‹ Le Val-Perdu (volume 2)Chapitre 41 sur 70 · CHAPITRE PRSMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRSMIER

protégeant qu'il a reçu cette affreuse blessure; il m'a sauvé la vie.

Aussitôt Claudine s'empressa auprès de Lysandre pour lui porter les premiers secours; mais, dès qu'elle l'eut envisagé, elle fit un geste d'étonnement.

— Mon père, dit-elle, ne le reconnaissezvous pas? C'est... c'est...

-^ C'est ce jeune Français, si modeste et si timidCy qui est arrivé ce matin à Rosentbal, dit le pasteur ; nous n'avons pu savoir ni qui il était, ni d'où il venait ; mais il s'est adressé à nous tout d'abord pour s'informer si vous aviez reparu au village. On disait alors que vous étiez allé faire une reconnaissance dans le voisinage avec le lieutenant Ravaud. Ce mystérieux jeune homme nous a demandé la permission de vous attendre ici ; il paraissait fort impatient de vous voir et de vous parler. Mais on a attaqué Rosen> thaï, et au milieu de cet épouvantable tumulte, j'ignorais ce qull était devenu.

22 LE VAL-PEEDU.

Tout en parlant, le digne tiomme avait découvert la poitrine.de Lysandreet examinait la blessure. 11 secoua tristement la tête.

— La balle a offensé le poumon, murmurat*il ; il respire à peine, il suffoque... Il n*y a plus d*espolr.

— Je vais aller chercher le ml^'or de noire demi-brigade, dit Armand avec une vivacité fébrile ; c*est un homme habile, il parviendra peut-être... Un cheval! il me faut un cheval !

M. Penhofer le retint par le bras.

— C'est inutile, dit-il d'un ton solennel, ne vous éloignez pas... Aussi bien le malheureux parait reprendre un peu connaissance et vouloir vous parler... sans doute pour vous dire adieu...

En effet, Lysandre s'agitait convulsivement; ses yeux s'étaient rouverts et se fixaient sur Armand comme pour l'appeler près de lui. Armand se rapprocha er '^lence.

Page 1