‹ Le vase magiqueChapitre 23 sur 100 · ILLUSIONS · texte numérisé non relu

ILLUSIONS

comment ? Quand le tsar manifeste le désir de lire un article ou un livre, on avertit les bureaux de la chancellerie spéciale qui se mettent aussitôt au travail et fournissent, en belle écriture, et sur le papier au format qui convient, une copie manuscrite de l'article ou du livre. Ainsi, il échappe à l'ombre même de la promiscuité et tout ce qu'il lit a été écrit pour lui, rien que pour lui. Cette coutume doit remonter à l'époque lointaine où l'imprimerie n'était pas connue ou pas encore établie en Russie et comme tant d'autres coutumes elle a survécu à ses motifs ainsi qu'aux révolutions de l'esprit et à celles de l'industrie. J'ai peine à croire, cependant, que le tsar ne l'enfreigne jamais. Du reste, je ne la trouve pas beaucoup plus barbare que celle de s'en remettre à un fonctionnaire du choix de ses lectures.

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