‹ Le Vaccin antigonococcique de Nicolle et Blaizot: Travail de l'Institut Pasteur de TunisChapitre 38 sur 40 · PP ON NT · texte numérisé non relu

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non pas préventive absolument, c’est-à-dire pouvant empécher la contamination d'un sujet ainsi immunisé, mais préventive contre les accidents et les complications, l'infection élant constituée. Si nous nous plaçons à un point de vue théorique, qui dérive de l'étude de la courbe de l'indice opsonique, nous concluerons, ainsi que l'a fait Wright, que ceite action préventive est de très courte durée. En effet, après une injection dans l'organisme d'une certaine quantité, convenablement dosée de toxines, on voit l'indice opsonique diminuer d'abord, pour augmenter rapidement et redescendre, un peu lentement, quoique assez vite, à la normale. L'immunisation n'est donc que de très faible durée. Cependant, d’une façon logique, elle-est renouvelée à chaque injection et doit durer tout le temps du traitement. Cette vue théorique se trouve confirmée dans la réalité, sinon d’une facon absolue, du moins dans une très grande mesure.

Les-malades qui ont suivi le traitement n'ont présenté que rarement des complications. Nous n'avons eu que deux cas, dans lesquels des malades ont présenté des orchites au cours du traitement. Dan: la majorité de nos observations, au contraire, nous n'avons eu aucune complicalion ; nous avons put noter même, chez certains malades porteurs de varicocèles et souffrant, en temps normal, de leur testicule, l'absence complète de complications de ce côlé. D'autres ont continué leur métier assez fatigant, faisant de longues courses à bicy. clette dans la ville sans être incommodés le moins du monde. JL paraît y avoir immunité, autant du moins que les injections sont continuées. Mais cette immunité est de très courte durée. L'observation 167, se rapportant à un malade de l'hôpital atteint d'un rhumatisme, et auquel on fit quelques injections, malade qui présente une quinzaine de jours après une pyélo-néphrite, est bien caractéristique. [l ne saurait done y avoir uné immunité durable.

Cette raison même nous explique pourquoi avec les vaccins

on n'observe pas de troubles d’anaphylaxie. La thèse du docteur Salle, de Lyon, nous fournit une étude très détaillée de ces différentes manifestations avec les sérums, n'en rapporte aucun cas avec le vaccin. Nous avons eu l’occasion de traiter des malades ayant déjà reçu une série d'injections de l'ancien vaccin, deux ans auparavant, sans aucun accident. Celte complication nous paraît done devoir être écartée.

Par contre, si le vaccin ne produit aucun trouble anaphylactique, il n'est pas exempt de toute réaction. Nous pourrons classer celles-ci en deux ordres : locales et générales. Au point de vue local, tout d'abord, disons tout de suite que l'injection n’est pas absolument indolore, même par la voie intramusculaire. Nous avons essayé également la voie souscutanée et nous avons eu des réactions plus marquées. À quoi est due cette douleur ? Le fluorure de sodium étant légèrement caustique, les auteurs avaient pensé à le précipiter par du chlorure de calcium. Pour cela faire, on se servait d’une solution contenant, non pas du chlorure de sodium, solution physiologique ordinaire, mais contenant du chlorure de calcium. Les résultats n'ont pas élé en faveur de la méthode, l'injection s'est parfois montrée plus douloureuse. Les condilions déterminantes de cette douleur ne sont pas encore bien connues. C’est ainsi que les derniers vaccins préparés se sont montrés beaucoup plus douloureux que les premiers, sars que rien n'ait été changé à leur préparation. Nous avons observé quelquelois de l'induration, une légère rougeur des léguments et la douleur pendant 48 heures: Nous n'avons jamais eu toutefois de suppuration.

Au point de vue général, le vaccin détermine des réactions variables, suivant les sujets. Il y a souvent une légère élévalion de température, quelques malaises, un peu de céphalée, mais presque jamais ces symptômes n'ont élé suffisants pour empêcher nos malades de continuer leurs occupations, ceci avec la voie intramusculaire ; si l’on utilise la voie intravei-

neuse, au contraire, 1] y a des réactions parfois violentes. Dans ce cas, il ne faudrait pas injecter la dose complète d'un demi-centimètre cube. On devrait commencer par deux gouttes, puis quatre, etc. ; la voie intraveineuse, complètement indolore, nous paraît devoir être réservée au cas d’urgence, dans une septicémie par exemple.

Tel qu'il est actuellement, le vaccin des auteurs ne représente qu'une étape dans la recherche d’un vaccin antigonococcique et MM. Nicolle et Blaizot ne se sont pas arrêtés à la formule donnée par eux dans leur communication à l'Académie. Ils l'ont variée depuis, tantôt en changeant le milieu de culture, tantôt en changeant les proportions de gonocoques et de synocoques. La question n’est pas encore résolue, el nous n'avons pas fait autre chose que rapporter leurs recherches et les résultats qu'ils ont déjà obtenus.

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