CHAPITRE PREMIER
LES VADES ET LES SUBVADES.
Les vades (1) sont, dans Tacceplion que nous croyons la plus exacte, des cautions de procédure garantissant la recomparution d'un défendeur devant le magistrat, quand les débats in jure ne pouvaient être terminés le jour même. Un passage d'Aulu-Gelle les range parmi les antiquités des XII tables, qui disparurent avec la loi
(1) Si nous laissons de côté les étymologies fantaisistes proposées par Porphyrius : comm, in HoraL serm., 1,1,11 (éd. A. Holder, p. 224, 15): Vades aulem sponsoresdtcinotumest,quodquieos dederit^ vadere ei id est discedere liceat, et par le Pseudo Acro, sous le même passage d*Horace (éd. Keller, If, p. 3) : Vades ideo dicli, quod qui eos dederit, vadendi^ id est, discedendi habet potestatem (Gomp. Salmasius, de modo usurarutn, Lugduni Batav., 1639, p. 692, qui fait dériver vas de vadendOj parce que le vas est celui qui citatus in fudiciiim ire débet), pour nous en tenir exclusivement aux résultats qui nous sont fournis par la philologie moderne, nous devons reconnaître dans le
^butia (1), mais il parait certain que leur existence remonte à une époque encore plus reculée de l'histoire de Rome (2). La date de leur apparition nous semble poumot vas la racine indo-européenne vadh qui éveille l'idée de gage et qui en même temps que vas en latin aurait donné wadi en gothique (à en rapprocher les mots wadium et wadia des formules lombardes et franques), en ancien haut allemand welti^ en vieux norvégien ved (comp. von Amira, Nordgerm. Obligationenrecht, 1882, 1,493, n. 1). Outre l'ouvrage un peu vieilli, mais toujours excellent, de Vanicek, Griechisch-lateinisches elymologisches Wôrterbuckj 1877, p. 878, consulter parmi les ouvrages récents : Fick, Vergleichendes Wôrterhuch der indogerm, Sprachen^, 1890, p. 541 ; Lindsay, The latin lingriage, 1894, p. 180,187 ; Schrader,ftea//ej7icon der indogerm. AUertumskunde, 1901, p. 120, Vo Btirge, Burgschafi ; Bezzenberger et Prellivitz^ Beitràge zur Kunde der indogerm. Sprachen, 28 (1904), p. 105 ; Meringer, dans les Indogerm, Forschungen de Brugmann et Streitberg, 16 (1904), p. 177 ; Walde, Lateinisches elymologisches Wôrterhuch^ 1906, p. 650. Quant à la terminologie latine elle-même, elle comprend, à côté du substantif va5,le verbe i'aÉ?an,dont la particularité remarquée par Priscianus, 8,20, d'être employé aussi bien dans le sens actif (= exiger de quelqu'un qu'il fournisse un vas) que dans le sens passif (=z être contraint de fournir un vas)^ nous est déjà révélée dans Piaule : Aulul.y2y 4, 41 : plorans^ejulans ut sibi liceret miluum vadarier (sens actif) ; Bach,, 2, 2, 2, ita me vadalum amore vinctumque adtines (sens passif). Le fait pour un défendeur d'engager en ne comparaissant pas au jour fixé la responsabilité des vades qu'il a fournis est traduit dans les textes se référant à la période des actions de la loi par l'expression vades deserere (Tite Live, 3l9, 41, 7). Quant au mot vadimoniumy'û exprime, dans son sens primitif et le plus technique, l'action de fournir des vades (Plante, Epidicus, 5, 2, 21 : Vadimonium ultro mihi hic facit), mais on le rencontre déjà dans les textes anciens avec un sens figuré : Plaute, Curculio, 1, 3, 5 : ubi tu es, qui me convadalus Yeneriis vadimoniis ?
(1) Aulu Gelle, Noct. ait., 16, 10, 8 : Sed enim cum proletarii, et assidui, et sanates, et vades et subvades, et viginti quinque asses, taliones, furtorumque quaestiones cum lance et licio evanuerint, omnisque illa duodecim tabularum anliquitas nisi in legis actionibus centumviralium causarum lege Aebutia lata consopita sit, . .
(2) S'il faut ajouter foi au témoignage de Tite Live, 3,13, les vades