AU LECTEUR
l«a podRîoH que j'ai oecupée pendant de longues années, et jusqu'à la guerre actuelle, auprès d'un grand seigneur russe, — moins connu par ses immenses richesses que par son goût pour les préoccu- '*|MÉiiMiJatfaÉalii§Hice, et dant on peut dire comme de.Byron « que ses pensées m ÂkmèieiU^pûiul^ }^ — Ciitté positièn, dis-je, ni*a mis en contact continuel
avt'c les hommes et les choses rie la Russie, — avec les hommes officiels cl les choses officielles surtout.
Ce livre n*esl donc point une œuvre de fantaisie, mais le résultat d'études sérieuses, — faites surplace, à diverses reprises, dans les meilleures condition^ pour voir et savoir.
Un écrivain distingué, auteur de travaux remar^ quablcs sur la Russie , m'écrivait dernièrement : — " « Je pense quelquefois qu'avec tout ce que vous « savez de la Russie , vous pourriez tjpurnir des no- « lions précieuses au public ; dans le temps qui « court, ce serait un service à rendre à la littérature « et à la presse, qui enregistrent tant d'erreurs, tant « d'ignorances sur ce pays. »
Une pensée, analogue à celle qui inspira ces lignes, m'a mis la plume à la main.
On a énormément écrit sur la Russie depuis deux ans ; — la guerre actuelle a fait éclore des milliers de volumes, auxquels l'Occident a du de voir s'abaisser, en partie, cette innnense muraille qui lui cachait les sleppes moscovites. Mais si ces publications ont dissipé bien des illusions, elles ont consacré, en môme temps, bien des idées fausses. C'est le tort des livres faits sur des livres. L'erreur imprimée se réimprime.
el^* passant d'une plume à Taulre, ùaii par tomber dtDS.Ie domaine commiln des Eaits reçus. Cet aUiage
" • remplit malheureusement Thistoire humaine. L mtui- . lion du talent, — si vive qu elle soit, — ne su|^pléera
* " jamais la pratk|iieintimede8 hommes et des choses". Il semble, d'ailleurs, que dans les publications que lao» tualité a l'ait surgir, — soit des méditations du cabinet, iMt d'impressions locales, — on s'est trop attaché ani surTaces , à la Russie artificielle et théâtaale , et pas assez à la Rus|ie vraie; qu'on n'a pas, notamment, aetordé assez d*idiporlance au grand mouyement d^pcit qui a été Tune des causes de la guerre actuelle, et qui est resté la plus vive préoccupation, le principal 'danger du pouvoir, méiM après les grai^ édiffiGA militaires et diplomatiques qu'il vient de siibir • J apporte, — à ce point de vue surtout, — des idées BûiiTeUaB, dea faits nouveaux. Si je n'avais posisédé des matériaux de ce genre^ préparés par douze années passées dans un milieu russe, si je n'avais eu la certitude d'apimndre quelque chose, mdme à ceux qui ont lu (en admettant la possibilité d ua^ formidabie • courage) tout ce qui a été écrit à propos de la crise emstrie, je n'aurais pas publié ce livre.
lie tzar Nkolas a été l'objet de beaucoup d'appré- .
cialions diverses» liàtiveSt et, à quelques exceptions près, outrées dans Téloge comme ààm le blftme. Des données identiques ont fourni, dans coadeux directions opposées, matière à des jugemeuls qui ne dilTéraienl que par la forme du style et la miinière propre à chaque écrivain. .
J'ai l'espériUîce, je dirai |)resque la certitude, d'avoir àjpnté quelques traits à la physionomie de -ctH homme extraordinaire , sinon par sa vertu et son génie, du moins par son audace 1 1 son gigantesque
orgueil. • • - *
Je ferai la même remarque touchant les hommes d*Êtat, de guerre et de cour, dont il est parlé dans la seconde partie de cet ouvrage. — Je n^ai pas dit sur ces personnages tout ce que je savais, mais seulement, |)armi les faits venus à ma connaissance, ce qui n'avait pas été dit avant moi, et qui m*a paru digne de l'être. . .
IjOS convenances et la volonté de ne nuire à personne m'ont oMigé de taire, relativeiBeiit à plusieurs individualités saillantes , beaucoup de particularités curieuses, appartenant, de droit, à Thistoire contemporaine. Pendant Timpression même de cet ouvrage, j'ai dû, sur do pressantes instances, que d'anciennes
cl aiilicalei» ivlatious ne uie licniieltaieiit pas de récuser, — reirancher du texte dÎTers articles, applicables à la violente •ppression qui pèse sur certains lueiiibres de la noblesse russe. Des lacunes legreltables se trouvent ainsi ^ forcément, introduites dans la , partie biographique et anecdotique de ce livre. ~ L avenirles combina.
. PRËMlÈRE. PARTIE.