CATALOGUE DES ARBRES EXOTIQUES Â IMPORTER EN FRANCE
En dressant le catalogue des arbres exotiques dont rintpoduction en France serait certainement avantageuse, nous n'entendons pas donner un appui à Tacclimatation dont le but est d'obliger un végétal à prospérer sous un climat qui n'est pas le sien et selon des conditions météorologiques pour lesquelles il n'est pas organisé.
Tandis que Tacclimatation est une pure chimère, la naturalisation est une réalité qui offre un vaste champ d'expériences aux observateurs de la véétation. Elle consiste à transporter un végétal, sur un sol qui lui est inconnu, mais où règne le même climat et des conditions météorologiques analogues à celles du pays où il a vécu ainsi que ses ancêtres.
V Allante ou Vernis du Japon, que les Allemands appellent Farbre des Dieux, est connu par la rapidité de sa croissance et sa rusticité relative ; il se reproduit avec une grande facilité par graine et par racines. L'Azédarach ou faux- Sycomore qu'on appelle encore Arhre Saint et Art>re à chapelet (Melia azedarach) réussit très bien dans le Midi de la France ; mais sous le climat de Paris il craint les hivers pendant ses deux ou trois premières années.
Cet arbre, spécialement réservé à nos parcs, n'entrera probablement jamais dans nos forêts à cause de ses faibles dimensions et de son tempérament.
Le Bondiccdu Canada ou Cniquier, q\x* on nomme* encore chicot du Canada et GuiZ^m2i/2, résiste aux plus fortes gelées et convient fort bien à la confection des meubles de luxe.
Le Broùssonnetier à papier ou Mûrier à papier^ est un grand arbre originaire du Japon et de la Chine, où Ton fait du papier avec Técorce de ses jeunes tiges réduites en pâte. Le ver à soie se nourrit des feuilles du Broùssonnetier eicomme il résiste bien à nos hivers, on ne saurait assez en conseiller les semis et plantations.
Le Catalpa^ qui présente de larges feuilles et de fort jolies fleurs, peut être employé d^ns nos promenades.
Le Cirier de Virginie, qui se plaît aux endroits submergés, réussirait bien dans les marais de la Camargue.
Le Fevier, qui offre diverses variétés, est originaire de TAmérique septentrionale ; il est très rustique et n'a pas gelé en 1879.
Le ZeUwiui ou Orme de Sibérie (Planera crenata) se rapproche beaucoup de notre grand orme dont il a toutes les qualités. Il est cultivé en France de-
puis plus d'un siècle ; mais il est loin d*ètre aussi répandu qu'il le mérite. Son bois rivalise avec celui des essences les plus dures et son aubier égale le Frêne en force et en élasticité.
Le Oordonîa on Âlcée de la Floride^ est un grand arbre, originaire de la Caroline, que Ton peut cultiver au-dessous de la latitude de Paris.
Le Liquidambar Copal ou d'Amérique est un grand arbre d'un très beau port qui pourrait offrir un grand intérêt dans le Midi de la France.
Le Mimosa ou Acacia de Constantinople est originaire d'Asie, ne craint pas le froid et vient fort bien dans les environs de Paris.
Le MicocoiUier de Virginie prospère dans le bois de Boulogne, où l'on en voit de fort beaux pieds qui n'ont pas été atteints par l'hiver de 1879. Leur croissance annuelle est de un centimètre sur le diamètre.
Le Paulownia, dont la croissance est fort rapide a gelé, en 1879, sous la latitude de Paris.
Le Plaqueminier lotus (Dios pyroslotus), dont le bois est très propre au tour et à la carrosserie, ne peut être introduit qu'en Provence.
Le Sophora du Japon (Stypbnolobium Japonicum) possède un bois très dur et d'une couleur de chêne foncé.
Le Sumac, que ses dimensions excluent de
nos bois, orne nos jardins et nos parcs.
Le Tulipier de Virginie (Liriodendron tulipiferum) se plaît au bord des rivières ; son aubier est blanc et le cœur en est jaune, couleur du bois de citronnier.
Le TupeU) aqtmtique (Nissa aquatica) est un grand et bel arbre originaire d'Amérique, que Ton cultive avec succès aux environs de Paris.
Le Virgilier à bois jaune {Cldidraiis Xinclovidi), est un grand arbre originaire d'Amérique à la croissance lente, qui prospère en terre plutôt sèche qu'humide.
Nous pourrions continuer cette nomenclature : nous avons préféré nous en tenir aux essences les plus importantes qu'on pourrait avec avantage introduire dans notre pays ; et si nous avons omis le Robinier faux-acacia, le Marronnier d'Inde, le Platane et diverses variétés de peupliers, c'est que nous les considérons comme des végétaux dont la naturalisation en France est désormais un fait acquis.