‹ Le vandalisme jacobinChapitre 14 sur 53 · DECOUUONNEMENT DE LA SAINTE CHAPELLE · texte numérisé non relu

DECOUUONNEMENT DE LA SAINTE CHAPELLE

bref délai. D'ailleurs, il est révoltant pour des juges républicains d'être entourés d'emblèmes et de signes de royauté et de féodalité ; il serait même à craindre que les citoyens ne se portassent d'eux-mêmes à enlever ces vestiges honteux de la tyrannie.

» Quant à la démolition de la couronne, des fleurs de lys et des L qui se remarquent sur la flèche, l'échafaudage en deviendrait très coûteux, et je pense que le parti le plus sûr est de faire démonter la jlèche, de donner en compte à Tentrepreneur les matériaux qui en proviendraient en l'astreignant à remplir et à recouvrir le vide que laisserait la flèche. Je pense que si on ne prend pas ce parti et qu'on ne construit pas cet échafaud, on pourra opérer cette démolition moyennant la somme de mille louis environ, en observant que la vente des bois, plombs et fers couvrira la presque totalité de la dépense. Il est à observer en outre qu'il faut descendre les cloches qui y sont encore. »

Démolir d'urgence l'admirable flèche pour l'empêcher de servir de mât de cocagne aux sansculottes, c'est là, de la part du citoyen Poyet, une idée qui dépeint l'époque. Elle parut d'ailleurs lumineuse à Avril, qui répondit le g juin :

u Nous sentons comme vous la nécessité de faire disparaître les signes de notre ancien esclavage, et nous vous autorisons en conséquence à les faire enlever sur le champ.

» A l'égard de la démolition de la couronne, des fleurs de lys et des L qui se trouvent sur la flèche de la Sainte-Chapelle, nous approuvons vos obser-

()8 l,E VANDALISME JACOBI?»

valions et nous vous prions de faire passer le plus prornpteincnl possil)le la soumission d'un entrepreneur qui consente à démolir cette flèche, ainsi que vous le proposez. »

Le 20 juin, les collègues du citoyen Avril confirmèrent ses vues, du moins en ce qui concerne les attributs de la flèche : il importe de détruire < des objets aussi choquants pour l'ceil républicain, > écrivaient-ils au prooureur-général-syndic du département ; ces attributs « excitent les plus vives réclamations... Votre patriotisme nous est trop connu pour douter un instant de votre empressement à vous en occuper. »

Ce (( patriotisme » avait-il de secrets scrupules ? Le fait est qu'au milieu de juillet la flèche dressait encore sa « révoltante )^ couronne.

^ ,, Pourtant, le 4 juillet, un nouveau

Sainte - Chapelle ^ ,

condamnée. décret avait ordonné à la municipalité d'effacer ou de transformer tout ce qui restait dans la capitale d' a attributs de la royauté )>. Le i6, en vertu de ce décret, la Commune de Paris « chargea les administrateurs des travaux publics de faire procéder par adjudication, au plus offrant et dernier enchérisseur, [à la démolition] de la ci-devant Sainte-Chapelle qui, depuis la base jusqu'en haut, est couverte d'attributs de royauté ». Plus exigeant que Poyet, le maire Pache, qui signa cet arrêté (i), semblait donc demander la destruction, non seulement de la flèche, mais encore du monument tout entier !

(i) Ainsi que Coulombeau, secrétaire-greffier.

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Remarquons ici que la Commission des monuments ne souleva dans cette affaire aucune objection. Elle ne s'était occupée de la Sainte-Chapelle que pour la dépouiller. A sa séance du 3 juillet 1792, elle avait invité Pajou, Mouchy et Boizot « à faire l'examen des monuments qui [y] seraient restés n ; le 10, Boizot avait déposé son rapport, ainsi que l'inventaire des monuments qui devaient être « conservés et tous portés au dépôt » (i). L'église ayant été ainsi administrativement vidée de ce qu'il convenait de garder, pourquoi ne pas la démolir? Pourquoi ne point sacrifier à la volonté du (( peuple » ce gothique vestige de la superstition, comme plus tard on lui sacrifia son trésor? (2)

