du Tedjen.

J'arrivai à Tedjen, village chef-lieu du district, au commencement de mai 1912, pendant la crue de la rivière. Près de la station du chemin de fer se trouve la digue Karry-bend, d'où rayonnent les canaux qui irriguent l'oasis. Elle venait d'être emportée par la crue, au grand désespoir des cultivateurs turcomans et à la joie des employés du chemin de fer, qui craignaient pour leur pont. Il y a dix ans, avant la construction de la digue, on comptait 2 000 huttes (kibitkas) dont les habitants s'occupaient d'agriculture ; maintenant il y en a 10 000.

Il y a 6 canaux principaux. Les dérivations [sarkar) irriguent de 7 à 9 hectares chacun; l'eau coule dans le sarkar vingt-quatre heures tous les douze ou quinze jours.

On sème surtout du froment et de l'orge, qui sont irrigués trois fois, et de la luzerne, qui est irriguée de trois à quatre fois et fauchée quatre fois. On sème peu de coton, car à partir de juin il y a peu d'eau.

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Tout ce qui se rapporte à l'eau est réglé par la coutume [adat] ; il n'existe pas de texte écrit. Les différends sont jugés par des tribunaux élus par le peuple. Les Turcomans afferment à des étrangers l'eau qui ne leur est pas nécessaire.

Les mesures du débit du Tedjen ont donné les résultats suivants : en novembre, 0 ; en décembre, un peu, en mars, beaucoup plus; la crue principale, en avril et mai, dure environ un mois et donne en moyenne 213 mètres cubes par seconde; en juin, le débit est très faible et en septembre, nul.

Les ingénieurs qui ont étudié le Tedjen pensent qu'une digue construite d'après les règles de l'art coûterait près de 800 000 francs, et conserverait toute l'eau que fait perdre actuellement la rupture de la digue, rupture qui a lieu presque chaque année. D'après W. N. Dolinsky, on pourrait construire une autre digue près de la frontière afghane, et retenir une grande quantité d'eau. Le bassin aurait un peu plus de 4 kilomètres carrés et une profondeur de 21 mètres; en comptant sur une évaporation de 2"',1 et l'emploi d'une hauteur d'eau de 19 mètres, on pourrait utiliser plus de 19 millions de mètres cubes d'eau. Le Tedjen, appelé Héri-Roud dans sa partie supérieure, est une rivière plus considérable que le Mourghab, mais la plus grande quantité de l'eau est employée à l'irrigation de l'oasis de Hérat dans l'Afghanistan.

Merv est une ville assez importante, qui fait beaucoup de commerce. Ses bazars sont intéressants à visiter; on y

trouve beaucoup d'objets fabriqués par les Turcomans : tapis, feutres, etc.

Jusqu'en 1896 Merv passait pour très salubre; on y envoyait les soldats atteints de malaria. En 1896 une crue extraordinaire du Mourgliab inonda la ville et les alentours; il s'ensuivit une épidémie de malaria qui dura jusqu'en 1900; maintenant encore la ville demeure très malsaine.

Un chemin de fer stratégique de 320 kilomètres relie Merv à Kouchka, près de la frontière afghane. Le poste de Tchildoukter, à 19 kilomètres de là, sous le 35° 38' de latitude nord, est le point le plus méridional de toute laRussie. Le chemin passe par Sultan-bend, endroit renommé dans l'histoire du pays à cause de la digue du même nom, qui retient les eaux du Mourghab. Elle est mentionnée pour la première fois au x® siècle de notre ère, fut plusieurs fois détruite par des envahisseurs qui voulaient forcer la ville de Merv à se rendre en la privant d'eau. En 1784, elle fut détruite par les Boukhares et ne fut rétablie qu'en 1909. A 20 kilomètres de la station de Tach-Kepri se trouve le grand village de Takhtabazar, centre d'un commerce important avec l'Afghanistan. Vis-à-vis, à une hauteur de 120 mètres au-dessus du Mourghab, se trouvent 10 grottes creusées par l'homme et qui furent longtemps habitées. Elles sont très longues, à deux étages. Elles n'ont pas été explorées par les archéologues.

Le district de Merv occupe le sud-est de la province; presque toute la population est concentrée dans les

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oasis, qui sont irrigués par les eaux du Mourghab et de son affluent la Kouchka.

A 30 kilomètres en amont de Merv, se trouve une digue nommée Koouchout-Khan-bend. De là partent deux canaux, le Tokhtamich sur la rive droite et l'Otamych sur la rive gauche . Ils irriguent environ 38 000 hectares. Dans l'oasis de lolatan, en amont de Merv, se trouve la digue Kasykly-bend, et des canaux irriguant 16 000 hectares. L'oasis de Pendjde est irriguée par les eaux du Mourghab et de la Kouchka.

