CHAPITRE VI. ifil
croyez-vous que celte nuit, comme les autres, puisse èlre bonne pour moi?
— Oui . M. le bhévàlief, répliqua l'intendant à voix très-basse , si vous vous souvenez de mes avis.
— De quels avis parlez-vous?
Mais Guillaume posa un doigt sur sa bouche, et disparut précipitamment dans l'ombre, comme s'il eût craint d'en trop dire.
Les bavardages de Ravaud , qui parlait à haute voix en montant l'escalier, l'empéchèrenl de remarquer ce petit incident. Quand on fut arrivé à la porte de la chambre, le capitaine arracha la bougie des mains du domestique, le congédia sans beaucoup de cérémonie, et les deux amis se trouvérenl enfin seuls.
Néanmoins ils ne se pressèrent pas d'échanger leurs idées. Armand s'était assis, et. la tète appuyée sur sa main, il réfléchissait en silence aux paroles ambiguës de M. Guillaume. Pendant et; temps, lîavaud, loiil «n
chantonnant un air bachique, remplaçait ses boites par de légers escarpins, sa longue redingote bleue par une espèce de veste du matin. Puis il tira de sa valise une paire de pistolets anglais, et, après en avoir renouvelé l'amorce , il les déposa sur la table en disant gaiement :
— Et maintenant, mon cher colonel, quand vous voudrez, nous commencerons la chasse titix fantômes.
— Que dites-vous. Ravaud? demanda Verneuil en sortant de sa rêverie ; quel est donc votre projet? Vous ne prétendez pas vous servir de ces armes ici, cette nuit?
— Qui sait? Si nous avons réellement affaire à des êtres de l'aulre monde, ils doivent •se soucier fort peu de nos moyens d'attaque; si au contraire nous sommes joués par des gens de celui-ci, il ne serait pas mal de leur prouver que le jeu est dangereux.
— Mais songez-vous aux accidents qui peuvent résulter de l'emploi de pareilles ar-