‹ Le vase magiqueChapitre 48 sur 100 · INFANTES ET MATAMORES · texte numérisé non relu

INFANTES ET MATAMORES

N'eût-on pas dit que l'infante Eulalie, redoutable lionne, allait soudain bondir sur l'échiné du roi ? Point. Au moment même où elle clamait son dessein de mépriser les préjugés, d'abandonner son rang et sa fortune, elle méditait déjà sa soumission. Cette sorte de caractère n'est pas d'ailleurs particulière à l'Espagne, quoiqu'elle s'accorde bien avec l'emphase espagnole. La vantardise est de tous les pays. Nous avons Tartarin, conçu par Daudet tel qu'un peu bénin et benêt. J'aime mieux le matamore, beaucoup plus amusant, vivant bien plus exclusivement dans les nuages de sa vanité ; au fond, un fort brave homme. Ainsi sans doute cette princesse, qui s'est vue révolutionnaire, l'espace d'un télégramme. Quand il a été parti, elle n'y croyait déjà plus.

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