ème—15-ème jour. 38—395. L'état général du malade
- s'aggrave de plus en plus, la langue conserve le même as-
pect, l’obnubilation est plus intense.
Leucocytose sanguine (14 ème jour). 13.200, Mononucléaires . . . 23°|, (3036).
Polynucléaires . .. . 77°|s (T0764).
Cellules plasmatiques 396.
16-ème jour. 37 —37. État général très grave. Extrémités très cyanosées et froides ; elles ont ure couleur violacée. surtout les extrémités inférieures. Langue très sèche. Vasodilatation dc la figure très intense. Depuis une semaine le malade ne peut pas rester couché; cette position lui donne une sensation très pénible à cause de la congestion intense de la tété. sent sa tète éclater. Dans'icette position la fipure de vient encore plus vultueuse. [Il passe ses nuits dans la position assise. Congestion jleuro-pulmonaire droite. Pleurésie gauche avec liquide.
Leucocytose sanguine . . . 28.200.
Mononucléaires . . . 20°) (5640).
Polynucléairess 4 Re600%, (260).
Cellules plasmatiques S 46.
Liquide céphalo-rachidien légèrement xanthochromasique, forte réaction leucocytaire, albumine accrue.
l-ère injection d’eau physiologique chlorée de 500 cmc.
à 0.042 Cl}.
17-ème HN 365—38. Le malade se sent beaucoup mieux. Les extrémites sont chaudes et beaucoup moins cyanosées. C'est pour la première fois depuis 8 jours que le malade peut se coucher; la vasodilatation de la figure est, en effet, moins intente. Même état pulmonaire.
Ilème injection d’eau physiologique chlorée de 500 cmc. à 0.042 Cl’,
nr 38— 385, L'état du malade s'améliore de plus en plus. La vasodilatation est moindre, la langue est humide.
Le liquide céphalo-rachidien est incolore, mais donne encore la réaction de Noguchi.
Leucocytose sanguine + . . 8.400 Mononucléaires + « ..37 lo (3I061.
Polynucléaires . + . . 63/0 (5292).
Cellules plasmatiques . 210.
19-ème—22-ème jour. Le malade est hors de danger — l'état général est bon, les extrémités chaudes, la langue hu-
mide. La vasodilatation diminue de plus en plus. Fa temperature présente encore quelques oscillations au dessus de 37° à cause de l’état pulmonaire. Le liquide pleurétique gauche se résorbe petit à petit, le foyer de congestion du poumon
droit diminue de plus en plus.
Leucocvtose sanguine le 19-ème jour . 9.800.
Mononucléaires . + : 31°/o (3036).
Polynucléaires « + + 69"ls (6762).
Conclusions. Les phénomènes d’intoxication chez ce malade sont très graves vers la fin de la seconde semaine : langue très sèche, extrémités froides et très cyanosées, très mauvais état général. Les extrémités ont une couleur violacée. La leucocytose était montée vers le 16-ème jour à 28.200. La première injection provoque déjà une grande amélioration du malade. Le lendemain la vasodilatation ést moins intense, le malade peut poser pour la première fois la tête sur l’oreiller. Les extrémités se réchauffent et perdent petit à petit leur coloration violacée. L'état général du malade s'améliore à vue d’œil.
Il est à remarquer dans ce cas que la leucocytose a con tinué à augmenter malgré la défervescence, ce qui arrive dans presque tous les cas hypertoxiques mortels et qu’elle a diminué en 48 heures après 2 injections de chlore. La formule leucocytaire démontrait au commencement de la mononucléose, et vers le 15-ème jour de la polynucléose relative. Elle revient à la normale après le chlore. Les cellules plasmatiques ont beaucoup diminué, mais elles n'avaient pas disparu jusqu’au dix-huitième jour. Nous n’avons pas suivi l’évolution de la formule plus tard.
Le traitement a été commencé par conséquent une fois la période fébrile exanthémntique passée, à un moment ou tous les phènomènes graves ne pouvaient être attribués qu’à l’intoxication de l’organisme.
