SCÈNE X
POLIDORE, ILUS,ÉMA E M A , arrivant du côté de ta yille,
Cj u E L bonheur vous mlTcmblc,
{A lias,) Princes ! .... En m'envoyant dilîîper votre erreur. Et découvrir mon Maître à fon digne vengeur , Zelmire m'a chargée encor de vous apprendre Qu'à la porte de Mars un Soldat veut vous rendre L'écrit, qu'Azor mourant remit entre Tes mains^ Et qui de tout l'Etat renferme les deftins.
PoLiDOREj vivement.
Du triomphe. Seigneur , c'eft l'infaillible gage :
C'eft la foudre ôc la mort pour ce monftre fauvage j
Qui matTacra mon fils Ôc feint de le venger.
(J Ema.)
Mais que devient Zelmire en ce preflant danger i
Ema.
Elle efl: , non loin du camp, dans la tour renfermée: Anténor, fous la tente, a fait rentrer l'arméej Lui-mcme à Mitylène il va porter (ts pas. Il feint de fuccomber fous de tels attentats > Et veut, dans le palais, où (on Trône s'apprête , Confuker tous les Grands & le Prince à leur tcte. Tome I. S
a74 Z t L M IRE,
Bientôt avec ce ^r ma main lui répondra :
De la lettre d'Aîpr rafpeâ; le confondra.
Ah ! chère époujb, enfin je crains moins pour ta vie.
(JPolidore.)
Sur l'art de cei'yran que notre ame fe fie (i)
Tandis que, pi>ur me perdre il cherche à m'arrêter •
^enfcz-vous Yu'à Zelmire il voulût attenter î
Il vous faut ,1e premier, dérober à fa rage.
(^ Ema qui fort. )
Toi , cours ^ers ce Soldat , qu il fe rende au rivage.
Seigneur , far mes vailTeaux je vais guider vos pas.
Je revole M'inftant, fuivi de mes foldats j
Je furpreiids, je ravis dans fa prifon funefte ,
Cette époufe qu'on croit que ma fureur dételle j
Et, dansl'écrit vengeur que je viens déployer ,
Je montre au camp furpris Anténor tout entier.