‹ Le tzar Nicolas et la sainte RussieChapitre 31 sur 42 · JUIFS POLONAIS · texte numérisé non relu

JUIFS POLONAIS

fcin 1844»» je me reudais à Saiul-releisbouig a\L*c le prince Démirfofl'. par' Kœnigsbt rg'et Kovno. Au premier rcK'iis fie poste polonais où nous arrivai mes, en (|uiuanl la frontière prussienne, je fus frappé de 1 aspect d'indes- ('rij>lil»le misère (!e la populalioji juive Tandis (|u on changeait les chevaux de notre berline, une foule déguenillée ou complètement nue, — des femmes, des vieillards, des enfants, maigres à faire pitié, sales ù la ire horreur, — se rîiaient sous les roues de la voiture et les pieiis «les chevaux, pour nous appruclier plus \ile et de plus prés, — la main tendue, Tœil avide, et murmurant des paroles d'impalienle prière et de supplication fébrile. Comme leur nombre augmentait sans resse, un soldat russe sortit d'une remise, où il paraissait ôtre en faction, arme d un Igng fouet qu'il se mit à | n nieuir. ù tour de bras, et avec une indifférence stupide, sur les membres nus de ce troupeau effrayé. Indigné de la bi u-

APPENDICE. m

talité de cet homme, je Jui adressai en irauçais queiques . reroonirances, (|ue le prince némidofT prit la peine de lui

traduire.

Le soldat me regarda d'un air surpris, sans quitter

son l'ouct, ni cesser de frapi>ér.

« ievreipoUkaïa^ mbaka ! » dit-il (Juifs polonais, — des chiens \) h

Le prince Démidoiï mit un terme à cette scène odieuse, en chargeant le rabbin de distribuer une petite somme à ces malheureux. La foule, à cette vue, fraucliissant tous les obstacles, et bravant le fouet du bourreau-antomate, se précipita vers le rabbin avec des cris frénétiques.

On s'étonne que les juifs usent de ruse envers leurs oppresseurs. Ce qui devrait surprendre davantage, c'est qu'ils ne soient pas gonflés de plus Je venin. Leur martyre commence a la naissance, et finit à la mort.

La police, par mille extorsions, ruine ceux (|ue le rc: crutement ne dévore pas. Le juif des provinces polonaises dort, comme le lièvre, un œil ouvert. Il tremble devant son ombre. Sa vie est un long frisson. 11 ne peut résider en Russie d'unè manière permanente, pi s^ arrêter plus que le temps nrcessaire à ses transactions commerciales. Le séjour des deux capitales, — Moscou et Saint Pétersbourg, — lui est complètement interdit. Kn Pologne, l'autorité lui désigne les rues qu'il doit habiter. Astreint, par les préceptesde sa loi religieuse à s'abstenir de tout travail les jours de sabbat et de grandes fûtes,

celui qui exerce un métier public, — tel que eabaretier,

'J(iG ÂPPfiMDlCE.

par exemple, doit se faire suppléer, jours-là, par Hcs dtréliens. Or, Vm des derniers actes de la longue et opLniHtre |K»rso'culioii dirigét' l'onlre la race Israélite a «*té d'interdire aux chrétiens de servir les juifs. '

Jusqu'ici les femmes uvaient rnuservc un costume spécial ; elles attachaient à cette coutume une idée pieuse. — Pour ceux qui n'ont pas de patrie, la patrie est dans les usages qui consacrent ia tradition. — Ce droit leur a été ravi comme les autres. — Aujourd'hui, elles dorvent s'iiabiiler comme des bourgeoises de la rue Saint-Deiùs, du des lorettes du quartier Breda»

Les juifs âgés de plus de soixante aiis uni toulefois obtenu la permission do porter Tancien costume, mais à prix d*argent.

(Page 35.)

Page 1