Par bonheur le « peuple 0 n'en voulait toujours qu'aux emblèmes de la flèche, ainsi que l'observe le registre des délibérations du Conseil général de la commune du 28 juillet 1798 :

.(( On donne la lecture d'une adresse d'un citoyen patriote, procureur-syndic du département de la Dordogne, qui témoigne le plaisir qu'il a ressenti en rentrant dans Paris qu'il avait quitté depuis longtemps de n'y plus rencontrer les signes de féodalité et de royauté qui blessaient les regards du philosophe. Il se plaint cependant qu'il en existe encore dans quelques lieux et notamment à la Sainte-Chapelle où l'on découvre sur la flèche des fleurs de lys et une couronne royale. »

(i) Dans son Etat des objets d'art placés dans les monuments civils et religieux de Paris, M. H. Stein a donné l'inventaire des tableaux et sculptures de la Sainte-Chapelle.

(a) Voir plus haut, chap. ii,

"yjniversitât* BIBirOTHECA

lOO I.L \AM)ALI.SMli JACOIJIM

La siisccptihililc du < philosophe » périgourdin décida le Conseil général à faire exécuter « au plus lard dans la huitaine »> son précédent arrêté :

(( Et attendu (ju'il paraît que la nèchc entière doit être dépouillée pour que sa couronne puisse être enlevée, [il] ordonne que le Département des Travaux publics s'entendra avec le Directoire du département et instruira mercredi prochain le Conseil général du résultat des mesures qui auront élé prises (i). »

Le monument ]^q système de Povet triomphait. Seu-

resiste "^ j i

à la guillotine, lement, à y regarder de plus près, il parut plus difficile de guillotiner la Sainte-Chapelle que de décapiter un aristocrate :

(( Les difficultés de monter au-dessus de la couronne de cette flèche sur laquelle les couvreurs euxmêmes ne peuvent arriver, — expliquait à Avril le 3i juillet l'architecte Poyet qui venait d'en tenter l'ascension, — les difficultés de connaître les difTérentes épaisseurs des plombs et la longueur des recouvrements; l'incertitude avec laquelle on opérerait dans cette opération puisque les fers et bois se trouvent cachés parles plombs; le temps considérable qui serait employé à ce travail préparatoire, tout enfin doit déterminer l'administration a faire procéder à l'adjudication en prescrivant à l'adjudicataire de faire après la suppression tous les raccordements qui seront jugés nécessaires. ))

Malgré tant d'obstacles opposés au couperet ré-

(i) Arrêté signé Lubin fils, vice-président, et Dorat-Cubières, secrétaire-greffier.

DECOURONNEMÊNt' DE LA SAINTE CHAPELLE ÏOl

publicain par la flèche maudite, rarchitecte recommandait maintenant une mise à prix de huit mille livres.

Le même jour, 3i juillet, parut le placard, signé Avril et muni du timbre de la Commune de Paris, annonçant pour le 7 août « l'adjudication au rabais de la démolition de la flèche de la cidevant Sainte-Chapelle ». Le « Cahier des charges » stipulait : « ladite flèche sera démolie au ras du comble » ; l'adjudicataire fera les raccordements ; il construira sur le plateau a un campanile avec petit clocher couvert en plomb sur un bâti de fer dont l'architecte de la Commune donnera les dessins ; il y fera placer les trois cloches de l'horloge d'après les indications de l'horloger » ; il sera tenu « d'abattre pour le neuf de ce mois la couronne qui tient à ladite flèche » ; les matériaux lui appartiendront, mais, comme leur valeur est estimée supérieure aux frais de démolition, il sera tenu de payer le prix de l'adjudication.

L'avantage serait donc double ou triple pour la Commune : elle ferait disparaître la flèche, elle la remplacerait par un carillon qui ne choquerait en rien 1' u œil républicain », et elle toucherait pardessus le marché une certaine somme d'argent.

