LE JEUNE BEYLE
« Les paysages étaient comme un archet qui jouait sur mon âme. » Cette phrase de Stendhal suffirait à elle seule à réfuter l'opinion, qui a encore cours, de son insensibilité aux charmes de la nature extérieure. Je crois qu'elle se trouve répétée deux fois le long de ses œuvres, à moins que, l'ayant lue, on ne puisse plus l'oublier, on la retrouve partout. Je l'ai relue hier dans la Vie de Henri Brulard, réimprimée ou plutôt imprimée complètement pour la première fois. Ce fut une chose bien ardue que le déchiffrement de ce manuscrit, qui contient des passages et même des pages illisibles. M. Stryienski s'en était tiré par des coupures et vraiment ce n'est pas toujours un mauvais système, car Stendhal, écrivant très vite et quelquefois la nuit sans lumière, ne se relisant jamais, est souvent bien énigmatique, bien confus. N'importe, à ne le considérer que comme un amas de notes précipitées, presque irréfléchies, ce livre, qui n'en est pas un au sens littéraire du mot, demeure bien curieux. On y voit naître et grandir l'esprit du