Le vieux Merv se trouvait près de la station de Baïram- Ali du chemin de fer Transcaspien, à 21 kilomètres de la ville actuelle. Les ruines de cette ville couvrent une superticie de plus de 100 kilomètres carrés, et leur exploration promet beaucoup pour l'histoire et l'archéologie. On a peu fait encore sous ce rapport, et les édifices tombent en ruines sous l'action des intempéries, aidées par la main de l'homme. La ville n'a certainement jamais occupé à la fois tout l'espace couvert par les ruines; ily eutlà plusieurs villes juxtaposées. Ony reconnaît diverses enceintes fortifiées. Quelques bâtiments sont d'une architecture remarquable, surtout la mosquée du Sultan Sanjar, qui date du xif siècle.

C'est à Baïram-x\li que se trouve le domaine impérial du Mourghab, d'une contenance de 113 000 hectares, de beaucoup le plus considérable du Turkestan. Les eaux du Mourghab ont permis d'en irriguer près de 20 000 hectares.

Après la destruction de la digue de Sultan-bend

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en 1784, toute la région environnant le vieux Merv redevint un désert. Un homme entreprenant, Poklevsky- Kosell, eut l'idée de rétablir la digue et d'irriguer un immense espace. Il parvint à intéresser à son projet des personnages influents à Saint-Pétersbourg, et en 1887, l'Empereur Alexandre III s'attribua toutes les terres non cultivées que l'on pouvait irriguer par les eaux captées à l'aide de la digue de Sultan-bend, sans préjudice pour les terres déjà irriguées par les eaux du Mourghab. Poklevsky-Kosell fut chargé de la reconstruction de la digue, qui fut achevée en 1890. L'ouvrage avait été fait d'après les méthodes des indigènes ; il coûta peu d'argent, mais la digue fut presque immédiatement emportée par une crue.

Il fallut alors recourir à des ingénieurs et se résigner à des dépenses beaucoup plus considérables. Les travaux durèrent jusqu'en 1909; c'estM. Valouïefqui les dirigea presque entièrement. Ce sont de beaucoup les plus remarquables du Turkestan.

Je les visitai, en compagnie de l'ingénieur Losiewsky, qui est chargé de leur entretien. Les trois digues retiennent en tout 136 millions de mètres cubes d'eau. Des régulateurs construits d'après toutes les règles de l'art permettent de mesurer exactement Fécoulement. La seule faute commise a été de conduire toute l'eau dans les bassins de retenue. Comme elle est très trouble, les plus optimistes calculent qu'ils seront comblés en quarante ans. On pourrait bien les nettoyer, mais cela coûterait cher. Le mètre cube d'eau des bassins est

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revenu à 5 centimes, et le nettoyage des dépôts ne reviendrait pas à moins de 14 centimes le mètre cube.

On pourrait construire une digue en amont de Sultanbend, à Tach-kepri, où le sol est graveleux et l'eau assez claire, et y retenir plus de 190 millions de mètres cubes d'eau, pour une dépense de 10 à 13 millions de francs ; le mètre cube reviendrait ainsi à 5 ou 6 1/2 centimes.

La faute commise en conduisant toute l'eau dans les bassins de retenue a encore une autre conséquence : les cultures sont privées des limons fertilisants si nécessaires au sol. De plus, l'irrigation par les eaux claires produit plus facilement des salants, comme je l'ai montré dans le chapitre xvi. C'est ce qui arrive, et d'autant plus sûrement que l'irrigation est faite par bassins, système qui exige beaucoup plus d'eau que l'irrigation régulière.

En 1910 on donnait 1 240 mètres cubes d'eau par hectare aux céréales et aux pois, et 1 420 mètres cubes à la luzerne et au coton. L'ingénieur Valouïef, qui a construit les retenues d'eau et les principaux canaux, estime que 1 070 mètres cubes suffiraient pour le coton et 710 mètres cubes pour les céréales. L'ingénieur Bartz s'arrête à 780 mètres cubes pour le coton et 535 pour les céréales, et M. Tchernoglasow, d'après des expériences de quatre ans, ne compte plus que 445 mètres cubes pour le coton et 200 pour les céréales. Actuellement les champs de coton arrosés à l'aide de l'eau élevée par une turbine, ne reçoivent que 533 mètres cubes.

et les récoltes ne sont pas inférieures à celles des champs en recevant l 420.

