LA STATUAIRE GRECQUE
Voilà M. Péladan tout à fait à la folie du jour, qui est l'athlétisme, et il propose aux fervents de cette culture physique intensive l'exemple de la gymnique grecque, ses règles et ses méthodes, encore qu'il avoue qu'on ne les connaît pas très bien. Il est persuadé que les statues grecques aux belles proportions sont un produit de l'athlétisme, en ce sens que les sculpteurs ont trouvé leurs plus beaux modèles parmi les vainqueurs d'Olympie. A vrai dire, si nous savons que les triomphateurs des jeux olympiques avaient les honneurs de la statue comme celui d'un éloge en vers, sous forme d'une ode plus ou moins pindarique, je ne crois pas que les plus belles statues grecques soient toujours des simulacres d'athlètes. Il y eut assurément de jeunes athlètes aux belles formes, mais l'exercice de leur métier les détériorait assez promptement. Pourquoi voudrait-on que la beauté de l'animal humain soit un produit de l'athlétisme ? Peut-être, si on avait pu imaginer une gamme d'exercices qui eût empêché le développement excessif de tels groupes de