KT LA RÉVOLUTION 1G
jours (le IT'J.S, lors(iuc le goiivernemeiil papal toléi-ait pour le luoiii.s le uicurtro de Basseville et le pillaye de l'Académie de France .
Concluons donc :
Premièrement, ijuc les mêmes destructions se sonl accomplies à toute épO(iue de révolution et d'cH'crvcscence populaire.
En outre, qu'au point de vue do l'art, puisque c'est l'art (ju'on prétend intéresser ici surtout, les cliei's-d'u'uvre de l'antiquité sont sans doute une perte aussi déplorable pour le moins que celle des pierres plus ou moins dégx-ossies par les imagiers du moyen âge.
Enfin, qu'entre les dévastations accomplies au pre-
n'eiisse couru aucun risnue; mais, à cet instant uiùnie, lo niajur tic la ilivision Latouclie arrive à Rome, cliarirc par .Macliau, ministre à Napics, lie l'aire placer les armes. J'avais demandé ù faire celles (pii devaient servir pour l'Académie, et chacun le désirait. Je crus de mon devoir de rester jiour les l'aire; en un jour et une nuit, elles Turent prêtes. J'étais aidé par trois de mes camarades. Nous n'étions ijue nous (piatre à l'Académie, et nous avions encore le pinceau à la main, (pianil le peu[)le l'urieu^i s'y porta, et en un instant réduisit en poudi'e l'enètrcs, vitres, portes, ainsi (jue les statues des escaliers et des appartements. Ils n'avaient que vingt marches à monter pour nous assassiner : nous les leur éi)ar.!-'nàmes en allant au-devant d'eux. Ces misérables étaient si acliarnés à détruire, qu'ils ne nou.s aperçurent même pas ; mais des soldats, [u-esque aussi bourreaux que ceux (jue nous avions à craindre, loin de s'ojiposer à eux, nous firent descendre l)lus de cent marches à grands coups de crosse de l'usil, jusque dans la rue, où nous nous trouvâmes abandonnes au milieu ilc cette populace ivre de notre sang... Un de mes camarades l'ut poursuivi à cou)is de pa\ es, moi à coups de couteau; des rues détournées et notre sanv'l'roid nous sauvèrent. Échappé à ce danger pour les prévenir tous, j'allai mejeter dans un autre : je courus chez Basseville ; dans ce moment même on l'assassinait... » {Œuvres de Girodel, t. II, p. 424 (lettre datée de Naples, 19 janvier 1793.) — On sait (pi'un poème de Monti célébra ces a!)oniinables scènes, comme la fresque de Vasari célèljrc encore aujourd'ind la Saint-Bartliélemy au Vatican. « Après l'assassinat de Basseville, dit la Biogr.ipliie Michaud, ipielijues membres du gouvernement pontifical, trouvant le sujet poétique, et ayant conçu une opinion très avantageuse du talent connue du dévouement de l'abbé Monti, le chargèrent de célébrer cet événement ])ar un poème analogue à leurs vues poliliciues. » Ce poème est iniitulé : In morte di Utjo Bas^ecille, serjuitu in Roma. il di XIV ijL-nnaro MDCCXCIII, CarUicu. L'édition que j'ai entre les mains est ornée d'une gravure qui représente Basseville étendu à terre, et un honune (jui le frappe au cœur, tandis (pi'au milieu des airs le diable s'enfuit dcses[)éré.
mier âge du christianisme et celles qu'on reproche à la Révolution tVanraise, il y a cette différence radicale, que les premières oniété encouragées et môme prescrites par l'autorité civile comme par l'autorité religieuse, taudis que la Convention a tout fait pour prévenir ou pour punir celles qui s'accomplissaient de son temps.
C'est ce dernier point qu'il faut préciser par un exemple, et nous choisirons le plus éclatant.