‹ Le Var Supérieur: Étude de Géographie PhysiqueChapitre 46 sur 61 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le déboisement et les progrès du régime torrentiel

Qu'il fût une époque où l'homme n’eût pas à redouter les ravages des torrents au bas de montagnes dénudées, c’est ce que semble indiquer la position de certains de ses groupements. Entraunes s’est établi au confluent du Var et du Bourdous, dans une situation qui l'expose à des crues « terribles » 1. Saint- Martin aligne ses chalets sur un long monticule morainique qui l'en préserve; mais l'église même de Villeneuve se dresse sur un immense cône de déjeclion, à l'issue de ravins où s'éboulent les marnes noires du Jurassique moyen. La place de Guillaumes n'est qu'à cinq mètres du lit du Var, et les blocs qui encombrent le lit du Tuébi sont presque à son niveau. En aval, les villages, par un contraste remarqué de tous les voyageurs 2, se sont juchés au-dessus des rivières à une hauteur de cent mètres (Daluis), de trois cents mètres (La Croix). Mais ces bourgades, resserrées comme des ksars sur une corniche de roche dure, avec leurs bâtiments qui se rejoignent par dessus d’étroiles ruelles, représentent-elles les établissements primitifs ? Ne seraient-ce point, plutôt, les refuges des populations quittant les villages des vallées, fuyant le voisinage de routes trop exposées aux razzias de ces ennemis qu'une tradilion vivace réunit sous le nom de Sarrasins? Près du bourg actuel d'Entrevaux, un lieu-dit rappelle encore Glandève, qui fut cité épiscopale et chef-lieu du

Paqus Glannadensis. Or, Glandève était près de l'emplacement

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