‹ Le Vaccin antigonococcique de Nicolle et Blaizot: Travail de l'Institut Pasteur de TunisChapitre 32 sur 40 · PRES · texte numérisé non relu

PRES

On immobilise le poignet en extension, au moyen d’une planchette et, dès le lendemain, on pratique une première injeclion de vacein antigonococcique. On continue les lavages vaginaux. Un cachet de sulfonal de 0,50 le soir. La tempéralure varie entre 37 et 38°, le lendemain, puis tombe à 37°7 le surlendemain. L'état local reste à peu près stationnaire.

Le 15 novembre, deuxième injection de vaccin. La temipéralure n'est pas modifiée les jours suivants. La malade est neltement soulagée, elle à pu reposer. Le coude est, à présent, indolore et elle peut remuer le bout des doigts.

Le 19 novembre, troisième injection de vaccin. Le lendemain soir, il y à uñe pelile élévation de température, sans réactions locales, ni au niveau de la piqûre, ni au poignet. Le gonflement a commencé à diminuer, le dos du poignet se laisse palper facilement. Reste une petite zône très sensible au niveau du cubitus, encore rouge et fluctueuse. On enlève la planchetie immobilisant le poignet.

Le 22 novembre, quatrième et dernière injection de vaccin. Pas de réaction appréciable. La température commence à descendre à la normale.

Le lendemain et Le surlendemain, le point douloureux cubilal diminue rapidement pour disparaître, le 26 novembre, d'une façon définitive.

À ce moment, on assiste à une véritable crise urinaire. Les urines passent de 1 litre à 1500, puis à 2000 ce.

La malade est guérie, elle fait mouvoir son poignet que l'on mobilise par de légers massages: Sortie de l'hôpital le 3 décembre. |

E. J::29 "ans

Rhumatisme blennorragique.

(Observation du docteur Lencrxr, de Paris.)

Rhumatisme blennorragique à localisation unique sur l'arliculalion tibio-larsienne gauche.

20 novembre. À l'entrée à l'Hôpital, la tuméfacuon articulaire est énorme, la douleur intense, el l’aspecl fait craindre une dislocation profonde de l'articulation. Première injection de vaccin.

22 novembre, deuxième mjection.

24 novembre, troisième injection.

26 novembre, quatrième injection.

La douleur a disparu dès la troisième injection. Le gonfloment diminue avec une grande rapidité.

29 novembre, cinquième injection intraveineuse, réaction forte (39°9), cependant le malade est très satisfait du résultal obtenu.

2 décembre, sixième injection intraveineuse.

4 décembre, septième injection intraveineuse.

La réaction générale s’allténue, mais existe encore.

8 décembre, huitième injection intraveineuse. L’articulaüon est vide de tout épanchement. Elle est déformée et ankylosée parellement, mais elle à l'aspect d'une articulation guérie qui n'aurait pas élé massée ou mobihisée. Aucune douleur.

Ce résultat est remarquable par la rapidité.

Accessoirement, le malade, qui avait une gonococcie uréthrale a vu disparaître toute inflammalion de ce côté.

Rhumatisme blennorragique.

(Observation du professeur TRorsronTaINEs. Clinique dermatologique de l'Université de Liège (Belgique).

Cette observation concerne une jeune fille, ayant contracté une blennorragie depuis un mois, lorsque, très brusquement, se développa une douleur excessive dans le poignet gauche. Cette douleur acquiert, en quelques heures, son maximum d'intensité et entrave complèlement le sommeil dès le Jour de

son apparition.

Quarante-huit heures après l'invasion du mal, la patiente, en proie à de cruelles souffrances, accourut solliciter son admission dans le service. À ce moment, la région radio-carpienne el tout le dos de la main étaient le siège d’un gonflement œidémateux considérable avec coloration violacée prononcée ; douleur spontanée extrême, immobilisation absolue de la main et des doigts ; température axillaire (38°2), insomnie complète, anorexie.

Une première injection suffit pour diminuer très notablement la douleur après quelques heures et pour rendre le sommeil presque paisible. Une seconde piqûre, faite 24 heures plus lard, réduit les phénomènes douloureux à très peu de chose, de même que le gonflement.

Le troisième jour, une nouvelle injection fait cesser défini- Uüvement la douleur et rend déjà possible, dans une mesure très appréciable, les mouvements de l'articulation radio-carpienne el des doigts.

