COMMISSION TEMPORAIRE DES ARTS
personne, — l'indifférence politique de quelques-uns des membres de la commission, qui n'ont pas assez senti de quelle responsabilité ils étaient chargés devant la nation. Ils ont laissé chez des notaires, chez des particuliers, beaucoup d'objets qui y avaient été déposés par les émigrés, et ils ont négligé de les réclamer. « Pour assurera la Répul)lique la restitution de tous ces objets, il ne suffit pas d'une exactitude officielle ; il faut encore cette bonne volonté qui supplée pour ainsi dire à tout et que rien no supplée. Cette heureuse et civique disposition, la commission des monuments ne l'a point manifestée pour la i^echerche des objets égarés. »
En conséquence, Mathieu propose de la remplacer par une commission qui existe déjà, avec laquelle elle fait double emploi, qui a donné des preuves de capacité et de dévouement, la commission temporaire des arts. Celle-ci saura « confondre ces contre-révolutionnaires éhontés, qui osent se dire les amis de la liberté et de l'égalité, et qui, craignant la réverbération des lumières, proposent de livrer aux flammes toutes les bibliothèques sans exception : proposition faite à Marseille par les agents de Pitt, ainsi que nous l'a certifié notre collègue Granet... C'est à la Convention nationale de faire aujourd'hui pour les arts, pour les sciences, pour les progrès de la philosophie, ce que les arts, la science et la philosophie ont fait pour amener le règne de la liberté : ce sont aussi des créanciers de la Révolution, et pour qui la Révolution doit tout faire. Les ténèbres sont une servitude ! »
Nobles et généreuses paroles, mais qui provoquent une inévitable et triste réflexion. Les arts, les sciences, la philosophie, « ces créanciers de la Révolution », si largement indemnisés par elle, sont à leur tour devenus ses débiteurs. Lui ont-ils toujours payé depuis ce qu'ils ont reçu d'elle, ce qu'ils en reçoivent encore?
La proposition du comité de l'instruction fut immédia-