PROPRIÉTÉ BOISÉE
DÉPENSES
Frais de garde et émondage, 1 fr.
par hectare ef par an ; pour 60
hectares, soit 60 fr.
Total
Bénéfice net 2.340 francs
J'ai, d'ailleurs, volontairement omis l'assurance des bâtiments contre l'incendie, ordinairement à la charge du propriétaire.
Je n'ai pas tenu compte de la différence notable d'impôt foncier, tout en faveur de la forêt.
J'admets, pour la propriété rurale, le paiement régulier des termes du fermage (chose très rare), et je passe entièrement sous silence la plus-value prochaine et certaine de la propriété boisée.
Les défrichements, en effet, s'étendent sur des surfaces plus importantes que les plantations ; d'autre part, la consommation du bois augmen-
tant et la production diminuant, il est naturel que la valeur des produits ligneux s'élève sensiblement et en raison même du développement des exigences en bois d'œuvre et de travail.
La plus-value qu'obtiendra la propriété forestière, dans un même laps de temps, sera très supérieure au renchérissement de la propriété rurale. Enfin les bois présentent, au point de vue de Tornement et de l'agrément des habitations, des avantages incontestables. Leur gestion est facile: on n'en saurait dire autant des terres arables. La comparaison ressort donc à l'avantage de la pror priété forestière.
Aussi, l'une des meilleures spéculations- qu'on puisse faire est d'éviter de détruire les forêts existantes, même sur les sols de bonne qualité où la culture agricole serait rémunératrice.
D'ailleurs, nous rappellerons à ceux qui l'auraient oublié, que le défri.hement d'un hectare de bois ne coûte jamais moins de 200 fr. !
Non-seulement les particuliers ne détruiront pas leurs forêts, s'ils consultent seulement leur intérêt personnel ; mais encore ils en augmenteront la valeur en y ouvrant des fossés d'assainissement là où ils sont nécessaires (le mètre courant de 1 m. 50 d'embouchure vaut fr. 80, et l'entretien ou curage du mètre courant vaut fr.M) ; enfin ils y traceront des chemins ferrés pour la vidange des coupes.
. Une bonne opération administrative que nous recommandons aux propriétaires de forêts, est de faire borner soigneusement leurs bois, d'en avoir un plan exact (on paye 2 fr. par hectare pour un plan simple, et 3 fr. pour le plan et le nivellement réunis), afin de vendre les coupes en connaissance de cause et d'établir soigneusement l'aménagement et les bases de la gestion. Celle-ci peut être confiée à un garde forestier en retraite qui se chargera de vendre les produits, de tenir les lignes et sommières en état, et de veillera tous les détails de l'administration, pour la modique somme de 2 fr. par hectare et par an.