‹ Le Var Supérieur: Étude de Géographie PhysiqueChapitre 47 sur 61 · VIII. — RAVINEMENTS ET TRAVAUX DE CORRECTION · texte numérisé non relu

VIII. — RAVINEMENTS ET TRAVAUX DE CORRECTION

Construction de seuils en pierres, fagotins et gazon.

(Cliché communiqué par M. Dinner).

Ad

de la ferme l'Évêché, au niveau du Var, dont les ravages, joints à ceux des Sarrasins, déterminèrent les habitants à l'abandonner pour construire Eutrevaux sur une boucle où le Var entaille profondément les calcaires nummulitiques 1. A Puget-Théniers, qui doit craindre à la fois le Var et la Roudoule, quelques vieilles rues montent vers le Château, mais des maisons anciennes et l'église romane ont été construites non loin de la Roudoule, — Dans quelques cas, ce sont des apports récents qui ont surélevé le lit du torrent jusqu'au niveau du sol bâti; mais les exemples ne sont point rares, dans la haute vallée du Var comme dans celle de la Tinée en amont de Saint-Sauveur, de « mas » construits sur les cônes de déjection, à l'issue des « robines » les plus redoutées aujourd’hui. Il faut donc admettre qu'après une phase d'activité, le régime torrentiel avait été presque aboli à l'époque où se fixèrent les groupements actuels.

Cette conclusion s'accorde pleinement avec celles de M. Arnaud pour la vallée de Barcelonnette. Tandis que les tombes des époques de la pierre polie et du bronze ysont toujours à mi-côte, on rencontre les établissements postérieurs dans les situations aujourd'hui les plus périlleuses : Uvernet, par exemple, est « à cheval sur le Bachelard et la gueule du Riou-Chanal qui, sans les récents travaux, l'aurait englouti;... Riou-Bourdoux lui-même était éteint et son cône de déjection fut complètement défriché et cultivé », comme le montre l'étude des coupes pratiquées dans l'épaisseur de ses dépôts et les découvertes archéologiques ?.

Dans ces âges heureux, la montagne était préservée par le manteau des forêts, même aux places où ses flancs nous semblent aujourd'hui les plus décharnés et les plus stériles, Certes, on n'imagine point aisément des futaies sur ces pentes du dôme du Barrot d'où dévalent comme des monceaux de briques et de minerais de fer : ce sol semble se refuser à toute végétation. Et pourtant on y retrouve çà et là des souches, des traces de bois, sinon même de cultures. N'est-ce point d'ailleurs sur les mêmes schistes que prospèrent les vignes et les oliviers du Luc et de

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