Or, elle se préparait à l'encaisser, lorsque s'éleva autour de la proie une compétition imprévue : le 6 août, veille de l'adjudication, considérant que le décret du 4 juillet <( n'avait pas attribué à la municipalité la vente des matériaux qui, faisant partie, des domaines nationaux, de-

lOa I-H \ A M)AI.1>MI. JArOlîIN

vaicnt ôtrc vendus par I«'j |{égi(3 nationyle de l'cnrc^istrerncnt », le Direcloiro du département de Paris annula l'arrêté municipal du iG juillet en ce qui concernait celte vente et arrêta que celle ci (( serait faite par la Régie des domaines nationaux le plus promptement possible dans la forme prescrite par la loi ». Goncedieu et Maillard étaient délégués à cet effet.

Le corps municipal dépilé répondit qu'il n'avait pris sa double mesure « qu'en raison des avantages qui, de l'aveu de V artiste, devraient en résulter pour la caisse de la Régie nationale » ; du moment que le département s'y opposait, c'est r u artiste » qui en profiterait !

L' « artiste » fut l'entrepreneur de maçonnerie Varin qui, le 7 août, soumissionna l'entreprise : au lieu d'exiger de lui les huit mille livres dont avait parlé Poyet, on s'engagea à lui verser mille livres d'indemnité. Les matériaux, il est vrai, ne devenaient pas sa propriété, mais il est permis de se demander s'ils ne lui restèrent point finalement à vil prix (i).

La municipalité mit en effet sur le dos de l'administration départementale non seulement le paiement des mille livres qu'elle la pria de verser dans sa caisse, mais encore le soin de se débrouiller avec les décombres : le Directoire,

(i) Le 13 août, Balduc, agent de la Régie nationale des domaines, demanda le nom de l'adjudicataire et l'emplacement des matériaux afin de pouvoir « faire procéder à leur vente ». Nous n'avons trouvé, à ce sujet, aucune autre pièce.

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écrivait-elle placidement, devra u préposer des inspecteurs et des gardiens pour veiller à leur conservation ».

Destruction de la Qn devine 06 qui en résulta: les

flèche : ^

La plaie béante. « charges » du cahicr étant devenues caduques, le toit de la Sainte-Chapelle resta avec sa plaie béante. Quinze mois après, le i8 nonovembre 1794. Rebelliau, dit Lapalme, inspecteur des Travaux publics, écrivait à l'architecte de la municipalité : « J'observe au citoyen Poyet qu'il serait bien désirable que la Commission des travaux publics fit rétablir le trou qui a été fait au comble de la ci-devant Sainte-Chapelle, Palais de justice, pour la suppression de la flèche, afin d'éviter que le monument ne dépérisse. » Même réclamation, le 26 novembre suivant, à la fin d'un rapport du sculpteur Boulanger h Poyet.

Ainsi donc, sous le ridicule prétexte de supprimer une couronne, on avait mis en péril l'existence même de la Sainte-Chapelle. On l'avait en tout cas outrageusement mutilée. Jusqu'à l'époque de la Restauration, elle resta comme un corps sans tête, et conserva tous les stigmates du sansculottisme. Nous avons sous les yeux une gravure la représentant en cet état : tous les chapiteaux sont tronqués, les niches veuves de leurs statues, les sculptures déshonorées. L*artiste Daujon, — qui gagnait sa vie à ce métier, — y avait effacé au-dessus des portes les armoiries de France, brisé les écussons de pierre, découronné les statues royales et la statue de la Vierge. A l'intérieur.

lO^ LE VANDAI.ISMI. JA'iOhIN

il avait accompli la inerne opération sur les boiseries qui portaient quarante-deux couronnes. Sur la porte de la sacristie et au-devant de l'autel, il avait gratté cent dix fleurs de lys (i).

Et tout cela avait été accompli sur l'ordre du gouvernement révolutionnaire...

Le Louvre Pour le Louvre, nous n'avons point

et le Comité des

Travaux publics, rctrouvé l'état descriptif exact des opérations accomplies ; mais les documents permettent d'en déterminer les agents, d'en évaluer l'importance et d'en caractériser les effets.