Deux injections furent pratiquées, celles-ci à 48 heures d’iniervalle pour consolider la guérison que les trois premières avaient en réalité déterminée presque complètement.

La guérison totale et définitive, puisque, depuis un mois, il ne s'est produit aucune rechute, fut donc complète dans l'espace d'une semaine, et la malade ne conserve de celte affection très douloureuse qu'un mauvais souvenir. Il ne fut in. Utué, comme traitement local, aucune médication calmante quelconque ; je me bornai à faire soutenir la main par une petite attelle.

Du côté des organes génito urinaires, il fut impossible de mettre en œuvre aucune thérapeulique, la malade se refusan! absolument à l'introduction de canules uréthrales ou vaginales. L'examen microscopique du pus, fourni par le canal, avail heureusement été pratiqué lors de l'arrivée de la palente dans le service, et il s'y trouvait plusieurs belles colo-

nies de gonocoques.

OBsERvATION 179

Rhumatisme blennorragique.

(Observation du professeur TROISFONTAINES. Clinique dermatologique de

l’Université de Liège (Belgique).

La patiente, jeune fille de 22 ans, a présenté, à 15 ans, pendant trois mois, du rhumalisme polyarticulaire aigu. Elle a souffert, en 1912, d'une arthrite, de même nature, au pied gauche.

Il y à cinq semaines, elle est entrée à la clinique de médecine pour rhumatisme polyarticulaire très aigu, occupant les genoux, les pieds, l'épaule et le poignet droïîts. Sous l'influence de l’aspirine, à la dose de 3 grammes par jour, les arthrites ont toutes guéri, dans l'espace de dix-huit jours, à l'execption de celles de l'articulation radio-carpiennne.

La patiente est alors transférée dans le service de dermatologie.

Elle a perdu, depuis l'an dernier, 10 kilos 300 : elle souffre de constipation, n'a nul appétit el présente un abondant écoulement uréthral et vaginal avec cervicite ; dans ces sé-, crétions, le gonocoque est facilement trouvé. Le poignet et le dos de la main élaient le siège d'une tuméfaction qui en doublait le volume normal. La main était déviée vers le bord cubital, absolument immobilisée, ainsi que les doigls, par la douleur. Celle-ci est assez intense pour rendre complètement infructueuse toute tentative de mobilisation des articulations

‘ malades. En raison de l'inutihité de Ia médrcation antirhuma-

tismale et de l'existence d’une infection gonococcique urosénitale, il élait rationnel d'admettre qu'il s'agissait d'une arthrite blennorragique ou peut-être mixte, tout au-moins.

Dix injections de vaccin, praliquées dans l’espace de dixbuit jours, réduisirent progressivement la région intéressée à son volume presque normal et altténuèrent la douleur au

point de rendre possible des mouvements passifs assez étendus et des mouvements volontaires plus restréints. La température à toujours oscillé autour de 38°.

Depuis la cessation du traitement par le vaccin, la thérapeutique a condisié dans l'emploi de bains chauds, d’un massage prudent et de pansements au naftalan. Le mieux . s’accentue de jour en jour, et il me paraît probable que la guérison va devenir complète. Si elle se faisait trop attendre, il serait rationnel sans doute de procéder à quelques nouvelles injections.

OBSERVATION 180 G..., 25 ans, cordonnier

Rhumatisme blennorragique. Uréthrite. Prostatite. (Observation du docteur A. HéBErT, médecin des Hôpitaux de Rouen.)

Rhumatisme blennorragique datant de dix-huit mois et frappant les articulations métacarpophalangiennes du pouce droit, les deux tibio-tarsiennes et bourse séreuse calcanéenne. Uréthrite et prostatite à gonocoques.

6 octobre, première inoculation de vaccin (pratiquée dans les veines). Trois heures après, le malade peut travailler sans douleur.

8 octobre, deuxième inoculation. Le gonflement a diminué, seul le talon reste sensible.

Cinq autres inoculations intraveineuses sont praliquées.

Revu le 21 novembre, le malade est entièrement guéri de tous ses accidents.

Une rechute a lieu le 2 décembre. Le pouce gauche, le coude gauche, les talons sont douloureux, la marche est très difficile. L'écoulement n’a pas reparu, la prostatite est guérie. Inoculalion intramusculaire de vaccin qu'on répèle le 3 et le 4, puis tous les jours, jusqu'au 9. A celte date, les douleurs ont disparu, sauf celle du talon qui se réveille au bout d’un certain lemps, lorsque le malade marche.

