‹ Le typhus exanthématiqueChapitre 51 sur 73 · QUER]SON · texte numérisé non relu

QUER]SON

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au point de vue du traitement. (Fig. 75). Ne tenant plus à l’intoxication exanthématique, elle ne commande pas la reprise des injections de chlore. Chez un de nos malades le chlore a fait baisser la leucocytose de 60.000 à 12.000. Mais des abcès sous-cutanés de la face firent remonter la leucocytose jusqu'à 28.000 ; la courbe leucocytaire redescendit après l’ouverture des abcès. Chez un autre (Fig. 76) le chlore provoqua une baisse de la courbe leucocytaire de 26.000 à 11.400, mais une

otite double suppurée causa une élévation de la courbe qui redescendit immédiatement après la perforation du tympan.

Nous voulons insister tout particulièrement sur quatre points capitaux concernant la marche à suivre dans l’application de notre méthode :

1. /l faut commencer le traitement assez tôt, dès les premiers phénomènes allarmants. Cela se produit en général —

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mais pas toujours—vers la fin de la seconde semaine. Nous insistons spécialement sur ce point, car on envoie quelquefois le malade très tard, au moment de sa défervescence ou dans l’apyrexie, dans le coma. Il faut sans doute toujours essayer le traitement, même dans ces cas, car quelquesfois il réussit. Mais peut-on accuser la méthode d’être inéfficace si elle n’a pas été suivie de succès chez des malades de ce genre? Il est indubitable que non, car cette méthode n’a qu’une action

antitoxique et elle ne peut plus être efficace au moment où le virus et la toxine exanthématique ont dejà provoqué dans les organes des lésions incompatibles avec la vie,

Nous ne donnerons pour illustrer ce que nous venons de dire qu'un seul exemple, Nous avons insisté dans un autre chapitre sur le fait que Îles glandes surrénales présentent dans les formes hypertoxiques des lésions très intenses quiarrivent quelquefois à détruire presque complètement l'or gane, C'est un des mécanismes de production de la mort dans le tyhpus exanthématique. Et bien, si on commence le traitement par le chlore à un moment où les lésions de ces organes sont tellement avancées, le chlore peut par son action antitoxique empêcher que ces lésions progressent, mais, si ces dernières sont incompatibles avec la vie, le malade meurt, Nous pouvons dire la même chose des lésions nerveuses, :

Pratiquement nous sommes arrivé à peu près à la conclusion suivante: on ne peut pas dire dans un cas que le traitement a été inéfficace que si on a eu le temps de l'appliquer au moins 4 jours avant la mort du malade, par une ou deux injections par jour.

2, Il ne faut pas interrompre le traitement que si on constate une amelioration très pronnoncée de l’état du malade et que la leucocytose à baissé autour de 10.000. Tout cas de typhus mort ne peut pas compter dans la statistique de notre méthode si on a interrompu le traitement, même un jour.

3. IL faut continuer le traitement même si on a l’impression que les premières injections n’ont pas amené d’amélioration. Quelquefois, en effet, l’amelioration vient après plusieurs injections. Tout cas de mort chez un exanthématique traité par le chlore ne peut pas compter dans la statistique de cette méthode si la dernière injection a été faite plus de 24 heures avant la mort, |

4. Si la première injection n’amène pas une amélioration notable, si la leucocytose ne baisse pas ou trop peu, il faut faire deux injections par jour et ne revenir à une seule injection que si l’on constate à un moment donné un change-

ment important dans l’état du malade. On ne peut pas accuser la méthode d’être inefficace si on na pas suivie strictement cette prescription.

En résumé, pour dire que le traitement a été inéfficace dans un cas de typhus il faut: 1} l'avoir appliqué au rnorns pendant 4 jours avant la mort, 2) l'avoir appliqué tous les jours sans aucune interruption, 3) avoir fait la dernière in-

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jection 24 heures au plus avant la mort, 4) avoir fait deux ‘injections par jour de 500 cc. si la première injection n'a pas donné le résultat voulu.

Mais ily a encore un dernier point sur lequel nous tenons à insister. Nous avons démontré dans une communication antérieure que les exanthématiques meurent quelquefois par sép- “ticémie Secondaire, Surtout par streptococcie généralisée.

L'infection sanguine streptococique peut commencer très tôt, les derniers iours fébriles ou les premiers jours d’apyrexie. Mais elle survient quelquefois loin.dans la convalescence. Dans la première catégorie de cas la streptococcie ne présente pas de localisations, car le malade meurt vite; elle ne peut être reconnue que par l’hémoculture. Dans la seconde catégorie l'hémoculture est aussi positive mais le malade fait des localisations streptocociques. Dans l’un et l’autre cas la streptococcie est mortelle et le chlore ne peut pas la prévenir.

Si la streptococcie est précoce, le chlore, agissant seulement sur l’intoxication exanthématique, le malade meurt par infection secondaire ; la leucocytose reste sur place.ou baisse (Fig. 77). Si elle est tardive, le malade guérit par le chlore de son typhus, se remet les premières semaines de la convalescence, mais la septicémie streptococique commence une à trois semaines plus tard et emporte le malade. La leucocytose baisse dans ces cas sous l’influence du chlore jusqu’à la normale, mais remonte au moment où commence la streptococcie. (Fig. 78).

