BUCAREST
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PFRÉFACE
Ce n'est pas un traité complet du typhus exanthématique que nous avons eu l'intention de faire en écrivant ce livre. Un tel ouvrage aurait nécéssité La connaissance des recherches antérieures sur la question. Or, en dehors des mémoires de Ch. Nicolle sur Le typhus expérimental, nous avons été en Moldavie dans l'impossibilité complète de consulter tout travail antérieur. Aussi, nous ne faisons presque aucune bibliographie du typhus dans ce livre.
L'étude que nous présentons au public est le résultat presque exclusif de nos recherches personelles, entreprises sur environ 000 cas de typhus exanthématique, pendant l’épidémie de Moldavie de 1917—1918. Nous avons eu l’occasion de soigner le typhus à différentes périodes de l’épidémie mililaire, ainsi que dans le courant de l'épidémie civile. Nous avons soigné des soldats, des officiers, de nombreux médecins, des civils de tout âce, hommes el femmes.
Nous attirons l'attention sur le fait que La grande virulence du typhus en Moldavie nous a donné l’occasion d'étudier des formes qu'on rencontre beaucoup plus rarement dans d'autres épidémies plus légères ou dans les foyers endéiniques. Nous avons décrit dans ces formes certains symptômes, des modifications du liquide céphalo-rachidien et du sang, cerlaines complications, qu'on ne rencontre que très rarement dans les petites épidémies.
Cette différence nous expliquent en partie le fait que plusieurs des phénomènes décrits par nous n'ont pas été
sivnalés dans des recherches antérieures. C'est de cette manière que nous expliquons, par exemple, que les altérations si pronnoncées que nous avons décrites dans le liquide céphalo-rachidien n'ont pas été trouvées antérieurement par Ch. Nicolle en Tunisie où le typhus est à l’état endémique.
Le grand nombre de malades que nous avons eus à étudier nous a permis de nous faire une conception personnelle sur le mécanisme de production d'une foule de phénomènes cliniques et des lésions qn'on trouve à l'autopsie dans le typhus. Un fait capital et indéniable se détache de nos recherches: c’est le rôle important que joue l'intoxication dans le typhus exanthématique. La fièvre dure chez presque tous les malades en pleine épidémie 15 jours. Mais, tandis que chez les uns, ceux qui guérissent, on remarque une amélioration rapide de tous Les phénomènes dès que le malade entre dans l’apyrexie, chez d’autres, dont l’infection se termine par la mort, il apparaît dans le courant du second Ssepténaire fébrile des phénomènes toxiques inlenses qui se prolongent en S'accentuant après la défervescence. Le malade meurt la plupart du temps en hypothermie.
C’est cette phase toxique post-fébrile qui nous a conduit à attribuer un grand rôle à l’intoxication de l'organisme dans la production de la mort. C’est sur ce fait, qui nous a frappé dès nos premières recherches, que nous avons établi une classification des formes de typhus, c'est conduit par cette idée que nous Sommes arrivés à une méthode personelle de traitement que nous avons appelée méthode antitoxique.
Le traitement antitoxique à l’eau physiologique chlorée en injection intra-veineuse n’est appliqué que dans les formes hypertoxiques, caractérisées cliniquement par une série de symplômes el de signes qui les différencient nettement des formes légères. Ces dernières guérissent toutes seules et n'ont besoin que tout aw plus d'un traitement symptomatique. “Les résullats de cette méthode furent incontestables, d'autant plus évidents que leur appréciation est basée sur cer-
lains symptômes et signes sur lesquels on ne peut pas se tromper, et que le grand matériel que nous avons eu à notre disposition nous a permis d'exécuter toutes nos recherches avec témoins. La méthode antitoxique fût appliquée aussi par plusieurs confrères français ou roumains, dans différents hôpitaux ou en ville; leur résultats ne firent que confirmer les nofres. Nous citons parmi les publications parues sur cette méthode celle de MM. Vignal et Théodoresco, C. Alexandresco, À. Cociu, P. Stoënesco.
Nos résultats, ainsi que ceux de nos confrères, nous autorisent à affirmer que dans les formes très graves de typhus, et même chez les gens âgés, on n'est plus désarmé en ce qui concerne le traitement ; que le typhas exanthématique nest que très rarement mortel si on applique à lenps Le traitement antitoxique. Depuis, en effet, que nous appliquons couramment cette méthode, les quelques rares cas de mort que nous avons eus concernent, soit des malades chez Lesquels nous avons commencé les injections au dernier moment, Soit des exanthématiques qui ont succombé à La suite d'une complication survenue pendant la convalescence, septicémie streptococcique, tuberculose pulmonaire ou autre,
Avant de finir, nous tenons à remercier ici l’Administration des Établissements Brancovan qui nous a confié à lassy le Service de Contagieux et le poste de triage, et qui dans Les circonstances difficiles où La section mobile a fonctionné dans cette ville, a fait tout son possible pour nous faciliter l'exécution des recherches contenues dans ce livre.
Iassy, Mars, 1918.
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