BIBLIOTHÈQUES
réformes qui seraient capitales pour le public ne dépendent pas de lui. Par exemple, ce qui fait le grand malheur, l'encombrement inouï de la Bibliothèque nationale, c'est l'institution, à première vue si utile, à la réflexion si onéreuse, du dépôt légal. C'est très bien de recevoir gratuitement un exemplaire de tout ce qui paraît, mais il faut le loger, il faut, pour un bon livre, en accepter vingt qui n'ont et n'auront jamais le moindre intérêt, ne trouveront jamais ni un lecteur, ni un curieux. Je ne parle pas du livre nouveau quel qu'il soit, je parle des réimpressions, des livres classiques, des livres de piété, des tirages à part, de tout le fatras sans nom qui surcharge les rayons et étouffe le livre utile. Comme le budget est très réduit, presque toute la production française imprimée à l'étranger manque. Je n'y ai pas trouvé la correspondance de Marie Stuart, parue à Londres, mais il y a (je les vois) plus de deux cents éditions de la traduction des contes du chanoine Schmidt !