Le 3 août 1798, s'assemblèrent à l'Hôtel de Ville dix délégués des Commissions des Monuments et des Arts (Le Blond, Ameilhon, Moreau, Boisot : Renaud, Pajou fils, Goys, Monnot, Dewailly, Perrier), et trois administrateurs des Travaux publics, (Jallier, Avril, Dunouy) ; ils ordonnèrent l'impression et l'envoi aux « Papiers publics » d'une affiche ainsi conçue :

)) Le Comité des Travaux Publics à ses concitoyens.

(( La Convention Nationale, par son décret du 4 juillet, a formé une Commission d'artistes chargés de surveiller la destruction des attributs de la Royauté qui existent encore sur les monuments publics.

)) La brièveté du temps, (fixé pour cette opération au 10 août), n'a pas permis à cette Commission d'enlever en totalité les signes de royauté :

(i) Arch. Nat. F. i3 aia, mémoire de Daujon du ai août 1793.

DÉCOURONNEMENT DE LA SAINTE CHAPELLE Io5

elle s'est donc trouvée forcée de les couvrir de plâtre provisoirement.

)) Ne croyez pas, citoyens, que ce soit un prétexte pour conserver ces marques de l'esclavage ; le patriotisme des artistes est trop connu et ils s'empresseront immédiatement après la fête de les abattre et d'y substituer d'autres ornements qui pourront ajouter à ces monuments le caractère maie qui convient aux édifices républicains. »

Suivent des restrictions dont nous verrons tout à l'heure l'utilité :

(( L'Assemblée arrête en outre qu'aux différents monuments et bustes on n'enlèvera que les couronnes, fleurs de lys, armes et autres signes de la royauté, et que le reste sera conservé comme nécessaire aux arts et à la décoration des monuments (i). ))

C'est à cette Commission o patriotique » que le peintre Gagnier demanda « l'autorisation nécessaire po\ir faire disparaître tant dans l'intérieur du Palais National qu'au Louvre et aux Tuileries toutes les peintures qui rappelaient la royauté et la féodalité ». Le S novembre 1793, u l'Assemblée a arrêté que l'autorisation demandée lui serait délivrée signée des membres de la Commission » (2).

Les équipes Gap^nicr ne fut, au Louvre et aux

de démolisseurs.

Tuileries, qu'un des multiples agents d'exécution des lois de destruction. Un « État de ce qui est du au citoyen Happe, architecte, pour

(i) Signé : Jallier, adm. desTrav. publics, président; Coulombeau, secret. -grefTier. — M. 6GG.

lOM Ï.F. VANDALISME JACOBI?»

vérification et icgicmeiit des ouvrages relatifs aux démolitions et construclicMis provisoires faites au château des Tuileries » se monte en effet, pour les seules démolitions, (maçonnerie, terrassements et charpente), à 23.721 livres i5 sols \ deniers (i). Un autre Etat (2) nous apprend que Happe avait sous son contrôle de très complètes équipes : les entrepreneurs Bigos, Prévost, Lacheny, Devèze, Dambrun pour les journées d'ouvriers ; Simmer, Viaux, Pommier, V® Limodin, pour la serrurerie ; Gosse, Picard, Bouilly, pour la menuiserie; Duplan, Masoux, Gossonneau, Armand, Vincent, Bazin, pour la maçonnerie; Lesueur, Prolain, Bailly, Vavin, pour la peinture ; Daujon, Lasalle, Revel pour la sclupture; Gouthenize, Adam, pour les marbres; Ménager, Dubas, Golinel, pour la démolition, la fonderie et le voiturage, etc. C'est qu'il fallait récompenser le zèle, — aussi ombrageux qu'ardent (3) — de tous les artisans « patriotes ».

Malgré de si nombreux concours — et malgré les pressantes sollicitations de Comités révolutionnaires comme celui de la Section de l'Homme Armé (4),

(i) Sur un total de ^7.643 livres, lo sols, lo d. Du i^^" octobre 179a au 21 déc. 1793 (ler niv. an II). — F. i3 212.

