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Alexis Orloff |iarlil pour œtte ville sous un déglrise-
• mont, se mit en rapport avec raventurier Ri bas et une courtUaue, femme d'un consul anglais, et, leur entremise, parvint à faire la ^nnaissanoe de la prineesse. Orluff la séduisit, la trompa par un mariage simulé, et l'ayant ensuite menée, en fiussie, il la livra a Catherine, qui la fit jeter dans une casemate de la forteresse de Pétersbourg. Elle y resta dix ans, et y périt noyée, lors de la terrible inondation de 4777.
11 y eut un eomplémenl providentiel au. drame sanglant de la vie d'Orioff, — un de ces épilogues inattendus i qui se forment, éclatent et passent comme une Irontbe sur les hommes coupables. Paul V% k son avènement» ordonna la translation des cendres de Pierre III, -du cm» venide Saini-Alexandre Newskià la. cathédrale de Saint- Pierre et Saint-Paul ; il convia à cette cérémonie' ixpiatoire les derniers assassins de son père, restés vivants, Alexis Orloff et Uaratinski. ïous deux durent suivre à pied, tète nue, au milieu d'un foule immense et muette, le corps de leur victime, portant les coins du poêle qui le recouvrait. Paul P' mmrchait derrière, les yeux Bxésaur leurs visages pâles * 1... , . , •
• Je tiens de mon père, qui i'réquenla lonjileiupti la cour de Callicrinc, comme envoyé du gouvernement français, le fait suivant , dont je n'ai trouvé mention nulle part :
Grégoire Orloff avait reçu fe droit de porter le portrait de Catherine à sa boutonnière. La mène ftivenr ftit odroyée è Alesia, après la bataille de Tchesmé. Ge)ui-ci acheta d*un juif un diamant énorme,
Lt TZAK MCOLAS.
Le fomle Alexis Orluff est l'un des c|uaire enfants nnlurels lie Fœilor Orlofl. C'est le favori en litre depuis ^in^'l-cinq ans.
(Jiargt* de la direction fj'énérale de la police, on conçoit ais4'4nent quelle autorité incombe à riionime qui dispose de la formidable action d'une surveillance qui enlace le pays tout entier dans ses ramifications innombrables, — (|ui suit le général en croupe, — veille dans le cabinet du ministre , — emplit la cliaucellerie de l ambassadeur, — doi1 sons le même toit que le gouverneur de province, — se tient invisible et debout dans la cabane tlu |»aysan, — dans le cbàteau du noble, — dans la cellule du moine, — derrière l'autel où le prêtre officie.. . et a une grande partie de la nation, — toute lu Russie oflicielle, — |>nur auxiliaire et potir complice.
iNul n'est plus craint que le comte Orluff, — si ce n'est le tzar lui-même. — Cette impression tient autant au caractèn' de riiumme qu'à celui de ses fonctions. Le satrufte, comme on Tappelle à Pélersbourg, est doué d'une brutaliti' organique qui effraye ses inférieurs et irrite ses égaux. C'est le seul personnage, dans l'empire, qui puisse se vanter d'être plus insolent que le prinCrC Menscbikoff, ministre de la marine, dont les bauts faits
qu'il lil creiisU) cl «luus lequel il pUiyu le poi lruit de la l/ariiie Paul, à son avéïieineiil, lui lit deniuuder ce bijou, y rempinça l'efligie de sa mère parcelle de l'icrre III, el le renvoya à Alexis, avec ordre de le poiier ainsi jusqu à sa inorl
en matière d'arrogance sont de notoriété universelle. Le comte Orloff a une ambition calme, un désintéressement connu, un amour du repos excessif. On peut dire du favori de Nicolas ce que Figaro disait de Iniméme: « Paresseux avec délices , )) 11 passe une grande partie de Tanm'e à Slrelna, villa imp^Tiale, située entre Pétersbourg et Péterhoff, dans les douceurs d'un farniente iKToïque, et se reposant, pour l'expj'dition des affaires, sur deux collaborateurs également actifs, sa femme et le lieutenant général Doub'lt.