Ces faits nous démontrent que, pour avoir une statistique exacte de la mortalité par notre méthode, il faut toujours

faire l’autopsie de l’exanthématique mort malgré le traitement par le chlore; cela pour se rendre compte si ce n’est pas une septicémie secondaire et non pas le typhus qui a enlevé le malade. Si la chose est possible, il est encore plus préférable de faire l’hémoculture pendant la vie dans les cas suspects de septicémie secondaire. Si nous insistons avec tant de détails sur tous ces points c’est parce que, l'efficacité de notre traitement dépendant de lPobservation minutieuse et quotidienne de toute une série de phénomènes biologiques, il est indispensable de ne négliger rien de toutes ses prescriptions. Le médecin doit examiner soigneusement son malade, deux fois par jour, depuis le commencement de la maladie et pendant tout le traitement, car, comme nous l'avons dit plus haut, il est très important de surprendre le moment où on doit faire deux injections au lieu d’une seule dans la journée.

Nous recommandons beaucoup à ceux de nos confrères qui ont les moyens nécessaires pour faire la leucocytose, de l’examiner chez toute une série de malades légers et graves avant de commencer le traitement, pour se convaincre de son importance pronostique. Mais pour apprécier s'il y a ou non, une augmentation notable du nombre de leucocytes, il faut l’exécuter pendant toute la période fébrile et dans les cas graves aussi pendant l’apyrexie, Nous avons vu, en effet, des malades qui avaient au début une leucocytose de 6.000 et vers le 15-ème jour un nombre de leucocytes de 40 ou 50 milles.

Il est vrai qu’en temps de forte épidemie il est difficile de faire le traitement à tous les cas graves en établissant aussi la leucocytose tous les jours. Il est certain que de tous les détails de notre méthode, la leucocytose prend le plus de temps. Mais, si dans nos recherches, nous avons étudié de si près la leucocytose c’est aussi parce que nous voulions établir d’une manière précise la relation qui existe entre la courbe leucocytaire et la désintoxication de l’organisme par le chlore. On peut incontestablement appliquer notre traitement mê.ne si on est dans l'impossibilité d’étudier la marche de la leucocytose. On risque seulement de faire quelquefois le traitement

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d'une manière inutile, d'autrefois de le commencer trop tôt ou trop tard. Mais il est incontestable que, même si on se passe de la courbe leucocytaire, on peut sauver beaucoup de malades par le chlore.

Notre méthode à l’eau physiologique chlorée, constitue un traitement purement antitoxique. C’est pour la première fois qu'on injecte dans le sang l’eau chlorée ; c’est aussi pour la première fois qu’on essaie dans une infection un traitement antitoxique de ce genre et qu’on obtient des résultats si évidents (1).

Nous ne pouvons pas entrer ici dans l'étude du mode d’action du chlore comme antitoxique, mais il est probable que ce corps agit par son pouvoir oxydant énergique (2).

Nous ne pouvons pas dire pour le moment sous quelle forme agit le chlore, quelle combinaison il se forme dans le sang à la suite de l’injection de l’eau chlorée. Il nous semble cependant certain que le chlore n’agit pas directement, mais bien à la suite d’une combinaison immédiate qui se formerait avec les substances protéiques du plasma. Ce serait peutêtre des produits résultant de la substitution du CI à l’hydrogène du groupe Az H, contenant par conséquent du chlore lié à l'azote. Ne serait-il pas dans ce cas préférable d'injecter dans le sang non pas le chlore, mais bien des substances du groupe des chloramines? On pourrait peut-être de cette manière injecter des concentrations plus fortes, ce qui simplifierait de beaucoup la technique, Ces dernières substances pourraient aussi avoir une action antiseptique. C’est une simple supposition que nous faisons, car il faudrait voir d’abord si les chloramines sont injectables dans le sang et dans quelle concentration. Mais dans les conditions où nous sommes in-

(1) Quelques médecins anglais ont injecté dans les veines l’acide hypochloreux, prétendant avoir obtenu de bons résultats dans l’endocardite infectieuse. Nous n’avons rien obtenu avec l’eau chlorée dans un ces d’endocardite gonococcique.

(2) C’est une simple hypothèse que nous faisons là-dessus, car cette question demande certainement la vérification expérimentale.

stallés à Jassy nous ne pouvons, ni faire les recherches chimiques et biologiques préliminaires, ni fabriquer les chluramines. Ce fait ous empêche pour le moment d'essayer de perfectionner notre méthode.

Statistique. — Nous exposerons maintenant la statistique de Ja mortalité dans le typhus grave traité par la méthode antitoxique. Cette statistique ne représente pas la mortalité du typhus exanthématique en général, les cas légers y compris, mais seulement /a mortalité dans les formes hypertoxiques, c’est-à-dire dans les formes qui laissées sans aucun traitement se termirent presque toujours par la mort.

De 90 cas très graves de ce geure, nous avons perdu 8, ce qui représinte une mortalité de 8.8°/, des formes hypertoxiques. Si nous examinons de pius près la cause de la mort chez ces malades, nous voyons que la plupart ont succombé à des complications. Deux ont fait une sérepfococcie généralisée, demontrée par l’hémoculture et à l’autopsie : chez l’un la mort s’est produite quelques jours après la défervescence {1}, chez l’autre après une amélioration des plus nettes, le malade a fait trois semaines après une streptococcie généralisée. Nous insistons sur ce fait, car pour faire une statistique exacte de la mortalité, il faut faire toujours l’autopsie, ‘pour constater si c’est bien le typhus ou une infection associée qui a tué le malade. Un troisième, après avoir guéri de son typhus exanthématique est mort d’une preumonie pendant ia convalescence ; un quatrième fit une parotidite streptococique suraigüe, et mourut en 24 heures avec des phénomènes d’oedème de la glotte(2). Il n’y a que deux des 90 qui sont morts de typhus exanthématique, par l’intoxication exanthématique, sans infection associée, ce qui représente une mortalité de 2,,°/, des formes hypertoxiques. Et encore il faut dire qu’un de ces

(1) Voyez le chapitre des complications.

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