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III. — Le Var, du pont de Gueydan à la Mescla

Il suffit de rapprocher une carte topographique d'une esquisse tectonique pour reconnaitre que le Var, en aval d'Entrevaux, s’est laissé guider dans son cours par le dessin de l'aire synclinale du Var moyen. À peu près parallèle à l'axe de celle-ci jusqu'à Touët-de-Beuil, il reproduit de Villars à Bonson la courbure du faisceau de la Vésubie inférieure dont les plis accidentent le rebord méridional de cette aire. — Toutefois, pas plus que le « Var de Guillaumes », cette partie du thalweg, que nous appellerons le « Var de Touët », n'est en accord complet avec l'architecture du sol, De Puget-Théniers à la halte de Malaussène, le fleuve s’est établi dans les calcaires cénomaniens et les marnes albiennes-aptiennes, laissant au N l'axe de l'aire synclinale que jalonnent les affleurements oligocènes de Puget, du Collet de Giraud, de la Forêt du Villars et du Mont Tournairet. Il coule en contre-bas du plateau formé par le Crétacé supérieur, dans une vallée symétrique à la dépression creusée, au N de ces masses calcaires, par les affluents subséquents de la Roudoule et du Cians, C’est l’un des exemples les plus nets de vallées de bordure qui se présentent dans ce bassin. — On peut se demander si le Var de Touët fut dès le début en rapport avec la cuvette de Puget-Théniers. En aval de Puget, l'aire synelinale est extrêmement resserrée entre les plis périphériques du dôme de Barrot et l’anticlinal Mont Gourdan-Mont Vial, ici déversé vers le N. De plus,les bords de la cuvette tertiaire se redressent, comme aussi l'axe de l'aire synclinale qui s'élève vers le NE 1. Peut-être y a-t-il eu caplure de tributaires de cette dépression par des rivières coulant entre les anticlinaux du faisceau de la Vésubie inférieure.

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