‹ Le val-perduChapitre 50 sur 96 · CHAPITRE V. J · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. J

Anémones où il avait déclare .son amour à Galatëe et où plus tard il avait vu la jeune fille pour la dernière fois.

Cependant une force irrésistible l'entraînait vers cet endroit fatal ; il lui semblait que c'était un devoir sacre pour lui de revoir ce rocher de tragique mémoire d'où l 'infortunée bergère s'était élancée dans l'abîme , et quoique son cœur se brisât à la seule pensée d'accomplir ce devoir, il voulut à tout prix l'accomplir. Il se fraya passage à travers Igs mauvaises herbes qui s'étaient multipliées particulièrement dans celte partie solitaire de la vallée, et il atteignit enfin la lisière du pré des Anémones.

Arrivé là, Armand fut pris d'un saisissement inexprimable. Il >'arreta. il s'appuyant contre un arbre, il resta plusieurs minutes sans oser jeter les yeux autour de lui.

Il s'y décida enfin par un effort de courage. Heureusement il n'apcirul pa> d'abord la roche fatale, qui s'avançait dans le lac

comme un petit promontoire derrière un bouquet de peupliers, et la prairie en ellemême n'avait rien de sinistre.

Les jolies fleurs blanches qui lui avaient donné leur nom émaillaient toujours le gazon avec la brillante argentine, la campanule bleue, les majestueux orchis et l'odorante hyacinthe/ Le saule au pied duquel Verneuil avail fait à la bergère l'aveu de son amour était là encore, secouant mollement ses longues et onduleuses branches au feuillage pcàle. quand un souffle léger venait soulever les petites lames clapoteuses de l'étang.

Armand, après avoir déposé respectueusement un baiser sur le tronc noueux de eet arbre sacré . s'achemina en chancelant vers l'extrémité du pré des Anémones. Bienlot il se trouva sur l'étroite langue de terre à l'extrémité de laquelle s'élevait la pierre inaudile. Ln monument fort simple désignait celle pierre g la religion des habitants du Val -Perdu : c'était une petite pyramide en

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