‹ Le vallonChapitre 7 sur 8 · G VI · texte numérisé non relu

G VI

O mon àme, ô iDon chant léger, Tu flotteras sur la colline Pour la tristesse du berger

Dans Tombre fine ; Dans le silence du vallon Pour le cœur de celles qui vont

La chair blessée ; Sur la ville et sur la maison Pour l'ennui, pour la déraison,

Pour la pensée.

CVIÏ

Lève-loi, jour pâle et laiteux, Sur la planète printanière Où je m'avance la première A travers un rayon brumeux.

La vie et le temps qui s'éveillent Font une musique d'abeilles Et d'oiseaux, ô monde léger Où Ta me frôle la prairie Comme la brise rajeunie Qui baise les gazons mouillés.

MELANCOUr: 215

Qu'on ne m'enlève pas, ô mon vallon, ta nuit, L'ombre du verne obscur et du bouleau fragile, Le pré de froid velours où le soir me conduit Et dont rêve à mes pieds le sommeil immobile. Tant de fraîcheur me vient de ces lieux recueillis Où la lumière verte est l'àme du silence Que mon cœur immortel y tombe dans l'oubli Et dans l'inconscience.

Jusqu'au ciel d'azur gris le pré léger s'élève Comme une route fraîche inconnue aux vivants ; La mouillure de l'herbe et de la jeune sève Répand dans l'air rêveur son haleine d'argent. Sur les bords de ce pré le bouleau se balance Avec le merisier profond dans ses rameaux Où des moineaux dorés sautillent en silence Comme aux pures saisons d'un univers nouveau

Je te pénètre, ô pré que longent des collines Où la fougère étend son feuillage en réseau. Et j'écoute parler la voix molle et divine De la calme nature au milieu des oiseaux.

MKLANCOLIE 217

ex

O terre verle, fraîche et pure, Molle prairie, arbres profonds, Arbres légers dont la ramure Tombe grêle le long du tronc, Me voici, d'une âme sereine Je marche dans votre retrait Et mon pas caressant se traîne (^omme une branche sur le pré.

Li: VALLON

La montagne éteinte est voilée ; Seul un carré d'herbage frais Sur le penchant de la vallée S'éclaire d'un rayon doré.

Comme une nappe de lumière Il miroite sur la hauteur Et toute l'ombre de la terre Est muette de son bonheur.

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