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LES AÉROSTATS

Vingt ans plus tard, en 1815, Carnot était sorti de sa retraite. A l'heure du danger le vieux patriote avait repris son poste de combat. Ministre de l'intérieur, il présidait un jour une commission d'enseignement mutuel, lorsqu'il fut subitement appelé aux Tuileries (1). Joseph Bonaparte avait une dépêche importante à communiquer au ministre ; elle venait de cette même frontière du Nord, d'où Carnot avait jadis reçu l'annonce de tant de succès; elle était datée de Philippeville, 19 juin 1815.

C'était la nouvelle de Waterloo.

LES AÉKOSTATS.

L'aérostat, cette invention toute française, comme le télégraphe, rendit également de grands services par l'application qu'on en fit à l'art militaire. Une compagnie de trente aérostiers choisis parmi les élèves de l'école de Mars, avait été organisée et pourvue de tous lçs instruments nécessaires. Tous les préparatifs avaient éié faits au château de Meuclon, transformé en un vaste laboratoire d'essais de toutes sortes, surveillé par les savants les plus éminents du temps. Un capitaine, Coutelle, dirigeait cette compagnie. Elle fut attachée à l'armée de Sambreet-Meuse. Le matin de la bataille de Fleurus, les Autrichiens virent avec stupéfaction l'aérostat, dirigé par Courtelle et monté par un adjudant général, s'élever rapidement dans les airs. Il y resta deux heures en station, et l'ad-

(1) Mémoires sur Carnot , t. II, p. 505.

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