Il est encore à remarquer dans ce cas que, malgré une pleurésie avec liquide à gauche et une congestion pulmonaire à droite, le traitement n’a produit aucune complication pulmonaire et n’a pas aggravé celles qui existaient déjà chez le malade. Les complications pulmonaires ne constituent donc pas une contre-indication à la méthode. (Fig. 86].
Forme hypertoxique traitée par le chlorée. Guérison.
Obs. IX. —- Docteur S. V., 42 ans, entre dans le service le 4-ème jour de sa maladie: 39° de température, langue saburrale ; bon état général. Râles de bronchite.
Sème jour. 385—38?. Début de l’éruption, figure vultueuse conjonctives injectées ; 98 pulsations.
Leucocytose sanguine : . . 9000.
6-ème —8-ème jour. 38°— 39%, Figure vultueuse, bon état général, facultés intellectuelles intactes. L’exanthème s’est généralisé. Rate percutable. Pouls 120.
9Jè-me jour. 385—38°. Le coeur commence à fléchir. 152 pulsations, nombreuses extrasystoles. Exanthème violent. Deux injections de ?/, mgr. de g-strophantine cristalisée.
Leucocytose sanguine . + . 16.000.
10-ème—13-ème jour. La température se maintient aux environs de 39°, le rythme descend à 132, et ensuite à 116— 120 et se régularise sous l'influence de la strophantine, mais l’état général s'aggrave, l’intellect se voile, la langue se déssèche, la vasodilatation de la figure et l’injection des conjonctives augmentent. Le malade est dans l’inconscience complète le 13-ème jour. Congestion pulmonaire droite, Environ 0,50 ctgr. d’albumine dans l’urine.
14-ème jour. 375—38°, [Le malade est dans la coma, 40 respirations par minute, hoquet, mouvements désordonnés, tremblements des lèvres et des extrémités, soubressauts tendineux, cyanose des extrémités, qui son froides. Congestion pulmonaire droite. Pouls 120, à peine palpable. Langue très sèche.
Nous considérons le malade comme perdu.
Leucocytose sanguine . . . 32.000.
l:ère injection d’eau physiologique chlorée de 80 cmc’ à 0.09 CI
15-ème jour. 37°—38%. Le malade est dans le même état. Pouls 120 — très petite tension. Respiration : 40 par minute.
IT-ème injection d’eau physiologique chlorée de 300 cmc. à 0.05 Cl°/.
16-ème jour. 37°—585. La malade est plus révéillé, il nous reconaît, il repond aux questions. Langue humide. La carphologie est moins intense. Albumine diminuée dans l'urine. Extrémités chaudes et non cyanosées. Pouls 108, meilleure tension. Respiration: 30 par minute. |
IIT-ème injection d’eau physiologique chlorée de 450 à 0.05 Cl,
17-ème jour. 375 —385. Le malade a complètement repris connaissance. Îl cause. Plus de carphologie, les tremblements des lèvres persistent, Respiration presque normale. Phénomènes de congestion pulmonaire diminués. Pouls 108, meilleure tension. Traces d’albumine dans l’urine.
Leucocytose sanguine . . . 15.000.
Le malade continue à fébriciter encore pendant quelques jours jusqu'à la disparition complète de ses phenomènes pulmonairés, maïs il guérit, conservant encore pendant quelque temps une certaine tachycardie.
Leucocytose sanguine le 26-ème jour . . 6.000.
Conclusions. Phénomènes d’intoxication profonde commençant vers le 11-ème jour. État désespéré le 14-ème jour: hoquet, carphologie, inconscience complète, soubressauts tendineux langue sèche, cyanose des extrémités, 40 respirations par minute, leucocytose 32.006. Nous considérons le malade comme perdu. Il avait une congestion pulmonaire droite et 0,50 cgr. d’albumine dans les urines.
