‹ Le Vaccin antigonococcique de Nicolle et Blaizot: Travail de l'Institut Pasteur de TunisChapitre 8 sur 40 · ETES · texte numérisé non relu

ETES

Le 3 mars, toute douleur a déjà disparu, depuis longtemps: on sent seulement un noyau à la tête de l’épididyme ; on injecte douze gouttes intraveineuses avec pyramidon ; il ne se produit qu'une réaction légère.

On fait encore quatre injections, mais sous-cutanées celle fois, qui ne provoquent qu'une réaction locale, peu marquée ; on commence les instillations d'argyrol à 1/100°, le 25 mars, et l'écoulement finit par disparaître le 8 avril.

Mabrouk-ben T., 45 ans

Blennorragie depuis 12 ans, écoulement abondant, orchite gauche depuis 15 jours, nombreux gonocoques dans J’écoulement.

On commence le traitement le 22 mars par une injection de deux gouttes de vaccin sensibilisé sous-cutané ; légère réaction fébrile.

Le 25, amélioration notable du testicule, qui a presque repris son volume normal ; la douleur spontanée a disparu ; six goulles sous-cutanées, réaction ; le 29, persistance du mieux, disparition de la douleur provoquée ; on injecte dix goultes.

On fait encore trois injections sous-cutanées jusqu'à la date du 10 avril. Le testicule est redevenu entièrement normal ; on ne sent pas de noyau net ; seulement, un épaississement de l'épididyme. On fait des lavages de Protargol et l'écoulement diminue, pour disparaître bientôt complètement.

DM: "S0'ans Blennorragie avec arthrite tibio-tarsienne, il y a six mois; écoulement persistant; apparition d’une orchite droite au vingtième jour du traitement,

Le malade avait subi cinq injections sous-culanées à doses progressivement croissantes et une légère amélioralion se

pen Nr MES produisait, quand soudain, le 2 avril, le malade niant tout excès, tout rapport et toute imprudence, l'écoulement reparaît plus abondant que jamais, en même temps que se déclare une orchite droite : on fait, à cette date, une sixième injection, mais intraveineuse, cette fois, de huit gouttes de vaccin sensibilisé ; forte réaction fébrile. :

Le 4, l'écoulement ne paraît pas influencé, mais les douleurs ont complètement disparu, le testicule n'a pas changé de volume. [1 est uniformément tendu et douloureux, ainsi que l'épididyme ; la palpatlion ne permet d'isoler aucun noyau. Il paraît congestionné en masse, uniformément rénitent ; on isole difficilement l’'épididyme, qui paraît faire partie intégrante du testicule. On fait 10 gouttes intraveineuses ; réacüon violente.

Le 7, diminution marquée de l'orchite ; le volume du tesüicule s'est réduit considérablement ; on fait 8 gouttes intraveineuses ; la réaction se produit, mais moins forte.

Le 11, le testicule est de nouveau tendu et douloureux ; 8 gouttes intraveineuses ; peu de réaction.

Le 19, disparition complète des phénomènes douloureux el de la congestion testiculaire : on ne trouve aucun noyau induré.

Le malade continue à se faire traiter pour son écoulement ; il recoit encore 7 injections inlraveineuses, mais avec des instillations au protargol à 1/100° ; la guérison de l'écoulement paraît obtenue d’une facon définitive, le 7 mai.

Nous venons de relater trois cas d'orchites traitées par le vaccin sensibilisé ; nous n'avons pu en recueillir beaucoup d'une façon complèle ; cependant, l’étude de ces trois cas peut nous fournir quelques données intéressantes.

Tout d'abord, l'efficacité de la vaccinothérapie est ici certaine, ceci n’est point une chose nouvelle, et les statistiques de tous les auteurs qui ont essayé la méthode le prouvent.

Nous verrons d’ailleurs plus tard, dans notre statistique

HIS personnelle, que ce sont les cas d’orchite qui, avec Îles conjonctivites, nous ont donné les meilleurs résultats.

Un premier fait que nous avons observé d'une façon courante est que la douleur disparaît très rapidement, la douleur spontanée tout au moins. Ce fait, observé par Aronstam dans un iritis blennor-ceique, a été retrouvé par Brück, utilisant son vaccin « V’Arthigon », et Mainini à même fait de ce signe un signe de diagnostic différentiel dans le cas d'une arthrite dont l'origine était douteuse. Même dans le traitement par l'application d'une vessie de glace en permanence, nous n'avons obtenu une sédation aussi rapide de [a douleur qu'avec l'emploi du vaccin.

L'évolution de l’orchite nous paraît également influencée d'une heureuse facon dans observation 1 ; la durée de la maladie a été de neuf jours, au bout desquels le testicule n'étant plus du tout douloureux, élait presque redevenu normal. L'observation 2 est encore plus démonstrative. Une orchite datant de quinze jours, aussi douloureuse qu'au premier, a disparu en l'espace de sept jours. Quant à l’observation 3, elle nous arrêtera un peu plus longtemps. Tout d'abord, il est à remarquer que le malade suivait ce traitement depuis vingt jours et avait reçu cinq injections intramusculaires de vaccin quand l'orchite se déclara, sous une cause qui n'a pu être établie exactement. Ceci semble dénier tout pouvoir préventif du vaccin, mais il est à remarquer la manière dont évolua celte orchite, qui fut, à proprement parler, une congestion intense du testicule et de l'épididyme, mais sans noyau nettement localisé ; la guérison s'est effectuée sans laisser un seul noyau, malgré deux poussées fluxIonnaires, si l'on peut s'exprimer ainsi.

Un dernier point à signaler est que l'écoulement parut aussi être influencé par celle médication, et nous avons pu conslaler Je fait à plusieurs reprises : les malades atteints d'une complication quelconque et traités pour cette compli-

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