LE JEUNE BEYLE
jeune Henry Beyle dans la prison exécrée de la maison paternelle, prison enclose dans une autre prison, l'odieuse cité de Grenoble. Cela se passe au milieu de la Révolution, qui ne se fit presque pas sentir à Grenoble, qui ne guillotina que deux ou trois prêtres et ne confisqua aucune fortune. Stendhal ne dissimule aucune des précoces passions du jeune Henri Beyle. Il se vante cyniquement de sa haine instinctive des rois, des jésuites, haine qui ne le quitta jamais et qui s'était formée par esprit de contradiction au milieu de sa famille royaliste et dévote. Comptez sur les tendances de l'éducation pour former l'esprit de la jeunesse ! A dix ans, cet enfant d'une famille royaliste exulta en secret de la mort de Louis XVI. Instruit par des prêtres, il prit les prêtres en horreur. Le mot de prêtre devint pour lui synonyme de coquin. Chose curieuse, il était touché par les cérémonies religieuses et y resta sensible jusqu'à la fin. Il se plaisait dans Saint-Pierre de Rome. Mais est-ce aussi contradictoire qu'on le croirait tout d'abord ou plutôt cette contradiction n'est-elle pas très commune ?