La comtesse Orloff, n<v Gérebtzovv, pense, parle, écri! et agit en homme. S'il y avait un Nu ma à h'terlioff, elle, en serait l'Égérie; mais, bien que ses conseils soient souvent demandés, ils sont raniment suivis. Klle a fait IT*ducation de son fils, jeune lioinnie accompli. Elle sert aussi de secn^taire intime à son mari, et, dans cette incessante collaboration, elle apporte, avec une intelligence ^ aussi développée, une raison supérieure et une délicîilesse de sentiments et de pensées qui révèlent la femme, même sous les formes arrêtées des inspirations les plus viriles. Madame Orloff est un apotre fervent du droit divin ; elle pousse aussi loin que possible Tamour de la légitimité: mais si vive que soit sa foi, (^le a trop d'esprit pour ne pas comprendre qu'il faut tenir compte des nécessités des temps, et qu'on ne saurait gouverner contre et malgré l'esprit du siècle. Son culte du passives! un regret, plutôt qu'un système et qu'une espérance. Le général Doubeit est le bras droit du comt^» Orloff.
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Doué d'une activité et d*une puissancè de travail incomparables, il remplit sans efforts les fonctions les plus pénibles, les plus déeriées et les plus laborieuses. C'est i lui que revienneul direclement, c^tnimechef en second de la gendarmerie (le comte Orioff est le cbef en premier), toutes les hautes mesures de police; mais c^t homme, — chose rare, — s*est montré moins mauvais que sa position. Il n'a pas fait tout le mal qu'il eât pu réaliser, et il a trouvé nio\ «m plusieurs fois de faire le bien qu i! n'avait pas mission d'accomplir.
Ce fond de bienveillance, dans un poste de janissaire, l'a ruiné dans l'esprit du tzar, qui ne l'aime point, et le supporte seulement par condescendance pour son favori.
Quelques personnes, très-judicieuses d'ordinaire, pensent pourtant, à Pétersbourg, que cet air de bonnasserie du général n'est qu'apparent, et qu'il est prudent de ne pas s'y fier ; — que c'est un de ces hommes qui vous exécutent poliment avec un sourire, en y mettant les formes; — que Nicolas est un Louis \1 tartare* Orioff un Tristan l'Ermite, et Uoubelt un Quatre- Echelles, doublé de Petit- André. En consignant cette impression^ je me bâte d'ajouter que je ne la partage pas; j'ai beaucoup connu le général Doubelt, et rien dai^ sa conduite n'a pu infirmer la bonne opinion que jr me suis formée de sa personne. Il y a sans doute de tristes actes à signaler dans cetti^ existence, mais la responsabilité monte plus haut, lie bourreau n'ast pas coupable d'assassinat parce qu'au
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nom do la justice il sépare le tronc do la téte. Il fait un exéerable métier, voilà tout.
Les derniers événements ont porté le trouble dans les positions les plus élevées. Le crédit du comte Orlaff luimême en a été ébranlé. Comme tous les hommos politiques cfe son pays, — y compris celui qui dirige depuis tant d'années les affaires extérieures avec une habileté si cauteleuse — le comte Orloff, sans sortir du rôle de Tobéissance passive, s'«st montré peu sympathique à la^ guerre actuelle. Peut-être sa répu^ance a-t-elle été influencée par sou apathie naturelle ; mais cette opposition tacite n'en fut pas moins une preuve de bon sens et do courage. Le comte Orloff n'a accepté avec empressement sa missiim à Vienne, que parce qu'elle était d'une nature temporisatrice, et qu'il espérait en voir sortir ou la paix, ou une alliance dissimulée sous le nom de neutralité (Voir la note K), et sente propre à donner à la Russie, dans la guerre, si elle devait se poursuivre, toutes les chances qui, sans elle, lui font défaut. Il a échoué, et on lui en a voulu, comme on en Veut à M. de Mevendorff de son impuissance, à MM. Kisselefi et Brunow de leurs illusiens, à N. de Nesseirode'de Tinsuccès de ses circulaires, au prince Paskéwitch de sa retraite et peut-être de sa blessure. Un homme comme le tzar ne tient nul compte des causes ; — il ne voit que les résultats, et règle sur eux la faveur ou les disgrâces. '
' L'arcbi-ciiaiicelter, eomte de Neaselnode.