Craignant (c'était au commencement de nos recherches) l’aggravation de son état pulmonaire et rénal, nous faisons à la première injection 80 cmc.; mais trouvant sont état desespéré nous essayons le lendemain 300 cme. et le surlendemain 450 cmc. Résultats des plus évidents: le malade se réveille, les extrémités se réchauffent, la carphologie disparaît, la langue devient humide, le malade reprend complète connaissance et guérit. La leucocytose descend de 32.000 à 15.000 en 4 jours. Nous ne nous attendions pas à une baisse plus forte de la leucocytose car le malade présentait des complications pulmonaires, Aussi, malgré que la leucocytose était encore à 15.000 le 17-ème jour, l’état général du malade étant satisfaisant, nous interompons le traitement.
Cette observation est intéressante encore à d’autres points de vue :
1. Malgré l’insuffisance myocardique très intense, que le malade a présenté les derniers jours avant le début du traitement, nous n'avons pas hésité d’injecter le chlore. Nouvelle observation prouvant que l'insuffisance myocardique n’est pas une contre-indication à l'injection intra-veineuse de fortes HAE Le de solution chlorée. |
0. Le malade présentait 0,50 cgr. d’albumine dans l’urine Fe le traitement. Non seulement que le chlore n’a pas aggravé son état rénal, mais après quelques jours l’albumine à presque complètement disparu.
3°, Le sujet avait avant le traitement une congestion pulmonaire, lésion qui n’a pas été aggravée par l'injection de chlore ; les phénomenès pulmonaires ont disparu au contraire en quelques jours. |
Cette observation est intéressante aussi au point de vue de action de la strophantine cristallisée.
VIH Forme hypertoxique traitée par le chlore. Guérison.
Obs. X.—S. E., 45 ans. Température élevée depuis 7 jours, adynamie intense, langue sèche, conjonctives injectées. Exanthème plus évident sur le thorax et sur l’abdomen. Figure très vultueuse. Pouls 112; 4 extrasystoles par minute.
8 ème jour. 39:—40. Prostration plus intense. Pouls 116, nombreuses extrasystoles. Tension 8—5. Trois injections de strophantine cristallisée g. Merck à ?/,, mgr. chacune,
9-ème—12-ème jour. Température 38 —40?, Le pouls tombe sous l'influence de la strophantine à 108 et les extrasystoles disparaissent. Mais la langue reste très sèche et les extrémités deviennent bleues et froides.
12-ème jour. 39—39%. Très mauvais état général. Le pouls remonte à 128 (suppression de la strophantine la veille), ka laugue se dessèche de plus en plus, le malade présente des tremblements des extrémités, la figure est très congestionée, les extrémités sont cyanosées et froides. Intellect voilé.
Leucocytose sanguine . . . 28.600.
l-ère injection d’eau physiologique chlorée de 500 cmec. à 0.042 CI
Deux injections de g-strophantine crist. par jour.
13-ème jour. 39°—38. Même état. Pouls 96, régulier. Suppression de la strophantine.
Leucocytose sanguine . . . 17.200.
Il ème injection d’eau physiologique chlorée de 500 cmc. à 0.042 CI °/,.
14-ème jour. 38—38*. Le malade est beaucoup mieux, il n’est plus inconscient, les extrémités se sont réchauffées et la cyanose a disparu. Langue humide. Mais, par le fait de la suppression de la strophantine, le pouls remonte de 96 à 124 avec de nombreuses extrasystoles (une toutes les trois pulsations). Une demi-heure après une injection de ?/,, mgr. de strophantine, les extrasystoles ont presque disparu mais le rythme s'est très peu ralenti. Trois injections de strophantine par jour.
15-ème jour. Bon état général. Pouls 80, régulier, bonne tension.
Leucocytose sanguine . . . 8400.
Le malade guérit. Le pouls reste hypotendu pendent encore 2 semaines : la tension est encore après cette intervale à 10—7.