OBsErvATION 181

GP. T2 "ans

Rhumatisme blennorragique.

(Observation du docteur CAstEx, de Paris.)

Contracte sa première blennorragie le 15 juillet 1913.

Il la soigne mal, sans direction, au moyen de balsamiques et d'mjections variées. Depuis le 8 août, il est atteint de cysüle subaiguë.

Le 20 octobre, à la suite de fatigue et de refroidissement, le genou droit devient douloureux, puis le gauche, puis les poignets.

Je vois le malade, pour la première fois, le 28 octobre. Diagnostic : rhumatisme gonococcique, forme hydarthrose. Traitement : salicylate de soude, urotropine et bleu de méthylène. Ce traitement n'amène aucune amélioration.

Le 2 novembre, appheation de boue radio-active. La douleur des poignets s’apaise et, depuis, les poignets sont guéris. Mais il n'en est pas de même des genoux, qui ne s’améhorent en aucune, façon ; n1 la douleur, ni le gonflement ne sont modifiés. Cependant, le 9 novembre, lépanchement du genou droit s'était presque entièrement résorbé, mais pour récidiver le lendemain et devenir, le 11, aussi abondant que précédemment. À cette dale, la cystite et l'uréthrile sont grandement améliorées.

Le 11, première injection de vaccin antigonococcique.

Le 13, les genoux sont dégonflés en grande partie ; moins douloureux ; leur mobilisation est plus aisée. Une légère douleur est survenue au coude gauche. Une dernière piqûre est faite au même endroit et à la même dose.

Le 16, pas de nouvelle amélioration. Au contraire, le genou droit est redevenu très douloureux et l'articulation

coxo-lémorale droite s'est prise. C'est la première nouvelle atteinte articulaire depuis l'alitement,.

Le 19, énorme amélioration, Il n'y a plus du tout de douleurs depuis deux jours. Les genoux sont tout à fait dégonflés et aisément mobilisables. L'articulation de la hanche est entièrement libre. On fait une quatrième piqûre.

Le 22, le malade est aussi bien que possible. L'état des arliculalions qui ont été affectées est parfaite. Seule, la fonte musculaire des extenseurs de ces articulations trahit encore le mal. On fait une cinquième piqûre.

Le 25, l'élat est toujours excellent, à tel point que l'on ne fail pas la cinquième piqûre. Le malade est autorisé à quittyer son dit avec précaution. Depuis, la guérison s'est maintenue.

S. J..., employé, 25 ans

Rhumatisme blennorragique. Talalgie.

(Observation du docteur Pierrot, de Paris.)

Blennorragie il y a quatre ans, compliquée deux ou trois semaines après ‘le début, par rhumatisme pluri-articulaire, qui a duré cinq ou six mois, au régiment. Depuis, reste lalalgie et ankylose d'une jointure phalangienne du quatrième doigt gauche. Repris de rhumatisme depuis deux mois, plusieurs articulations métatarsophalangiennes du pied droit sont prises.

Le malade veut essayer le traitement par le vaccin, qu'il sait inoffensif. |

Huit injections à ce jour (13 décembre) : amélioration dé: la première piqûre, surtout aecentuée après la troisième et la quatrième, L'amélioration continue.

Rhumatisme blennorragique.

(Observation du docteur A. PELLETIER, de Paris.)

Au cours d'une uréthrite ancienne à gonocoques, le rhumatisme datait de six semaines. Disparition de l'hydarthrose dès la première piqûre, reprise du travail à la cinquième

OBSERVATION 184 Dr625 ans

Arthrite blenmorragique du pied et talalgie.

(Observation du docteur CHALLIOLZ, de Joinville-le-Pont,.)

Blennorragie contractée en mars 1910, au régiment, en Algérie. |

Entre à l'Hôpital militaire d'Oran pour rhumatisme blennorragique aigu, le 8 mai 1910. Vers la fin de mai, aggravaon de la maladie : les chevilles, le genou gauche, les poignels et les mains sont gonflés ; violentes douleurs à la nuque ; à l'examen du sang on aurait constaté la présence de gonocoques (?). Sorti de l'hôpital le 12 Juillet.