(a) Du i3 janvier 1794 (24 niv. an 11) : a Etat de ce qui est dû au citoyen Happe, architecte, pour la vérification et règlements d'ouvrages relatifs à la démolition de statues équestres, suppression d'armoiries et signes de féodalité, depuis le ler octobre 1792 jusqu'au ler nivôse an II », état adressé au ministre de l'Intérieur. Totaux : en demande : 53. 000 livres, 8 sols, 11 d. ; en règlement : 45. 121 livres, i5 sols, 6 d. A raison de 12 livres 10 sols par 1000, cela faisait pour Happe un salaire de 564 1., 0 sols, 6 d.

(3) Celui du sculpteur Daujon en est un fameux exemple.

(4) Ancienne section des Enfants-Rouges, puis du Marais.

DÉCOURONNEME.NT DE LA SAir»(TE CHAPELLE IO7

qui écrivait le 22 fructidor au II (8 septembre 1794) à la Commission des Travaux publics : « Tous les jour, le Comité reçoit des plaintes de ses marques qui doivent êtres proscrite du sol de la République française; le Comité vous invite, citoyens, d'envoyer effaces ces infâmes signes qui offences tous les vrais républlquains du Comité susdit » (i), — le palais du Louvre, trois mois après, restait un objet de scandale. Le 28 pluviôse an II (2 février 179/i), l'administrateur des Travaux publics Avril adressait en effet au ministre de l'Inrérieur le rapport suivant :

(( L'un des inspecteurs généraux de voyerie vient de nous rendre compte que ces édifices (Palais National, Louvre, etc.) offraient encore des signes de ces emblèmes proscrits. Il a remarqué aux tuyaux de cheminée du Palais National des sceptres et des mains de justice en sautoir avec des II. et des L. 11 observe qu'on a un peu haché les fleurs de lys qui étaient au bout des sceptres, mais que l'empreinte s'en dessine encore à la vue. Il a aussi vu dans la cour du Louvre des fleurs de lys en relief sur la frise du troisième ordre du côté de la colonnade et plusieurs H et autres lettres initiales des ci-devant Rois, de leurs femmes et de leurs maîtresses.

» Nous croyons qu'il convient de supprimer ces emblèmes et qu'on peut l'opérer sans nuire à la décoration : il est même nécessaire, pour ne laisser aucun vestige, de faire toucher à la ripe

luH LE VA?»I>ALI8Mi: JACOIUM

la piciTc sur la({(ielle ces cinblèriics sont sculptés (i). »

Le ministre abond.i — naturellement — dans ce sens et répondit à Avril le 17 février :

» — Je m'empresse... d'en informer la Commission Temporaire des Arts, afin (ju'ellc donne des ordres pour faire disparaître le plus prornptement qu'il sera possible le moindre vestige de ce lionteux esclavage et ne laisse subsister dans les ornements de l'arcbitecture aucune allusion qui puisse offenser la fierté républicaine. » Scrupules Paré, — l'ancien premier-clerc de Dan-

ministeriels : '^

leur vanité, ton, — tenait autant qu'Avril à la « décoration )) : il faut choisir, recommandait- il , des « hommes intelligents et instruits » qui , « en vengeant la Liberté des outrages de la flatterie, sachent aussi sauver les arts des coups meurtriers de l'ignorance, soit par d'heureuses substitutions,... soit par des destructions bien dirigées ». Malheureusement les arts avaient déjà subi autant de (( coups meurtriers » que la Liberté avait reçu d' (( outrages » : pour s'en rendre compte, on n*a qu'à lire la lettre que le ministre adressait le même jour au président de la Commission Temporaire des Arts.

La Commission, observait Paré, doit « diriger sur cet objet toute son attention et toute sa vigilence ». Sans doute ne doit-il pas subsister, « dans le plus bref délai, aucun vestige de ces allégories injurieuses à la Liberté », mais il faut respecter

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