Conclusions. Phénomènes d’intoxication générale consistant en troubles nerveux, cyanose des extrémités, hypotension, phénomènes d’insuffisance myocardique pronnoncée, Amélioration des plus évidentes après le traitement chlorée,
Il est à remarquer que, malgré que le coeur était faible, l'injection intra-veineuse d'eau chlorée en grande quantité n’a pas aggravé l’état cardiaque : l'insuffisance myocardique n’est nullement une contre-indication à la méthode.
Cette observation est intéressante aussi en ce qui concerne le traitement à la g-strophantine cristalisée. Le coeur accéléré et très irrégulier le 8-ème jour se ralentit et se régularise les jours suivants grâce à la strophantine. Mais le pouls revient à 128 à la suite de la suppression de ce dernier mé-
dicament. Après 2 nouvelles doses il retombe à 96; on supprime: le lendemain le cardiotonique et le rythme revient à 124 et devient très arythmique. Après 3 autres injections en 24 heures il retombe à 80.et reste au-dessous de ce chiffre les jours suivants. En même temps il se régularise.
Forme hypertoxique traitée par le chlore. Guérison.
Obs. XI.—G. I, 16 ans, entre dans le service le 13 ème jour de sa maladie, dans un état de prostration intense. Inconscience complète. Exanthème généralisé hémorragique. Hémorragies sous-cutanées multiples. Pouls 06. |
14-ème--15 ème jour. 375—395. État nerveux de plus en plus grave, délire violent continuel, carphologie, langue très sèche. Pouls 108.
16-ème jour., 37—37?. Complètement inconscient, exanthème hémorragique intense, extrémités très cyanosées et froides. Pouls 108, petite tension. Langue très sèche.
F'eucocytose sanguine . . . 46.000.
Î-ère injection d’eau physiologique chlorée de 500 cmc. à 0.042 CT".
17-ème jour. Meilleur état général, le malade est plus réveillé. Les extrémités sont encore cyanoséeset froides. Pouls 108.
Ième injection d’eau physiologique chlorée de 500 cmc à 0.042 CI ‘+.
18-ème jour. Beaucoup plus réveillé, très grande amélioration de l'état général, extrémités chaudes, cyanose disparue, langue humide. Le malade est beaucoup mieux au point de vue nerveux, mais le myocarde fléchit : le rythme est à 132 pulsations, très arythmique.
Leucocytose sanguine . . . 11.600.
Trois injections de */, mgr. de g. strophantine cristallisée.
19-ème jour. Bon état général. Pouls 108, régulier. Les jours suivants le pouls se maintient entre 68 et 88, régulier. Le malade guérit.
Leucocytose sanguine . . . 6.200
Conclusions. Malade entré dans le service dans un état des plus graves; délire violent, inconscience complète, carphologie, extrémités cyanosées et froides, leucocytose de 46.000. Amélioration très nette après deux injections de chlore, en même temps que la leücocytose baisse à 11.600 et à 6.200. Nous considérions ce cas comme perdu au moment où le malade est entré dans notre service: le chlore a eu un résultat des plus démonstratifs. Il faut noter que la première injection de chlore fût faite le 16-ème jour, date à liquelle, malgré la chute de la température produite la veille, l’état d'intoxication de l'organisme était des plus graves et la leucocytose était arrivée à 46.000.
Cette observation est encore intéressante au point de vue des phénomènes d’insuffisance myocardique. Le coeur s'est très bien maintenu les derniers jours fébriles, mais deux jours après la défervescence le myocarde a brusquement faibli. Le rythme passa de 108 à 132 et devint fortement arythmique. Trois injections de g. strophantine cristalisée furent suffisantes pour ramener le rythme à 108 et le régulariser.
Forme hypertoxique traitée par le chlore. Guérison.
Obs. XII. — Docteur B., 37 ans, entre dans le service le 7-ème jour de son typhus. Conjonctives injectées, tâches type lenticulaire sur le thorax et l’abdomen. KRâles de bronchite.