Personne ne donte, cependant, que le eomte Orloff ne regagne k terrain perdu. Son esprit dëlerminé convient an tiar, et Tabsence de tous scrupules dans Texécution
des mesun^"^ (ixuômes le rendra toujours indispeu- * solfie.
Le c/)mle Orloff est ineapahie de conseiller le mal à son maître, et plus incapable encore de lempôcher de le faire» lorsqu'il l'a résolu, l/obëissancè dies lui peut aller jus- • la l< roriie. Son, propre frère , le général-major Michel Orloff, homme d'esprit, de talent et de caraetére, marié à la fille du gim^'ral Raïefski , en est le trop éloquent témoignage. Michel Orloff se signala pendant les guerres de l'Rmpire; il signa la capitulation de Paris, et fut, pendant tout le règne d'Alexandre, un apôtre fervent des réformes. Vers- 18t7, il créa àTét^beurg «ne socit'té secrète, dont le but était de mettre un terme aux cancumom et autres alm qui s étaient qiméê dans Fadminutrutimi intéiieure de la Russie, Cette société se fondit plus tard avec celle de ïUnUm-du bien pubUe, dont Pestel était Tâme. L'insurrection de 1825 trouva Michel Orloff dans ses rangs. Conduit, devant Nicolas, il refusa toute explication, et fut exilé. On lui interdit le séjour des deux capitales. Trente ans se sont écoulés depuis, sans que cette situation se soit modifiée, — sans que le tout- puissant favori ait osé élever la voix • en faveur de son propre sang, — le meilleur, le plus noble qui ait jamais coulé dans les veines d'un homme portant le nom d Orloff.
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Divers ëcri vains, M. Je Cuslioe entre autres ont fait peser un soupçon grave sur Thonneur du oomle Alexis. . On pr^'ioiul qu'il a poussé le zèle jusqu'au crime, le séidisme jusqu a 1 empoi^noement. Nous ne pouvons, en Tabsence dé preuves, ni admettre, ni repousser cetle imputation. Pour tHre juste, il suffit de la mentionner. . U maréchal Diébitsdi marchait sur Varsovie (1831) \ la Pologne armée, l iicroïque Pologne, la fille de Kosciuszko, lui barrait le passage. Ostrolenka avait laissé la fortune * douteuse; Tarmée russe sVtonnait de cetle résistance, le tzar s'en effrayait, Tiiiurope applaudissait. On soupçonna une complicité latente. Le comte Orloff fut chargé de faire une enquête ; il vil Diébitsch, — et Diébitsch mourut subitement ; il vit \e grand-duc Constantin, — et le grand-duc Constantin mourut subitement. Cette doubk' coïncidence fut remarquée, signalée, interprétée, jugée. On parla de choléra et de suicide pour l'un, — de choléra pour lautre, — de poison pour tous deux. — Le soupçon monta du serviteur au maître, du bras à la tête, et y resta. 11 y est encore.
Le tzar n exige de ceux qui le servent d'autre mérite que la soumission, d'autre devoir que Tobéissance. C*est
• On lit dans la fta««»> en 183U, le passage suiviint .
« On peut voir tous les jours, à la cour de l einpereur Nicolas, un grand seigneur, «irnominé loiit bas VemfMûonneur, cl qui plnisanle de ce flobriqiiel. »
m LB TZAR NICOLAS.
ce qui explique la haute fortuoe du comte Orioll, et aussi, fM>urquoi des hommes, .<up(irieurs pàr la noblesse
du caractère, la trempe de Tesprit, les avantages de Vé-
ducalion, mais auxquels manquait cette éternelle et complaisante dociliti', n'ont pu soustraire l*Hir fortune aux Huctuatioûâ du capriee, on sont demeurés, rivés à des positions subalternes. '
Le baron de Lowenstern, le général Mouravieiï, ie prince DémidofT, et, dans- une plus large sphère de pou^ voir et (le célébrité, le prince Paskéwilch et le comte Worontaoff, témoignent, à des titres divers et avec des nuances participant de Tindividualité propre, de cette vériu^