Nouvelle rechute l’année suivante et nouvellé entrée à l'Hôpital militaire d'Oran, le 7 juillet 1911, pour arthrite du genou gauche et talalgie continuelle. Libéré en novembre PTT. |

‘Depuis cette époque, le malade a présenté plusieurs crises douloureuses dans les articulations du pied et une talalgie continuelle. Après chaque accès un suintement uréthral reparait pour disparaître ensuite et revenir à chaque crise nouvelle. Douleurs permanentes du talon gauche, surtout pendant la marche. A pris longtemps ide J’urodonal sans aucune amë-

lioration.

Six inoculations de vaccin anligonococcique à partir du 16 novembre 1913. Dès la première, le malade a éprouvé une améhoralion remarquable de son état général et une atténua- Hon considérable de la dôuleur au talon. Avec les inoculations suivantes, Îles douleurs articulaires se sont atténuées au point que le malade, qui élait obligé de marcher avec la plante du pied posée à plat sur le sol, peut naturellement se soulever sur la pointe des orteils, mais encore effectuer des mouvements de flexion sur les articulations du pied à titre de gymnastique. J'estime que la guérison a été obtenue dès la

troisième inoculation.

R..; 27 ans

Rhumatisme blennorragique.

(Observation du docteur KaAMINER, de la Garenne-Colombes, Seine.)

Première blennorragie en 1904 ; seconde en juillet 1910, compliquée de, rhumatisme, iritis, kératite, conjonclivite, d'une durée de quelques mois.

Etant au service militaire en juin 1912, il est repris d'un écoulement avec douleurs rhumatismales : soigné à l'Hôpital Necker de février à août 1913.

Lorsque je le vois, à la fin du mois d'août, son état est grave el l'oblige à garder le lit : arthrites médiotarsiennes doubles du poignet droit, du coude gauche, de la temporo maxilliaire droite, souffle systolique à la pointe, température 39°. Après un mois de séjour au lit et traitement par le permanganale et l’aspirine, on note une légère amélioration.

Le 15 octobre, le malade revient de la campagne avec un léger écoulement des arthrites doubles tibiotarsiennes et médiolarsiennes, une grande difficulté de la marche. Les applications d'air chaud le soulagent un peu.

Douze inoculations de vaccin antigonococcique (intravei-

neuses), dont les quatre premières sont suivies de réaction fé-

brile. Dès la quatrième, le malade ressent de l'amélioration, il put marcher quelques heures de suite, alors qu'auparavant il ne pouvait rester plus d'une demi-heure dans la station. debout. Les douleurs articulaires diminuent progressivement.

Au 9 décembre, c'est-à-dire à la douzième piqûre, la guérison est complète. L'écoulement qui ,;au début des piqüres, s'était arrêté, a légèrement repris.

M. C.., 21 ans, Hôpital militaire

Arthrite blennorragique.

(Observation du docteur CAMous, médecin des hôpitaux de Nice.)

Blennorragie aiguë le 1* septembre 1913.

Arthrite du poignet droit le 7 septembre.

Quatre inoculations de vaccin antigonococcique les 15, 17, 19 et 21 novembre. Disparition rapide des douleurs.

OBSERVATION 187 M. X.…, 23 ans

Arthrite blennorragique.

(Observation du docteur Camous, médecin des hôpitaux de Nice.)

Arthrite gonococcique du genou droit. Quatre inoculations de vaccin antigonococtique.

Les douleurs cessent et l'articulation reprend son aspect

normal, Aucune réaction locale où générale. ue

OBSERVATION 188 Mad. P::, 22ans

Arthrite blennorragique.

(Observation du docteur Charles Marint, de Cannes.

Mariée depuis 18 mois, pas d'enfants, pas de fausses cou ches. Contaminée, 1 ya deux mois par son mari, qui Contracte la blennorragie dans une ville d'eaux.

Blennorragie aiguë, cystite du col, l'émission des urines est très douloureuse.

SIx Jours après avoir constaté l'écoulement mucopurulent, la malade éprouve une violente douleur dans le poignet droit. Le traitement du rhumalisme arliculaire aigu n'apporte aucun soulagement. Les douleurs sont telles qu'il faut avoir recours aux injechions de morphine pour obtenir quelques heures de sommeil. Le diagnostic de rhmatisme blennorragique est alors posé.

12 novembre, première inoculalion de vaccin antigonococcique. Aussitôt, la douleur cesse et la malade dort sans morphine.

15 novembre, seconde inoculation.

18 novembre, troisième inoculation. La malade -ne souffre plus, remue son bras, son poignet et peut se lever, ce qui ne lui était pas arrivé depuis 56 jours.

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