‹ Le tzar Nicolas et la sainte RussieChapitre 32 sur 42 · SCHISME GREC · texte numérisé non relu

SCHISME GREC

La question religieuse joue un rôle trop imporlanl d«ns 1^ eoDflit oriental, sinon oomme cause efficiente, du moins comme prétexte d*action, pour qu'on ne soit pas curieux de remonter aux causes de la séparation des Églises latine et grecque.

Cette scission date dn neuvième siècle ; elle se produisit 80Ù8 le rôgne de Michel lli, dit YIvrogne. Bardas, oncle de Tempereur, ayant é[)Ous(' sa licllc-sœur restée veiive, le patriarche de Constantinople, Ignace (saint Ignace), faitoraMc à la suprématie de TÉglise latine, attaqua ce mariage avoc violence. 1/ompei eur, irrité, l'exila dans une ile de la Propontide. — Pliotius, neveu dcL Bardas, ancien ambassadeur en Perse, et premier secrétaire de rempereuTy — que son savoir avait rendu C'ëlèbre, et dont lè dévouement à FÉgUse grecque était connu, fut, bien que laïque^ porté au patriarcat de Con&tantinople en 857, après avoir reçu tous les ordres en six jours.

Cette substitution donna Imw à une vive querelle.

m APPENDIGB

Le pape Nicolas I*' se déclara pour Igtiaee et analhé-

matisa Pholius.

De son côté, Photius assembla un concile des évéques d'Orient (858), qui excommunia le pape et prononça sa

déchéânee.

Un autre concile œcuménique publia les chefs d'accusation de l'Église grecque contre l'Église latine. Le principal s'appliquait au dogme : — Que le Saint Esprii procède du Père et du Fih.

L empereur Michel étant mort, Basile 1", son successeur, déposa Photius et rétablit Ignace sur le siège pontifical. Ce dernier l'occupa jusqu'à sa mort (877.) Condamné par plusieurs conciles, Photius déclara une guerre ouverte à l'Église latine; on l'excommunia de nouveau, et ses livres furent brûlés.

Les entreprises des rois de France contre l'empire d'Orient contraignirent Basile à se montrer moins hostile à la faction grecque. La réaction alla, jusqu'au rétablissement de Photius sur le siège pontifieyl. Dans un concile de trois-cent quatre-vingts évéques, qu'il présida, en qualité de chef de TÉglise grecque, — indépendante de 1 Église latine, — on confirma la profession de loi, conforme au symbole de Nicée et de Constanlinople. L'anathéme fut déversé sur ceux qui en retrancheraient ony ajouteraient quelque chose, — ce qui impliquait la condamnation deTÉglise latine, qui avait inséré dans ce symbole ; — Filioque, — pour marquer que le Saint Esprit procède du Père et du Fils.

APPEI^DKIE. 209

A 1 avènement de Léon le Pliilosophe, Qis de Bdslle, Photius fut déposé. Il mourut en.^il, dans un couvent d'Arménie, en 89i.

Ses écrits furt^nt publiés après sa mort par le patriarche Sisinnius.

Cerularius, archevêque de Constantiuople, réalii>ay au onzième siècle, la pensée développée par Photius au neuvième. Il consomma, parla fermetunî des églises callio- IPques, le schisme d'Orient.

L'excommunication dont Cerularius fut frappé par le pape Léon IX, en 10o4, ne modifia point cet état de choses. <

J)es efforts, tendant à la réunion d.es deux communions, furent tentés à diverses^ reprises, et sans .succès, par l'empereur Michel Poléologue, au ireizièmc .sit-cle.

En 1458, sous le règne de YassiliUI, surnommé Tenifiùi {Vaveiigle), le concile de Florence, à l'instigation de l'empereur de Cionstantinople, reprit l'œuvre de cunci- Uation, èntreprise par Michel Paléologue. Isidore, métropuliiuin de Moscou, se rendit à ce cencile. reçut du pape Eugène IV la pourpre romaine, le titre de légat a latere des ÉgKses du Nord, et, à son retour à Moscou, proclama l'union dans la cathédrale Ûuspenski, (1439). Mais ni le clergé russe, ni le graiid prince ne voulurent sanctionner ci'iie réconciliation. Isidore fut dépose, et renfermé dans le couvent de Tchoudoff, d'où il parvint à s'échapper quelques années plus tard, pour se rendre à Uome.

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370 APPEUDieS

Les malheurs dont l'Église grecque fut accablée au

quinzième siècle, la prise ck CoD&iaDtiiiople par M^iiomet 1( •et la chute de lempire chrcUeu .E^ëteiguîreni pas celte longue querelle; elle survécut et survit encore dans la séparation complète des .deux Églises.

En^s'isolant de I K^Iise romaine, le schisme grec ir*avait emporte que la. tradition : privé de Tesprit, desséché pjir tes formes, il ne sut pas jieurrir 1^ peuples; il ne s occupa ni de la raison, ni île la conscience de son troupeau ; il n'eut ni théqlogie, ni prédication : son rûie fut p«»rnicîeux souvent, stérile toujours. Les vices de ses ministres déshonorèrent 1 épiscopat. Aous empruntons à H. Goloviue le fait suivant, qu'il a emprunté luinnâme au Voyage d'Oléaviiia.

A Nowgorod, un prOtre, sortant du cabaret, s'approcha

du logis de c<H ambassadeur, et voulut donner la bénédiction aux strélitz de garde à la porte ; mais, en levant U main el en faisant rindiiiation, sa tête, chargée dos fumées du vin, se trouva si pesante, qu'elle emporta le i*e$te du corp». T40 prôtre roula dans la boue; les strélitz le l elevèrent a\ ei' nispect, et ne. laissèrent pas de recevoir cette bénédiction crottée comme une chose fort ordinaire.

- Les Grecs font le si^'ue de la croix de droite à gauche; leurs prières publiques.sopt plus longues que celles des catholiques. — Ils observent quatre carêmes. En- temps oniinaire, on n oflicie qu'une fois dans les églises russes, doux fois les jours fête. liCs images, la musique, les cloches en sont exclues.

APPENDICE. 97i

Toutefois, dans la forme de culte, comme dans le

fornl de la doctrine, — les différences entre les deux contmunions sont peu sensibles. — Elles ne motivaient nullement une séparation, et si les patriarches de Constantiuople s'en serv irent pour l'effectuer, c'est que leur ambition aspirait déjà aii patriarat universel.

I/Kglist? grecque fut punie de son orgueilleuse défection par un abaissement horrible.

Ce cadavre, orné de barbes et de chasubles, qui ne savait qua murmurer, d'une voix monotone^ :>o.n étt^rnel Goapodi pamilmd (Dieu, ayez pitié do nous), tomba sous la main ih' Pierre t ', qui remplaça le palriardie de Moscou, — un homme qui jouait au lama, par une

confrérie de i miels, n[)pel»''o le Saint-Synode, et plaea, comme intermédiaire eotrc cette assemblée et le tzar, un officier de cavalerie.

Aujourd'hui cette nialli<'ureuse Église, — privée de foi, de dignité, d'onction, de force, de liberté, de prédi* cation, — se pose ouvertement comme l'heriiière d«' TKglise romaine, dont renseignement fut si longtemps rhrnR9ur de Vesprit humain. Elle prétend réaliser Tunité catholique, que cette dernière a été impuissante à accomplir. Ellé répète, à qui veut les entendre, ces paroles (lu mailre ; u Venez à moi, et je vous délivrerai. »

Le clergé russe, qui n'existe pas vhez lui. veut régner chez les autres; qu'il commence d'abord par vivre! .

272 Al^PENDICt.

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