7-ème — 15-ème jour. Température en plateau autour de 39°. L’exanthème se généralise et prend les caractères classiques. La figure devient vultueuse, les conjonctives sont de plus en plus injectées. fétai général se maintient bon les premiers jours, mais vers le 10-ème jour l’adynamie devient très intense. Prostration très a:cusée vers le 14-ème jour. Le pouls à 136 le 10-ème jour, revient à 116 après quelques injections de strophantine cristalisée.
Le 11-ème jour. Leucocytose sanguine . 12.800. Mononucléaires. . . 39 Polynucléaires . + . 60,50.
Celulles plasmatiques 0,7°/;
Le 14ème jour. Leucocytose sanguine . 17. 200. Polynucléaires . . . S5°l Cellules plasmatiques Fo
14-à -ème jour. 37-—37!, État général plus grave que les jours ‘précédents. Délire continuel, inconscience “complète, mouvements désordonés, langue très sèche, extrémités inferieures froides et cyanosées.
17-ème jour. Matin. — Inconscience complète, delire continuel. Pouls 120, petite tension.
Leucocytose sanguine . . . 29.200.
# Q 1) Mononucleqires 42418670:
Polynucléaines +5,32 Cellules plasmatiques 34,1%.
I-ère injection d’eau physiologique chlorée de 100 cmc. à 0,05 CI Se
Ée- soir! le Habite est plus réveillé, il nous reconnaît, 1l'répond à nos questions. |
18-ème jour. Le malade est calme et presque complète- . ment réveillé. Pouls 108, meilleure tension. Les. extrémités . sont chaudes et ne présentent pas de cyanose.
Il-ème injection d’eau physiologique chlorée de 140 cmc. à 0,05 Cl°/,.
19-ème jour. 36—365. Le malade est très calme, il répond à nos questions.
20-ème jour, matin 36—36°. Délire violent toute la nuit; il est tres agité, complètement inconscient. Pouls 120.
III-ème injection d’eau physiologique chlorée de 150 cmc. à 0,50 Cl’.
Le soir: beaucoup plus tranquille, plus réveillé.
21-ème jour. Température 36—36?, De nouveau agité pendant la nuit. Pouls 120.
IV-ème inject'on d’eau physiologique chlorée de 300 cmc. à 0,40 Cl'/.
Le soir: beaucoup plus tranquille.
V-ème injection d'eau physiologique chlorée de 150 cmc. à 0,05 Cl”.
22-ème jour. 36:—361 Te malade a été calme toute la nuit; le lendemain il se sent mieux, l’état général est très ‘bon. Toutes les facultés intel.ectuelles sont revenues. Il garde encore un certain tremblement dans la parole, qui disparaît les jours suivants. Pouls 80, bonne tension. Langue hnmide.
Leucocytose sanguine le 23-ème jour . 7.200.
Mononucléaires . . . 38%, PolVaucliaires oi #02 Celulles plasmatiques o.
Conclusions. Les phénomènes toxiques commencés déjà dans le courant de la seconde semaine, s’accentuent surtout après la défervescence, la prostration augmente, le malade devient complètement inconscient, est très agité et a le délire, présente de la carphologie; les extrémités sont froides, la langue est très sèche. Le nombre des leucocytes enfin arrive le 17-ème jour à 29.200.
