INFANTES ET MATAMORES
Infantes et princesses, c'est tout un. On a gardé le mot espagnol en français pour ce qu'il figure dans le Cid et que cela lui a conféré comme une noblesse particulière. Donc, il y avait une infante qui voulait publier un livre, par quoi elle allait étonner le monde et peut-être le révolutionner, disaient ses courtisans. Mais le roi d'Espagne n'a pas voulu et la princesse a bien sagement caché son livre, ajoutant du moins une page au fameux chapitre de Brantôme, les Rodomontades espagnoles. C'est toujours ainsi que finissent les choses d'Espagne : les grands mots sont toujours suivis d'une prudente retraite, d'où le héros continue d'ailleurs de faire entendre un murmure de plus en plus confus. C'est le matamore, le tranche-montagne, si bien peint dans nos anciennes comédies, qui commence par vouloir tout avaler et se contente volontiers de fumée pour toute réalité.
Paraissez^ Navarrais, Maures et Castillans ! Quand ils se montrent il n'y a plus personne.