TRAGÉDIE. 24P
Portez à votre époux votre barbare main :
Les vallfeaux font tout prêts , vous partirez demain.
Z E L M I R E , accablée d'étonk&ment. Vos reproches , Seigneur, ont droit de me confondre. ( Reprenant fa fierté. )
Mais devant un kijet je n'ai point à répondre ( i ). Je ne prends point pour Juge un vain peuple , ni
vous.
Mes Juges font les Dieux, mon cœur & mon époux.
Votre époux ! il eft vrai que fa nailTante flâme. Sur vos faufTes vertus^ éclaira mal fon ame i Etranger, &c féduit par vos trompeurs appas , A peine un prompt hymen l'avoit mis dans vos bras. Que la gloire en nos camps emporta fa vaillance. Et bien-tôt àPergame appela fa vengeance j Mais lorfque fon amour , trop digne de pitié. Saura quel eft le cœur où le iien s'cft lié \ Il punira fur vous, honteux de fon outrage. Le crime qu il déteftc &c l'affront qu'il partage.
Je frémis d'y penfer ! peut-être qu'en ce jour Un récit trop cruel me ravit fon amour. —
(i) Anténor neft fujet que parce qu'il a refufé le Trône; il femble que Zelmire ne doit pas lui oppofer qu'il n'cfb qu'un fujct : il eft vrai qu'elle pcnctrc le motif perfide de fon refus , mais Anténor doit lui répondre ce que nous obfervons ici. l^ote de l'Editeur.