TRAGÉDIE. 2J
J'embellirai mes dons par les mains que j'adore.
Mais venez, chère époufe , allons vers Polidorej Qu'en ce p^re fi tendre , à mon amour rendu , Je retrouve du mien ôc l'âge ôc la vertu. — Vous ne répondez point, ôc de larmes trempée. ...
Zelmire, accabUe j regardant Anténor & les Gardes qui l'entourent,
Ilus....
Parlez.
A N T E N o R , voyant que Zclmire ne répond pas.
Seigneur, votre attente eft trompée:
Polidore n'eft plus. Il eft mort détrôné ; Par Ton peuple profcrit, par fon fils condamné : Il chercha près des Dieux un refuge inutile ; Le courroux des vainqueurs erabrâfa fon afylc.
Ilus.
Grands Dieux ! Qu'entends-jeî Où fuis-jeî Ah! jamais
les enfers N'ont vomi tant d'horreurs fur ce trifte univers. Chère époufe, fuyons cette rive exécrable. — Je vengerai ta mort, ô père déplorable î {Prenant la main de Zelmire.) /en jure par Zelmire, ôc par ce nœud facré..,,
Anténor.
Vains fermens ! vous tenez la main qui l'a livré.
Zelmire ? — Eft il vrai î — Non : vous me trompez» barbare.
Qu'elle parle , Seigneur.
La vertu la plus rare , Zelmire parricide !
Zelmire. •
Ah ! Prince, ignorez- vous ? . . .
{A part.).
Dieux ! je perds en parlant mon pcre & mon époux. Sans défenfe tous deux. . . .
Répondez donc, cruelle.
Zelmire, à part.
Mon cœur , immole-toi j la caufe en eft trop belle.
iAîlus.)
Ouij réduite à choifir de mon père ou d'Azor....
{Vivement & avec effroi.)
Ce que j'ai fait enfin, je le ferois encor.
I L u s , reculant d'horreur*
Monftre dénaturé , déteftable furie , Tu m'ofes, fans trembler, vantei; ta barbarie! — Quand ton père eût fur toi levé le fer cruel , Il falloir préfenter ton cœujL- au coup mortel ,
UKUVRES GOMPLKTES