Il est très intéressant de voir dans cette observation l'effet surprenant de l’eau clorée sur les phénomènes nerveux. Mais l'effet est passager dans cette observation, car la dose est trop petite. Nous étions encore à cette époque dans la période de tâtonnements et, malgré que des doses beaucoup plus fortes s'étaient montrées complètement inoffensives, nous n’avons osé faire à ce malades que de petites doses. On constatait une amélioration sensible quelques heures à peine après l'injection, mais la dose était trop petite, l'effet ne se maintenait pas et les phénomènes nerveux recommençaient. Une nouvelle injection provoquait de nouveau une amélioration très manifeste. Ces changements dans l’état du malade étaient tellement évidents, que sa femme qui le soignait l'avait très bien remarqué, et que c'était elle qui nous demandait chaque jour à recommencer le traitement et à augmenter la dose,
Ainsi, le malade était complètement inconscient et dans un état général très grave le 17-ème jour. Les extrémités étaient cyanosées et froides. Nous pratiquons une première. injection
de 100 cmc. d’eau physiologique chlorée. Le soir déjà il est plus calme et plus réveillé, les extrémités sont plus chaudes et la cyanose avait disparu. Nous répétons l'injection le lendemain matin en augmentant la dose (110 cm). Le calme se maintient jusqu’au lendemain, le malade se réveille de plus en plus, il répond aux questions, il nous reconnaît, Nous supprimons ce jour là le traitement, mais le malade présente la nuit une agitation intense, et tombe dans le même état d'inconscience qu'au début du traitement. Nous lui faisons 150 cmc. d’eau chlorée et le soir déjà il est beaucoup plus tranqgnile. Mais la dose est trop petite car la nuit suivante le malade est de nouveau agité et a le délire.
Influencé aussi par son entourage, qui nous demandait à tout prix d'augmenter la dose, nous injections 300 cmc. d’une dilution légèrement plus faible (0,04 cl-°/,). Le soir le malade était très calme, presque complètement revenu de son état d’inconscience, ne gardant comme phénomènes nerveux qu’un certain embarras dans la parole. Malgré cela, de peur que Îles phénomènes nerveux ne recommencent, nous faisons ce jour là une dernière injection de 150 cmc. d’eau chlorée.
Nous avons plusieurs observations de ce genre datant de l’époque ou nous tatonions encore sur la dose à injecter en une fois, et où nous faisions de petites quantités (109 à 300 cc.) Le résultat immédiat était très manifeste, mais il ne se maintenait pas: 12 à 24 heures après avoir supprimé le traitement, les phénomènes toxiques recommençaient. L'effet se montra au contraire beaucoup plus durable avec la dose de 500 cc, à la fois.
Ce cas démontre d’une manière très évidente le rôle de l'intoxication de l'organisme dans le typhus: malgré la chute de la température (le 16-ème jour), les phénomènes n'ont fait que s’aggraver en pleine apyrexie, en même temps que la leucocytose augmenta de 17.600 à 29.000 le 17-ème jour. Le traitement, commencé en pleine apyrexie (le 17-ème jour), fit baisser le chiffre de la leucocytose à 7.200 le 22-ème jour.
La formule leucocytaire présentait une mononucléose relative de 61°, avant le traitement; elle était près de la normale après le chlore. Les cellules plasmatiques ont disparu après ce traitement.
Fermé hypertoxique traitée par le chlore. Guerison. |
Obs. XIIIL.—C. G, 42 ans, entre dans le service le 9-ème jour de sa maladie : température 38*, mauvais état général, conjonctives très injectées, langue sèche, exanthème généralisé intense. Râles de bronchite.
10-ème jour. 38°—385. Tremblements dans les extrémités et les lèvres. L'intelect commence à se voiler. Pouls 120, tension artérielle 9—5!"/,. Figure vultueuse, langue très sèche, exanthème de plus en Te intense. |
11-ème—13-ème jour. 385—39?. Inconscience complète. Carphologie, Pouls 112—116. Tension artérielle 8'/, —7. Très mauvais état général. Langue très sèche. Jiquide céphalorachidien xanthochromasique.
14 ème jour. 375—385. ‘Très mauvais état général. Inconscience complète. Extrémités cyanosées et froides, langue sèche, figure vultueuse, conjonctives très injectées. Pouls 104. Exan- ‘ thème hémorragique intense.
Leucocvtose sanguine . . . 15.800, Mononucleaires . . : 48%; (6.584).
Polynucléaires . . . $2°/) (8.216).
Cellules plasmatiques . 474.