‹ Le vandalisme jacobinChapitre 15 sur 53 · DÉCOUUONNEMENT DE LA SAI>'TE CHAPELLE IO · texte numérisé non relu

DÉCOUUONNEMENT DE LA SAI>'TE CHAPELLE IO

tout ce qui peut « intéresser l'art sans blesser les regards d'un peuple libre » : gare aux ouvriers qui « ne craignent pas de dégrader des décorations pour sceller dans les murs, dans des pilastres ou des colonnes, les pieux qui servent à les élever jusqu'au fronton des édifices » !

Le citoyen-ministre avait beau dire : étant donné qu'il fallait avant tout agir a dans le plus bref délai» , il ne convenait guère de se montrer si exigeant î Et pourquoi gémir sur les mutilations de pilastres et de colonnes, puisqu'après tout le palais tout entier était un monument de l'orgueil des Tyrans?...

A moins que la hâte ministérielle n'eût été au fond qu'une feinte commandée par le civisme ombrageux des sans-culottes P On le croirait à la lecture des rapports de l'Inspecteur des Travaux publics Croissant qui, neuf mois après, le i8 novembre 1794, réclamait auprès de l'architecte Poyet la suppression d' « une infinité de petits chiffres ci-devant royaux » décorant encore u les deux faces de la Galerie du Louvre à partir du balcon de l'exécrable Charles IX » (i).

Nous ignorons comment le marteau des iconoclastes jacobins traita ces « petits chiffres »; mais nous savons maintenant comment la Révolution chercha à expulser l'Histoire du palais du Louvre, et comment elle appliqua pour cela le décret de la Constituante spécifiant que nul ne se permettrait d'attenter u à la décoration d'aucuns lieux publics » (2).

(i) M. GG6, no 3, aS brumaire an III.

(3) On trouvera Appendices (a^ V) quelques détails sur le sauvetage du Louvre en 1871.

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