NOMBRE NOMBRE
PROVINCES de villages, d'habitants.
Sjr-Daria 108 45 000
Samarcande 13 3 500
Ferghana 23 20 000
Transcaspienne 27 5 000
Total 171 73 500
Peu de chose, on le voit; à Texception de la province du Syr-Daria, c'est à peu près nul.
C'est aux terres irriguées par de nouveaux canaux à recevoir les nouvelles colonies russes. Les colons doivent être indépendants des indigènes et de leurs usages dans la distribution de l'eau.
Il leur faut des espaces plus vastes que ceux dont se contentent les indigènes; ils ne s'habitueraient pas, en effet, à la culture à la houe [ketmen]^ et se serviront certainement d'instruments perfectionnés. La terre ne sera pas mieux cultivée que celle de l'indigène, car le Sarte fait des merveilles avec son ketmen quand l'eau ne manque pas, mais les instruments perfectionnés permettront de travailler sur des terres plus étendues.
Les paysans russes n'ont pas grand goût pour la culture du coton ; il est probable qu'ils ne l'exagéreront pas et réserveront plus de place aux céréales et aux fourrages, en raison surtout de leurs prix élevés au Turkestan.
Ils s'adonneront aussi à l'élève des bestiaux. Ils ont
A. WoEiKOF. — Le Turkestan Russe. 20
besoin de chevaux pour les cultures et les transports, de vaches laitières et de porcs pour leur alimentation et pour le commerce ; la majeure partie en effet du beurre, du fromage, des jambons, des saucisses consommés par les Russes dans les villes du Turkestan vient de la Russie centrale, et leur coûte fort cher. Peut-être l'élève de races de moutons de boucherie leur sera-t-elle possible.
Il en est autrement des mérinos. L'élève de ces animaux n'est lucrative que quand elle est faite en grand; ce ne peut être l'œuvre des petits cultivateurs. Cette branche d'économie rurale avait une grande extension dans les steppes de la Russie méridionale. Elle fut introduite par deux Français du Midi, Rouvier et Vassal, et prospéra jusqu'aux environs de 1865, tant qu'il y eut des pâturages à bon marché. Puis les Mennonites allemands et les molokanes russes ^ s'en occupèrent particulièrement; les noms de Falz-Fein et de Masaef, qui y ont acquis des millions, sont connus.
Quand la culture du froment s'étendit, les terres augmentèrent de valeur, et les propriétaires de mérinos commencèrent à émigrer vers l'est. Le pays des Cosaques du Don et le nord du Caucase attirèrent d'abord leur attention. Ils achetèrent des terres et en louèrent, à des prix modiques au commencement, mais qui s'élevèrent vite, par l'extension (jue prit la culture des céréales. Les éleveurs de mérinos vendirent leurs terres,