Malgré l'étendue du domaine, la grande culture ne couvre pas plus de 500 hectares et est seule à recevoir des engrais réguliers. L'assolement est biennal : 1° betterave, maïs et sésame ; 2° coton.

Le reste des terres est loué, généralement pour douze ans, à de gros fermiers, qui ne cultivent pas eux-mêmes, mais afferment les terres pour un an à des Turcomans, contre paiement en argent ou en nature.

La culture se fait à la mode turcomane, c'est-à-dire assez mal. L'irrigation par bassins gaspille beaucoup d'eau. Le manque de drainage et le sous-sol argileux causent des accumulations d'eaux stagnantes et salées. On est obligé d'abandonner les terres après quelques années de culture, et de faire de nouveaux canaux d'irrigation. Il y a donc ici une culture extensive, malgré l'irrigation artificielle.

On compte 700 hectares de marais salants couverts de joncs très hauts; à la mi-septembre ils étaient superbes, la partie supérieure d'une belle couleur violette pi. XII b) . L'eau du sous-sol arrivait à 40 centimètres seulement au-dessous de l'habitation de l'intendant (que Ton nomme le palais) et du beau parc qui l'entoure. Si l'on ne parvient pas à se débarrasser de cette eau, les arbres du parc périront, comme ont déjà péri des amandiers et d'autres arbres.

Les fermiers payent 144 francs par hectare pour les terres cultivées en froment, luzerne et légumes, et la

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moitié de la récolte du coton. La récolte moyenne du coton égrené est de 2 quintaux métriques par hectare.

Ce sont les pluies et les neiges des montagnes de l'Afghanistan qui alimentent le Mourghab. Ces montagnes sont bien moins élevées que celles dont dépendent les bassins de l'Amou et du Syr-Daria. Aussi la crue principale vient-elle au commencement de mai, et les eaux baissent vite.

Le débit du Mourghab, qui a été mesuré exactement, oscille entre 14 mètres cubes par seconde en août et septembre pendant les années arides, et 360 mètres cubes par seconde, pendant les grandes crues de mai.

Le domaine du Mourghab dispose de 6o p. 100 des eaux de la rivière de novembre à la fin de février, quand l'eau est inutile aux indigènes, et de 10 à 15 p. 100 seulement du commencement de mars à la fin d'octobre. Une commission mixte, composée de représentants de l'administration du district, de l'administration du domaine du Mourghab et de membres élus par les Turcomans, veille à la répartition de l'eau emmagasinée dans les réservoirs.

Le réservoir de lolatan fournit aussi la force nécessaire aux grandes usines du domaine impérial. Quand je le visitai, les gins ne fonctionnaient pas, mais l'huilerie ou plutôt l'usine qui utilise les graines de coton était en pleine activité. Les machines sont des meilleures et ont coûté fort cher, près de 4 millions de francs. Nulle part dans le Turkestan, on n'a de si bonnes installations ; aussi l'huile de coton s'y vend- elle plus cher que dans les

autres usines, et jouit-elie d'une excellente réputation sur le marché russe. On fait aussi du savon. C'est le sous-directeur des usines, l'ingénieur Hoffmeister, qui s'occupe surtout des huileries, dont les résultats sont remarquables.

Ces usines modèles rapportent-elles beaucoup ? C'est une question. Les installations sont trop luxueuses; on voit qu'il s'agit non seulement de faire bien, mais de faire mieux que les autres usines, d'impressionner les visiteurs, et il y en a beaucoup.

Quant au domaine lui-même, il donne de beaux revenus ; mais ils diminueront à mesure que les réservoirs se combleront.

J'ai montré que l'irrigation par bassins produit un énorme gaspillage d'eau dans l'oasis de Mourghab; il en est de même dans celle de Tedjen, où, de plus, il se perd beaucoup d'eau par la rupture des digues.

Il serait temps d'employer des méthodes plus rationnelles. Mais, comme la population s'accroît par l'excédent des naissances et que les nomades s'adonnent de plus en plus à l'agriculture, l'eau que fournissent le Tedjen et le Mourghab ne peut suffire. En outre, il est sûr que la culture du sol continuera à augmenter dans l'Afghanistan, et il restera de moins en moins d'eau pour la province Transcaspienne.

Seul, un grand canal d'irrigation emprunté à l'Amou- Daria pourrait amener l'eau nécessaire aux Turcomans, tout en permettant le développement de la colonisation, russe.

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Le colonel Yermolaef, qui a étudié le pays en 1907, arrive aux résultats suivants :

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