‹ Le valet; comédie en un acteChapitre 12 sur 18 · SCENE X LE MARQUIS, puis LUBIN · texte numérisé non relu

SCENE X LE MARQUIS, puis LUBIN

LE MARQUIS, à la porte du fond.

Dominique I fais-moi venir Lubin. — Je connaissais leur caractère et je savais bien ce qui devait, arriver. {Lubin parait à la /)or^e.)Approche, Lubin, pourquoi n'as-tu pas séparé mes neveux quand ils voulaient se battre ?

LUBIN

Avec cette livrée, monsieur le marquis, je n'aurais pas osé.

LE MARQUIS

C'est juste l(.l part.) Eh mais, il a du tact ! {Uaut.) Dis-moi, mon garçon, en te présentant chez moi. lu ne pensais pas revêtir la livrée ?

LUBIN

Je l'avoue, monsieur le marquis.

LE MAHyUIS.

Alors, qii'espérais-tu ?

LUBIN

iMonsieiir le marquis a d^ fermes, les travailleurs n'y soiît jamais de trop et je connais tous les travaux des champs.

LE MARQUIS

En te donnant la livrée, je pouvais t'élever au-dessus de ta condition et précisément t'enlever aux travaux de la campagne. Tu n'as pas d'ambition, je le

vois.

LUBIN

Si, monsieur le marquis, mais la livrée n'est pas honorable.

LE MARQUIS

Pourquoi l'as-tu acceptée ?

LUBIN

Parce que monsieur le marquis me Ta offerte, et que je n'ai pas cru devoir refuser à monsieur le marquis.

LE MARQUIS

Tu penses donc qu'un paysan vaut mieux qu'un valet ?

LUBIN

Oui, monsieur le marquis.

LE MARQUIS

Pourquoi ?

LUIîJN.

Parce qu'il est libre.

LE MARQUIS, à part.

Tiens ! tiens ! (Haut.) Tu as beaucoup lu, je vois, cela l'a rendu fier. {Mouvement de Lu hin.) Ce n'o.sl pas un mal ! Ecoute... Je n'ai pas oublié que Guillaume ton brave père m'a sauvé la vie ; oui, dans une chasse où je m'étais maladroitement exposé aux coups de boutoir d'un sanglier, le brave Guillaume s'est mis devant moi et a servi la bête. C'est une dette que j'ai contractée envers lui et que je vais payer à son fils. Je te garde près de moi, pas comme valet, lu entends, comme ami.

LUBIN

Monsieur le marquis 1

LE MARQUIS

Ne me remercie pas. Un ami a beaucoup de devoirs à remplir, et d'ici quelques instants, je vais metlre ton amitié à l'épreuve.

LURIN.

Monsieur le marquis, je suis loul à vous.

LE MARQUIS

Ne l'engage pas '.Attends mes ordresrt tonl d'.ihord (juitle celte livré(;. {Luhin sort.)

r.F- VALKT

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