S XXVII. PRÉPARATION DU VERT DE VESSIE
On retire des baies du Nerprun purgatif, une couleur qu'on appelle vert de vessie^ et dont se servent les peintres.
Voici comment on la prépare : On tire par expression le suc des fruits mûrs, et on le met dans des vessies avec de l'alun dissous dans l'eau ; on expose ces vessies pendant quelque temps à une douce chaleur ; ensuite on délaie dans de l'eau le mucilage qu'elles contiennent, et on passe le tout à travers un linge.
s XXVIII. FABRICATION DE LA FÉCULE PAR LE FRUIT DU D'INDE DU MARRONNIER
En traitant le fruit du marronnier d'Inde réduit en pulpe, parle carbonate de soude, ramertume lui est enlevée, et ce fruit donne une excellente et abondante fécule.
Ce procédé est aussi simple qu'économique. Il suffit de traiter la pulpe de marron par 1 1/2 pour 100 de carbonate de soude. Or, comme le carbonate de soude ne coûte que 25 centimes le kilogr, on psut obtenir an moyen d'un kilogr. et demi de carbonate de soude, c'est-à-dire pour la somme de 38 centimes, la quantité de fécule comestible fournie par 100 kilogr, de pulpe de marron. Un marron donne autant de fécule qu'une pomme de terre, un marronnier équivaudrait, pour la production de son fruit, à plusieurs ares ensemencés de pommes de terre.
§ XXIX. MANIÈRE DE PRÉVENIR LA POURRITURE DES PIÈCES DE BOIS ENFONCÉES DANS LA TERRE
On a toujours considéré comme très difficile de prévenir la pourriture des bois dans la terre ; mais, une simple précaution, ne coûtant ni travail, ni argent, augmenterait de 50 pour 100 la durée du bois mis en terre.
C'est simplement en mettant le bois en terre, dans le sens opposé à celui selon lequel il a
poussé que Ton obtiendrait ce remarquable résultat.
Des expériences ont été faites et des morceaux de chênes placés en terre dans le sens qu'ils avaient en poussant, ont été pourris en douze années, tandis que d'autres pièces du même arbre placées à contre-sens ne donnaient pas signe de moisissure plusieurs années après. Le principe de ce procédé tient à ce que les tubes capillaires des bois doivent être placés en sens opposé à la marche de la moisissure qui se ferait dans le même sens.
% XXX. APPAREIL EXTRACTEUR POUR BOIS DE TEINTURE, MATIÈRES TANNANTES, ETC.
Pour enlever les principes utiles contenus dans les bois de teinture, les matières tannantes et autres, on se sert d'un appareil composé d'une chaudière fermée munie d'un trou et d'un certain nombre d'extracteurs, pourvus dé soupapes de sûreté et reliés avec la chaudière. Dans la partie supérieure des extracteurs sont disposés des réfrigérants, formés de deux plaques perforées, dont les ouvertures superposées sont reliées entre elles par des buses coniques.
La matière qu'il s'agit d'épuiser est placée entre les deux fonds perforés ; puis on remplit d'eau la trémie, afin de refroidir les buses. On
échauffe alors le liquide extracteur dont la chau- -dière a été remplie, en faisant arriver de la vapeur dans le double fond de celle-ci. Les vapeurs d'alcool montent, arrivent dans l'appareil extracteur, se condensent dans les buses et s'écoulent au travers de la plaque perforée sur la matière à épuiser. L'alcool c6nden:^.é est encore refroidi davantage par de l'eau froide qui remplit un réservoir placé dans l'extracteur. Cet alcool se rassemble en dessous du fond perforé et retourne dans la chaudière. Les extraits restent dans la chaudière, tandis que l'alcool se volatilise de nouveau et repasse ainsi plusieurs fois de suite sur les matières à épuiser.
L'opération est continuée Jusqu'à ce qu'une prise d'essai montre que l'alcool ne dissout plus de matière extractive. On emploie toujours simultanément plusieurs extracteurs.
Des robinets placés convenablement sur le tuyau permettent de diriger à volonté les vapeurs d'alcool dans l'un ou l'autre des extracteurs. Tandis que l'on remplit un des extracteurs et que l'on en vide un second, les autres continuent à marcher, de sorte que le travail n'est interrompu que lorsqu'on doit retirer les extraits de la chaudière. On laisse alors dégager la vapeur. L'extrait ayant atteint ainsi le degré de concentration voulu, on le fait écouler.