‹ Le typhus exanthématiqueChapitre 50 sur 73 · FOUT · texte numérisé non relu

FOUT

49 Pour nous rendre compte de l’action du chlore sur Îles leucocytes nous avons fait dans un cas de leucémie des injections d’eau physiologique chlorée à la dose et d’après la méthode employée dans le typhus. Il s'agissait d’un malade de 45 ans, atteint d’une lymphocytémie. La nombre des leucocytes était ‘de 263.200 avant l'injection. Nous avons fait une série de 4 injections d’eau physiologique chlorée, une chaque jour. Le nombre de leucocytes ne diminua pas : il a varié entre 278.400

et 206.000. Le chlore n’a par conséquent aucune action des tructive sur les leucocytes.

5° Nous avons fait le traitement antitoxique dans deux cas de fièvre typhoïde, forme ataxo-adynamique ; les résultats furent des plus encourageants. Le nombre de leucocytes, au-dessous de la normale {4000-6000) s’est maintenu pendant le traitement dans un cas à peu près au même nombre, dans l’autre il augmenta même à 7.000. Dans un cas d’endocardite infectieuse gonococcique, nous avons employé le traitement à l’eau physiologique chlorée: son action fût nulle sur la maladie, et confirmait le manque d'action antiseptique prévu dejà dans nos premières recherches. La leucocytose à 12000 avant ce traitement, loin de diminuer, augmenta à 13.000 et à 14.000 après l’injection.

Tous ces faits démontrent que l’action du chlore sur la leucocytose n’est pas destructive, que la baisse de la leucocytose est un phénomène indirect.

La leucocytose élevée, tout comme les autres phénomènes cliniques décrits en détail plus haut, que l’état du liquide céphalo-rachidien et de la pression artérielle, n’est qu’un signe d'intoxication de l’organisme, de l’action des toxines sur les organes hématopoiétiques. Ces organes réagissent pour combattre l’intoxication en produisant un grand nombre de leucocytes. Nous considérons la leucocytose comme une réaction de défense de l’organisme contre l’intoxication. Le chlore en injection intra-veineuse a une action antitoxique très puissante et c’est d’une manière indirecte, en détruisant les toxines, qu'il fait baisser la leucocytose.

Pous instituer le traitement nous procédons actuellement de la manière suivante. Nous laissons les malades qui présentent une forme sérieuse de typhus jusqu’à ce que la leucocytose ait dépassé 20.000, ce qui se passe habituellement dans le courant de la seconde semaine, surtout à sa fin, mais aussi quelquefois laprès la défervescence. Nous ne commençons le traitement qu'à ce moment. Nous devons ajouter. que dans quelques reres cas où la leucocytose ne dépassait pas de beaucoup ce chiffre et où l’état général n’était pas très mau-

vais, nous attendions que la leucocytose arrive à 25.000 et dépasse même ce chiffre. Par contre, chez d’autres malades tout aussi rares qui présentent une petite leucocytose et qui sont dans un état général très grave, nous commençons Île traitement même avant que le nombre de leucocytes soit arrivé à 20.000. Chez ces derniers malades parmi les symptômes cliniques les plus importants au point de vue de l’indication thérapeutique, c’est le syndrôme des extrémités qui occuppe la première place. Une cyanose accompagnée de refroidissement des extremités est toujours d’un pronostic très crave et indique le traitement, même si la leucocytose est restée au-dessous de 20.000. Ceci se passe surtout chez les individus âgés. Nous pouvons dire actuellement que, si chez les jeunes c’est la leucocytose qui est le signe pronostique le plus important, chez les gens qui ont dépassé 40 ans, c’est le syndrôme des extrémités qui nous donne l'indication thérapeutique la plus précise.

Nous continuons chaque jour le traitement à raison d’une ou deux injections par jour d’après la gravité des phénomènes, jusqu'à ce que la leucocytose baisse vers 10.000 ou au-dessous, Nous interrompons alors le traitement, mais en continuant d'examiner le sang : si le nombre de leucocytes augmente de nouveau beaucoup, nous faisons encore une ou deux injections. Le traitement dure de 2 à 8 jours, rarement plus. Mais si on est obligé de commencer le traitement vers le 8-ème jour —ce qui est d'ailleurs rare — on est souvent obligé de le continuer pendant plus d’une semaine et même quelques jours après la défervescence, ce qui ne présente d'’ailleurs aucun inconveniént, Mais nous avons eu aussi des cas où nous avons considéré le traitement comme inutile après deux ou trois injections, d’autres, plus rares, où une seule injection a suffi pour sauver le malade,

Les dernières injections ont été faites quelquefois à la dose de 250 cm. c., mais cela nous est arrivé assez rarement. Comme on a besoin pour chaque injection d’une autre veine, on pré-

fère injecter à la fois 500 cm. c. du commencement jusqu’à la fin, pour ne plus avoir besoin de revenir.

Il arrive quelquefois que la leucocytose, descendue jusqu'aux limites normales à la suite du chlore, recommence à monter malgré que l’état général du malade reste satisfaisant. Une courbe qui monte dans ces conditions indique toujours une complication, Cette hausse leucocytaire ne nous intéresse plus

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